Jouets : les derniers remous du marché n'affolent pas les professionnels

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(Crédits : Eric Gaillard)
Les professionnels français du jouet se disent prudents pour la fin de l'année, tablant sur un marché "stable" en 2018 en raison des "remous" ayant agité dernièrement les acteurs de distribution, selon la fédération du secteur.

"Le marché devrait être stable. Il y a eu pas mal de remous dans la distribution, ce qui rend les prévisions difficiles", a expliqué jeudi Michel Moggio, le directeur général de la Fédération française des industries du jouet et de la puériculture (FJP). Cette prudence s'explique par le fait que 2017 s'était terminée par un léger repli (-0,8%), après quatre années de croissance consécutives pour le secteur.

Deux poids lourds en redressement

L'année 2018 a été marquée par le placement en redressement judiciaire de deux poids lourds de la distribution de jouets en France: Toys'R'Us en mars, puis la Grande Récré en juillet. Tous deux ont trouvé un repreneur début octobre, juste à temps pour que soient finalisées les commandes de jouets pour Noël aux fournisseurs et avant la parution des catalogues.

  • La filiale française de Toys'R'Us a été cédée à la société Jellej jouets, qui réunit le fonds Cyrus Capital et l'industriel Tony Lesaffre, associés à l'enseigne Picwic.
  • Quant à la Grande Récré (groupe Ludendo), son PDG Jean-Michel Grunberg a pu activer son plan de continuation grâce au soutien de la Financière immobilière bordelaise (FIB).

258 euros annuelle en jouet par enfant

"La dynamique traditionnelle a donc été chahutée, mais le marché est loin de s'effondrer", selon le directeur du FJP, qui appuie sa prévision sur une "demande du consommateur qui ne fléchit pas".

En 2017, les dépenses annuelles par enfant âgés entre 0 et 14 ans ont été de 258 euros (contre 248 euros en 2016), selon des chiffres du cabinet NPD.

En plus, estime la FJP dans un communiqué, "les différentes mesures du gouvernement prises sur la fiscalité, avec notamment la baisse successive des cotisations salariales et de la taxe d'habitation, auront un impact positif sur le pouvoir d'achat des ménages français".

Le premier semestre ne comptant que pour 30% des ventes annuelles de jeux et jouets, les mois d'octobre, novembre et décembre sont décisifs pour le secteur, rappelle la FJP. Le quatrième trimestre représente en effet près de 60% du chiffre d'affaires du marché total, le mois de décembre, à lui seul, concentrant un tiers des ventes.

Avec un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros en 2017, soit 239 millions de jouets vendus, la France est le 5e acteur du marché mondial et le 2e européen.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 25/10/2018 à 17:29 :
"258 euros annuelle en jouet par enfant"

Mon beau sapin :
Barbies, voitures télécommandées et peluches déferlent dans les magasins pour Noël. Une avalanche chinoise puisque plus de 70% des jouets vendus à travers le monde sont fabriqués dans ce pays. Les scandales sanitaires n’ont pas eu raison de cette industrie où les camions de nos bambins sont fabriqués pour quelques centimes seulement, au détriment des droits des quelques 4 millions d’ouvriers qui les produisent à la chaîne. Dans son nouveau rapport publié le 5 décembre, l’ONG chinoise Sacom (Etudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises) pointe du doigt l’inaction des géants du jouet comme Mattel ou Disney pour protéger les travailleurs de leurs sous-traitants chinois, sous couvert d’une certification bidon.Les ouvriers, majoritairement des migrantes chinoises éloignées de leur famille, travaillent 11 à 12 heures par jour et 6 jours sur 7 pour un salaire de base de 130 à 160 euros mensuel. Les heures supplémentaires peuvent aller jusqu’à 140 heures par mois, 4 fois plus que la limite légale, pour gagner à peine plus de 300 euros.

A ce salaire de misère s’ajoutent des conditions de travail difficiles : outre le cumul des heures, la sécurité est minime (équipement inadéquat pour la manipulation des produits chimiques, pas d’alarme incendie ou pas d’extincteurs), peu d’assurance sociale, hygiène des cantines et dortoirs déplorables, pression des superviseurs, amendes pour être aller aux toilettes sans autorisation... la liste est longue.
a écrit le 25/10/2018 à 11:27 :
Non en effet il n'y a pas de raison, par contre l'explosion du prix de l'essence devrait faire mal à noël... -_-

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