EXCLUSIF Les réductions d'effectifs prévues par Air France

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La compagnie table sur 4.390 départs sans licenciement d'ici à mars 2013. A cette échéance, les effectifs auront fondu de 16,3% depuis mars 2008. Un léger sous-effectif est aussi prévu.

L'activité se redresse, les effectifs baissent. Après six trimestres consécutifs de pertes, le dégraissage se poursuit chez Air France. Sans licenciement. La compagnie française (hors filiales) table sur 4.390 départs au cours des trois prochains exercices : 2.436 en 2010-2011 (clos fin mars 2011), 834 en 2011-2012, et 1.121 en 2012-2013.

C'est ce qui est prévu dans la GPEC (gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences), que La Tribune s'est procuré, et qui devait être présentée par la direction ce jeudi au Comité central d'entreprise (CCE), avant d'être reportée à juillet pour cause de grève. Selon un rapport du CCE, cela entraînerait, en mars 2013 (fin de l'exercice 2012-2013), une baisse des effectifs de 16,3 % par rapport à mars 2008 (avant le début de la crise), à 47.694 emplois. Soit 9.321 de moins en cinq ans. Des chiffres considérables obtenus sans plan social mais en misant sur le gel des embauches, le non-remplacement des départs à la retraite et le plan de départs volontaires (PDV) de 1.765 personnes équivalents temps pleins en 2010. « Les départs prévus dans le cadre du PDV et départs naturels prévus entre 2010 et 2013 doivent permettre de gérer cette baisse de l'emploi sans avoir recours à de nouvelles mesures d'exception », explique le rapport du CCE. Les personnels au sol seront les plus touchés (près de 3.200 départs selon le PDV qui les concernent uniquement).

« Consensus »

Cette méthode douce a jusqu'ici permis d'éviter des mouvements sociaux. « Avec KLM, nous avons réussi à diminuer notre dimensionement dans un consensus de bonne qualité avec les syndicats », expliquait aux députés le directeur général d'Air France et d'Air France-KLM Pierre-Henri Gourgeon lors d'une audition à l'Assemblée nationale.

Air France devrait même se retrouver dans trois ans en léger sous-effectif au sein du personnel au sol et du personnel de cabines (stewards et hôtesses). Les besoins en effectifs sont en effets inférieurs aux départs anticipés. En revanche, la compagnie s'attend à un sureffectif chez les pilotes de 262 personnes.

Ces prévisions sur l'emploi s'est construite « sur une hypothèse de reprise d'activité progressive et mesurée à compter de l'été 2011 », explique la direction. Les capacités (en sièges kilomètres offerts) doivent augmenter progressivement de 1 % cette année, puis de 1,3 % en 2011-2012, puis de 3,3 % en 2012-2013. La hausse est même supérieure dans le cargo (- 0,7 % en 2010-11, puis + 2,5 % et + 5,3 % les deux années suivantes). Selon Pierre-Henri Gourgeon, l'activité reprend avec notamment le retour de la clientèle professionnelle.

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