En se promenant virtuellement sur le site du géant de la distribution Tesco, les Britanniques s'étonnent depuis hier de ne plus pouvoir acheter la fameuse pâte à tartiner Marmite ou les célèbres crèmes glacées Ben & Jerry's. Ces mystérieuses indisponibilités de produits surviennent alors que la troisième plus grande chaîne de supermarchés au monde refuse d'augmenter leur prix d'environ 10% à la demande d'Unilever, propriétaire entre autres de ses marques (mais aussi de Lipton, Axe, Magnum, des soupes Knorr ou encore des savons Dove), et désireux, selon le Financial Times de compenser ainsi l'effondrement de la livre sterling .
Depuis l'annonce des résultats du référendum du 23 juin portant sur une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le cours de la monnaie britannique face à l'euro a reculé de 15,43%, s'échangeant désormais contre 1,1063 euro.
Si le problème de disponibilité touche pour le moment uniquement le site du distributeur, il pourrait rapidement atteindre les magasins, prévient la BBC qui a consacré un live à cette discorde. Les supermarchés tournent en effet davantage à flux tendu que par le passé et possèdent donc moins de stocks. Le manque de produits commence ainsi à être visible dans certains magasins, comme le montre une photo partagée sur Twitter par Steve Dresser, fondateur du cabinet d'études spécialisé dans la grande distribution Grocery Insight.
Dirigé depuis 2014 par un ancien exécutif d'Unilever, Dave Lewis, Tesco se remet tout juste d'une grave crise déclenchée par une très coûteuse erreur comptable et a publié le 5 octobre ses résultats du premier semestre, avec un bénéfice d'exploitation en hausse de 60%, à 596 millions de livres. Le patron du groupe a attribué cette forte augmentation à une "relation transformée" avec ses fournisseurs, comme l'a rapporté Reuters. Dave Lewis a toutefois mis en garde qu'une hausse des prix pour compenser la baisse de la livre n'était pas acquise : les fournisseurs n'ayant pas toujours renoncé à leurs bénéfices lorsque la monnaie était bien plus forte.
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A contrario, Unilever a attribué le 13 octobre ses "bons" résultats du troisième trimestre à la hausse des prix mise en place ces derniers mois. Sur les neufs premiers mois de l'année, le groupe néerlando-britannique a ainsi enregistré une croissance sous-jacente de ses ventes de 4,2%, avec une hausse des prix de 2,8% tandis que les volumes ne gagnaient que 1,3%.
À la Bourse de Londres à 13h09, le titre Tesco perdait 2,21% à 196,75 livres. Dans le même temps, à la Bourse d'Amsterdam, l'action Unilever lâchait 2,45% à 39,74 euros.
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