Comment les compagnies low cost font pression sur les aéroports régionaux
Olivier Mirguet, avec Cécile Chaigneau, Pierre Cheminade, Guillaume Fischer, Florine Galéron
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Les compagnies aériennes low-cost représentent 70 % du trafic des aéroports français, hors Paris.
BERNADETT SZABO
ENQUÊTE. Une ligne arrêtée sans préavis ou une base aéroportuaire fermée, ces décisions sont devenues le lot quotidien des aéroports régionaux qui misent sur les compagnies à bas prix pour offrir une connexion à leurs territoires. Les opérateurs se dédouanent de toute brutalité, invoquant la concurrence ainsi que la fiscalité.
La nouvelle a fait l'effet d'une douche glacée. Le 21 février, la compagnie aérienne irlandaise Ryanair a écrit au directeur de l'aéroport de Vatry, dans la Marne. Sans détour, la missive de vingt lignes annonçait l'arrêt de ses activités dans son programme d'été, qui démarre le 30 mars.
« Nous avons été contraints de revoir nos capacités en France en prévision de l'été et de l'hiver 2025. Malheureusement, cela signifie que les capacités d'aéroports français comme Vatry vont migrer vers des aéroports concurrents dans des pays où les coûts sont moins élevés sur notre réseau. Nous regrettons cette décision, elle est totalement indépendante de notre volonté », a écrit Ray Kelliher, directeur du développement du réseau chez Ryanair.
Ryanair opérait deux lignes au départ de Vatry, vers Porto et Marrakech. Elles représentaient 85 % du trafic local. « Quand il n'y a qu'un seul grand opérateur sur un aéroport, c'est toujours compliqué. Nous allons étudier d'autres pistes, mais nous ne pourrons pas faire venir une autre compagnie avant le printemps 2026 », déplore Fabrice Pauquet, directeur général de l'aéroport de Vatry.
« La méthode de Ryanair est inadmissible », tempête Nicolas Thiry, directeur adjoint de cabinet de Jean-Marc Roze, président (divers droite) du conseil départemental de la Marne. La collectivité gestionnaire de l'aéroport de Vatry a évalué sa perte de recettes à 500 000 euros pour l'année en cours. Contactée par La Tribune, Ryanair n'a pas donné suite.
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Vatry n'est pas la seule plateforme à connaître de tels déboires. Après avoir arrêté en 2024 sa liaison régulière entre Tours et Dublin, Ryanair a adressé mi-mars à Edeis, gestionnaire de la plateforme tourangelle, un courrier lui indiquant ses craintes concernant le maintien de sa présence.
À Bordeaux aussi, la compagnie irlandaise a mis fin à ses activités en octobre 2024, accusant l'aéroport d'avoir voulu augmenter les coûts aéroportuaires. Avec 25 % de parts de marché (1,7 million de passagers ) en 2024, elle était pourtant numéro un sur la plateforme de Mérignac. En dépit du repositionnement de ses concurrentes Easyjet, Volotea et Transavia, la reconstruction du trafic prendra du temps : les 21 compagnies présentes à Bordeaux commercialiseront 4,5 millions de sièges pour la saison estivale, soit un million de moins qu'à l'été 2024.
Olivier Mirguet, avec Cécile Chaigneau, Pierre Cheminade, Guillaume Fischer, Florine Galéron