Guilhem Chéron, La Ruche qui dit Oui, le court-circuiteur

[PORTRAIT] L’économie sociale et solidaire est la grande révolution copernicienne : même des sociétés anonymes « classiques », respectant les règles de l’économie de marché, cherchent du sens et une utilité sociale dans le qualificatif d’économie sociale et solidaire. Portraits de ces chercheurs de solutions nouvelles qui changent le monde.

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Guilhem Chéron / DR
Guilhem Chéron / DR (Crédits : DR)

« L'agrément ESS nous a permis de nous faire accepter dans un milieu très militant, malgré notre modèle très business, reconnaît Guilhem Chéron, fondateur de La Ruche qui dit oui. Mais je n'aime pas les chapelles », ajoute-t-il. Au vu de son parcours éclectique, on le croit aisément.

Diplômé de l'ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle), il a conçu un restaurant végétarien à Cuba, exécuté des performances cuisinières lors de vernissages, donné des cours de cuisine à des autistes, cuisiné pour les gens chez lesquels il squattait à une époque… tout en faisant le designer industriel pour de grands groupes comme Sodexho ou Les Repas Santé, auquel il a fini par vendre un brevet.

L'argent qu'il en retire lui permet de passer dix huit mois dans un incubateur, à réfléchir à un « projet mixant cuisine du quotidien et innovation ».

La Ruche qui dit oui est le résultat de ces réflexions. « L'idée, c'est de fournir aux petits producteurs agricoles des outils pour devenir commerçants, de faire entrer les circuits courts dans l'économie », explique-t-il.

Quatre mille producteurs connectés au réseau vendent aujourd'hui leur production dans l'un des points relais rattachés à l'une des 300 ruches créées sur le territoire français par des entrepreneurs individuels. Ces derniers ont pour mission de regrouper une communauté de consommateurs, d'identifier les producteurs de fruits, légumes, viande, vin, miel, etc., susceptibles de les fournir et d'encadrer les distributions. Une commission appliquée sur le prix de vente des producteurs rémunère la Ruche locale et la maison mère. Qu'on ne s'y trompe pas, La Ruche qui dit oui a beau travailler avec le monde paysan, c'est une entreprise de technologie.

Dix de ses vingt-sept salariés sont des développeurs qui planchent en permanence sur les algorithmes d'optimisation du stockage ou des circuits de livraison, des systèmes permettant d'identifier les cultures correspondant le mieux aux attentes des abonnés, etc. Une version 3 du site est d'ailleurs dans les tuyaux. Et la Ruche prendra bientôt son envol hors des frontières, avec un lancement sur le marché allemand prévu en janvier 2014.

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