Eté difficile pour les tours-opérateurs

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L'association des tours-opérateurs (Ceto) a annoncé aujourd'hui un repli des réservations de 6,7% pour l'été. Copyright Reuters/Wolfgang Rattay
L'association des tours-opérateurs (Ceto) a annoncé aujourd'hui un repli des réservations de 6,7% pour l'été. Copyright Reuters/Wolfgang Rattay (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'association des tours-opérateurs (Ceto) a annoncé ce vendredi un bilan décevant pour l'été avec un repli de 6,7% des réservations. De grandes variations sont à noter selon les régions. La Turquie et l'Espagne ont souffert alors que la Tunisie et le Maroc sont de nouveau plébiscités. Les difficultés des tours-opérateurs ne sont pas tout à fait nouvelles. Et, la crise n'est pas le seul phénomène impactant. Les touristes sont toujours plus nombreux à organiser leurs voyages eux-mêmes, sur Internet notamment.

L'association des tours-opérateurs (Ceto) a révélé ce vendredi son premier bilan de la saison estivale. Sans surprises, et comme la majorité des professionnels du tourisme, ils la jugent décevante. Certaines destinations ont connu des pertes importantes de voyageurs venant de France par le biais d'un tour-opérateur.

Les touristes français ont d'abord été beaucoup moins nombreux à se rendre en Croatie (-14%), en Espagne continentale (-28%) et insulaire (-16% aux Baléares et -10% aux Canaries) ou à l'île Maurice (-12%). Leur large repli s'explique par des prix jugés trop élevés alors que la clientèle française cherche à faire des économies.

Ce n'est pas la seule raison qui a poussé à la désaffectation des touristes français. La Turquie a elle souffert de sa proximité avec la Syrie voisine, en proie à la guerre civile. Elle enregistre un recul de fréquentation de 17%. Elle s'en sort tout de même assez bien avec 42 800 Français s'y étant rendues pendant l'été. Elle est en deuxième position des pays visités cet été avec un tour-opérateur français.

La Grèce, destination « classique » de vacances pour les Français, connaît un sort mitigé. Les destinations continentales ont perdu 25% de voyageurs français. En revanche, les îles grecques affichent une progression de 7%. 40 000 Français ont utilisé un tour-opérateur pour s'y rendre.

Les Français retournent au Maghreb

Malgré une déception générale du secteur, certaines destinations ont attiré beaucoup plus que l'année dernière. Au premier rang desquelles, il y a le Maghreb, qui retrouve son attrait après une année 2011 marquée par le « Printemps arabe ». Les inquiétudes que suscitait la région chez les touristes semblent s'estomper.
La Tunisie connaît ainsi une croissance de 29,5% et se place en tête des destinations estivales des tours-opérateurs avec 56 000 touristes français. Le Maroc connaît lui une progression de 16% à 30 000 touristes français.

En ce qui concerne les autres régions du monde : les Etats-Unis restent une destination stable et 29 000 personnes s'y sont rendues cet été ; l'Asie tient elle aussi son rang. La Chine est une destination stable. La Thaïlande connaît une croissance de 18%, le Cambodge de 9% et l'Indonésie de 4%.

Des départs en repli de 7,7% pour juillet

De manière plus générale, selon le bilan de l'association des tours-opérateurs (Ceto), les voyagistes français estiment avoir connu une saison estivale décevante. Entre mai et juillet, la saison affiche un repli de 6,7% des réservations par rapport à la même période de 2011. René-Marc Chikli, le président de la Ceto, précise à l'AFP : « Juillet est catastrophique. Les départs sont en repli de 7,7% en terme de chiffre d'affaires et de 11% en terme de trafic ». En revanche, il remarque : « la bonne nouvelle, c'est qu'août n'est pas aussi mauvais. Les tendances de réservations sont stables (+0,6%) par rapport à l'an dernier ».

René-Marc Chikli résume : « On s'oriente vers un été exécrable ». Les tours-opérateurs ne sont pas les seuls professionnels du tourisme à avoir souffert cet été. Le président de la Ceto confirme : « On rejoint le mouvement général dans le tourisme ». La conjoncture économique très difficile a en effet pénalisé l'ensemble des professionnels du tourisme français (à l'exception de Paris), cet été.

