A Paris, les prix des chambres d'hôtels restent stables malgré la baisse de la fréquentation

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En moyenne, le prix d'une chambre d'hôtel constaté à Paris était de 138 euros en 2015 d'après le baromètre HRS.
En moyenne, le prix d'une chambre d'hôtel constaté à Paris était de 138 euros en 2015 d'après le baromètre HRS. (Crédits : reuters.com)
En 2015, les hôtels parisiens et franciliens ont connu de fortes baisses de fréquentations consécutives aux attentats. Mais si leur chiffre d’affaires en pâtit, les prix moyens constatés n’ont chuté “que” de 0,7% d'après le baromètre Global Hotel Solutions.

Beaucoup moins de clients, un manque à gagner de près de 150 millions d'euros, mais des prix moyens relativement stables. Les hôtels parisiens ont connu de fortes baisses de fréquentation l'an dernier, surtout après les attentats de novembre. Mais cela ne s'est que faiblement traduit par une baisse des prix moyens constatés. Ainsi entre janvier et novembre 2015, il ont reculé de 0,7% dans la capitale d'après le baromètre "Hotel Price Radar" établie par HRS Global Hotel Solution, spécialiste de la clientèle d'affaires. L'année précédente, ils avaient augmenté de 3,7%.

En moyenne, pour dormir dans un hôtel à Paris, il fallait débourser 138 euros lors du dernier relevé. Mais ce chiffre peut bien sûr cacher des disparités selon les gammes de prix.

"Nous travaillons avec une clientèle d'affaires très variée qui peut rechercher du deux étoiles comme du cinq étoiles", précise Emmanuel Ebray, directeur d'HRS en France. Pour retenir cette clientèle très prisée les hôteliers sont parfois prêt à consentir de fortes remises. A fortiori lorsque la concurrence se fait plus forte. Ainsi, en 2015, dans le haut-de-gamme, l'ouverture de nouvelles chambre a eu tendance à tirer les prix vers le bas.

De même les plateformes comme Airbnb ont contribué à augmenter la capacité d'accueil à Paris. Aussi, même, si certains hôteliers tentent de s'en sortir en montant en gamme, globalement, les prix sont tirés vers le bas.  "On l'a vu à New York, cela provoque une pression sur les prix", constate Emmanuel Ebray.

Résultat: entre juillet et septembre, le recul des prix dans Paris intra-muros s'est en fait révélé bien plus rapide (-1,5%) que si l'on intègre le mois de novembre dans le calcul.

Paris désertée

Reste que la baisse de fréquentation exceptionnelle à la fin de l'année 2015 a bien sûr affecté le chiffre d'affaires des hôteliers. Au cours des deux semaines ayant suivi les attentats de novembre, le nombre de chambres occupées à Paris a chuté de 25% par rapport aux jours précédents, et de 6% dans l'ensemble de l'Hexagone.

D'après celle-ci, les autres villes hexagonales, tout au long de l'année, les prix ont eu tendance à diminuer bien plus fortement que dans la capitale. Ainsi, ils ont chuté de 5,1% à Toulouse (92 euros en moyenne), et de 3% à Lille (98 euros). Mais ils grimpent de 2,1% à Cannes pour atteindre 146 euros, tirés vers le haut par la clientèle saoudienne au cours de l'été.

Manque à gagner en fin d'année

 Le manque à gagner total pour l'hôtellerie française est estimé à 270 millions d'euros en France dont 146 millions à Paris par le cabinet MKG.

La chute de fréquentation s'est certes tassée depuis début janvier 2016, mais l'incertitude demeure concernant les choix des touristes qu'ils soient d'affaires ou de loisir. Ce qui pousse par exemple les professionnels du tourisme à courtiser certains des visiteurs les plus réticents, à commencer par les Japonais. Pour la prochaine saison touristique, les réservations de ces derniers sont de 50% moins élevés que la normale a ainsi indiqué l'agence nippone des agents de voyage (JATA).

Pendant ce temps, dans les destinations "refuge", la demande augmentant plus vite que la capacité d'hébergement, les prix tendent à flamber. C'est en particulier le cas dans les villes du sud de l'Europe et en particulier l'Espagne, considérées comme plus "sûres" dans cette période de tensions géopolitiques qui touche surtout le tourisme tunisien, égyptien ou turc. Les prix moyens ont ainsi crû de 12% à Naples, et 7% à Bilbao, d'après le baromètre HRS Global Solutions.

>> Tourisme : les Français plébiscitent les destinations refuges

Les destinations les plus chères du monde

Les événements tels que la coupe du monde de Rugby pour Londres et l'exposition universelle à Milan ont par ailleurs dopé les prix dans ces métropoles, la capitale britannique devenant la plus chère d'Europe (189 euros la nuit).

Mais elle ne détrône pas New York, où, malgré "l'effet Airbnb", le prix moyen constaté d'une nuit d'hôtel atteint presque le double de celui de Paris. Comme l'an dernier, la Grosse Pomme reste celle où ce prix moyen est le plus élevé au monde. Elle est suivie par Macao et Washington.

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