Jeudi, un bilan provisoire du cabinet Protourisme mettait en évidence une baisse de 5% du nombre de nuitées à la mi-août pour la saison estivale de l'ensemble de la France. Le cabinet expliquait cela par le mauvais temps et la crise. Les Français, en effet, continuent de se « serrer la ceinture », réduisant leurs dépenses annexes (restaurants, achats, sorties).

Des difficultés plus anciennes

Les tours-opérateurs en France connaissent depuis déjà plusieurs mois des difficultés. Georges Colson, le patron du syndicat national des agents de voyage (Snav), estimait fin juillet : « C'est la pire période que j'ai connu ». Selon lui, 5 000 emplois ont été perdus par la profession depuis trois ans. TUI Travel, le numéro 1 des tours-opérateurs, a enregistré une baisse des son bénéfice opérationnel de 16% à 93,8 millions d'euros au troisième trimestre 2012 (avril-juin). Les difficultés émanaient notamment de sa filiale française (Marmara, Nouvelles Frontières, Tourinter...) où 484 postes ont été supprimés. Thomas Cook, le numéro 2 du secteur, a lui aussi connu au troisième trimestre une perte opérationnelle importante de 33,9 millions d'euros.

Entre autres explications apportées sur les difficultés des tours-opérateurs, Bruno Despujol, partner du cabinet Oliver Wyman (conseil en stratégie), expliquait en juillet : « la vraie révolution digitale se déroule aujourd'hui ». Le canal Internet « dépasse à présent les 20% des ventes de packages (vols + séjour), seuil à partir duquel les acteurs historiques sont mis à mal ». Selon le baromètre annuel de Raffour Interactif (cabinet spécialisé dans le tourisme), en 2011, 58% des Français partis en vacances ont préparé leur séjour en ligne et 42% ont réservé sur la toile contre seulement 8% en 2003.
 

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a écrit le 25/08/2012 à 15:53 :
Je me souviens avoir pris NF pour un séjour court à Londres bilan un hôtel à 200? la nuit pour ne pas avoir d'eau, pb signalé à NF qui n' a même pas dédaigné répondre. Depuis plus de tour opérateur, avec le net et des connaissances nous pouvons avoir mieux moins cher et le service est celui que l'on se donne conclusion bye bye les tours opérateurs revenez aux fondamentaux de votre métier nous faire rêver de partir mais pas dans un complexe de gogos et assurez un service et non la gestion des paiements des clients. Encore un métier qui licencie car pas à la hauteur du service mais soyez soulagés cela ne concerne pas que les tours opérateurs car dans nos entreprises seul les financiers ont le pouvoir et plus particulièrement celui de couler bons nombres de nos industries car un financier n' aucun sens du service seul les lignes de facturation qui augmentent un peu plus chaque année avec à la clé des services sur le papier mais qui sur le fond sont inexistantes. Faire plaisir aux investisseurs est tout à fait légitime mais en spoliant le client cela devient du suicide industriel.
Réponse de le 26/08/2012 à 10:18 :
@samarinda: la ligne jaune entre le commerce et le vol est très ténue, et depuis longtemps déjà la majorité des "commerçants" l'ont franchie. Ils parlent tous de "service à la clientèle", qui est un beau mot dont personne ne connaît la signification apparemment. On vit dans une société où tout est devenu attrape-niguads.
a écrit le 25/08/2012 à 12:36 :
ils n'ont qu'à baisser les prix.ils gagnent beaucoup trop d'argent.à l'étranger, les mêmes destinations et les mêmes prestations valent 30 % moins cher
Réponse de le 25/08/2012 à 12:57 :
Et arrêter d'arnaquer les gens. Il vaut mieux voyager en baroudeur plutôt que de partir avec ces voleurs.
Réponse de le 25/08/2012 à 13:46 :
Tout à fait d'accord avec chat bleu et najbar, les prix des tours opérateurs c'est du grand n'importe quoi et c'est vraiment devenu des arnaqueurs il n'y a pas d'autres mots.
a écrit le 25/08/2012 à 11:55 :
cette année a été moins bonne, peut être, mais ça fait quelques décénies que ce marché est plus que juteux. c'est un retour normal des choses. le consommateur devient intelligent ou se résigne?
Réponse de le 26/08/2012 à 10:20 :
@avion: et repli de moins de 10%, c'est pas non plus la catastrophe :-)

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