Pourquoi Air France-KLM boycotte l’augmentation de capital d’Alitalia

Air France-KLM ne participera pas au projet d'augmentation de capital de plus de 100 millions d'euros voté jeudi dernier par le conseil d'administration de la compagnie italienne. Le groupe français estime que les mesures prévues ne permettent pas de résoudre les problèmes d'Alitalia. Jeudi, un autre conseil doit valider la souscription à cette recapitalisation.
Fabrice Gliszczynski

3 mn

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Alors qu'il est trop tôt pour savoir si la crise politique italienne  aura des conséquences sur Alitalia, la compagnie italienne est focalisée sur le conseil son prochain conseil d'administration prévu ce jeudi. Celui où les actionnaires devront valider leur souscription à l'augmentation de capital de 100 millions d'euros (ainsi qu'à la dernière tranche de 55 millions d'un emprunt convertible de 150 millions annoncé début 2013) décidée jeudi dernier lors d'un précédent conseil. Sortiront-ils leur chéquier comme prévu? Rien n'est moins sûr. Même pour ceux qui ont voté favorablement. En tout cas, le plus important d'entre eux, Air France-KLM, actionnaire à hauteur de 25%, ne participera pas à cette recapitalisation.

Mesures insuffisantes

Les quatre administrateurs représentant le groupe français au conseil d'Alitalia (parmi lesquels figure l'ancien PDG Jean-Cyril Spinetta) ont tous voté contre jeudi dernier. Mais, selon un connaisseur du dossier, ils n'ont pas voté contre le principe même d'une augmentation d'Alitalia en raison d'un manque d'informations ou pour ne pas alourdir sa propre dette comme la presse l'a indiqué, mais contre le plan de restructuration et le plan financier d'Alitalia, lesquels, selon eux, sont insuffisants pour garantir la pérennité de la compagnie italienne. En effet, pour Air France-KLM les mesures de ce plan ne résolvent en rien les problèmes d'Alitalia. L'augmentation de capital est en effet jugée insuffisante alors que les mesures proposées, plutôt que de réduire la dette d'Alitalia (plus 900 millions d'euros) auraient même pour conséquence de l'augmenter. Bref, six mois après avoir participé à un prêt à Alitalia, Air France-KLM ne veut pas remettre à nouveau au pot dans un projet qu'il juge inefficace. 

Le périmètre d'Alitalia est encore trop important

Selon nos informations,  Air France-KLM estime en effet que le plan de restructuration d'Alitalia, présenté fin juillet par la direction, conserve un périmètre de la compagnie encore trop important. La réduction de la flotte moyen-courrier n'est pas assez forte et la volonté d'augmenter le réseau long-courrier (et donc le nombre de gros-porteurs), déjà dans le rouge, est jugée pour le moins inopportun. Du coup, Air France-KLM redoute que ce plan sera insuffisant et qu'un nouveau sauvetage sera nécessaire dans plusieurs mois. Le groupe français a déjà fortement contribué en février au prêt sollicité par la direction pour passer l'année. Or, cet argent qui devait remettre Alitalia sur les rails n'a servi à rien. Au contraire. Les pertes se sont creusées. La perte nette du premier semestre s'est élevée à 294 millions d'euros contre 201 millions au cours de la même période de l'année précédente. La perte d'exploitation est quant à elle passée de 169 millions à 198 millions pour un chiffre d'affaires en recul de 4%, à 1,621 milliard d'euros. La liquidité totale disponible de la compagnie s'élevait fin juin à 128 millions. Aujourd'hui, la trésorerie serait très tendue.

Les banques à la rescousse? 

Le salut d'Alitalia viendra-t-il des banques?  Sous la pression de L'Etat sur une ou plusieurs banques pour qu'elles accordent un prêt relais garanti par Rome ? Jeudi dernier en effet, dans un entretien à Il Sole 24, le ministre italien du Développement économique, Flavio Zanonato déclarait : "il n'est pas dit que seuls les Français puissent mettre du capital. Nous travaillons à une solution-relais impliquant des banques. L'entreprise doit être défendue financièrement pour pouvoir mettre en oeuvre le plan de restructuration du management et revenir avec la capacité de conclure une alliance dans une position de force", a-t-il ajouté. Sur le papier, la solution bancaire peut aussi passer par la décision d'une banque actionnaire d'Alitalia d'accepter d'injecter 150 millions ou plus. 

Fabrice Gliszczynski

3 mn

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Commentaires 23
à écrit le 01/10/2013 à 5:37
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J'adore le commentaire du "brésilien" qui parle de rançon dans le métro parisien alors que Rio de Janeiro et les grandes villes au Brésil ont des taux d'homicides énormes... Encore un petit rentier aigri qui veut se faire passer pour ce qu'il n'est p...

à écrit le 30/09/2013 à 14:08
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Ah "TAMbrasil" un roman ! "la France (15% nous appartiennent, nous contribuables)"; "rançonner dans le métro par vos réfugiés de Timisoara et divers". Un coup francais, un coup pas... quel homme ! Bon, ab initio (pour une fois) il n avait pas totalem...

le 30/09/2013 à 14:41
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un clavier QWERTY? mais comme vous vous la racontez....dire que vous me faites la leçon avec mes anglicismes...Je note que vous dites que j' ai raison, j' écris au Parisien de ce pas qu'ils fassent un article. Le miami Herald existe déja en espagnol=...

à écrit le 30/09/2013 à 12:06
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Privilégier une destination en concurrence avec des compagnies américaines à bas coûts, dépendant fortement d'une politique de visas imprévisible (on va rire si l'administration américaine ferme durant plusieurs mois), plutôt que des niches rentables...

le 30/09/2013 à 13:20
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continuez à rester centrer sur votre nombril, c'est parfait: je vous invite à vous rendre à Orlando et à Miami Dade,North Bay & Aventura, vous comprendrez que les Brésiliens ont autre chose à faire que de perdre du temps ici. En plus vous n' y connai...

le 30/09/2013 à 16:21
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Surtout que les brésiliens ne perdent pas leur temps en France on ne va pas pleurer. Vous qui critiquez la France qu'est ce que vous attendez pour partir.

le 30/09/2013 à 19:10
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Vous me faites rire. Je vis au Brésil, travaille dans le secteur du tourisme et donc tout autant avec Miami que l'Europe, qui continue de bien se porter malgré vos remarques. Et oui, les tarifs pour Miami sont bien moins élevés que les voyages vers l...

le 30/09/2013 à 21:07
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Encore quelqu'un qui connait tout: sur les 2 dernieres années le Rio-CDG de TAM est passé d'un A330 quotidien, à 4 par semaines, à suppression, pourquoi? il y avait la plupart du temps une centaine de passagers sur ce vol (hors Noel et grands départs...

le 30/09/2013 à 21:28
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on s'y perd un peu dans tous ces TamBrasil.

le 01/10/2013 à 0:07
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Ca doit être une campagne de pub déguisée... parlez de moi, en bien ou en mal, mais parlez de moi !!!

le 01/10/2013 à 0:25
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Relisez vous vous êtes planté en permanence, vous êtes sûr que vous vivez sur terre, donnez nous le nom de la planète pour que l'on comprenne ce que vous dites. Vos commentaires sont dénués de bon sens c'est un fouillis incompréhensible vous vous con...

à écrit le 30/09/2013 à 11:35
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ALITALIA sera soutenue par les pouvoirs publics italiens, c'est la compagnie "nationale"que le PAPE utilise; et son éventuel renflouement s'opère en euros par un peu plus de dette pour le contribuable. AF a tout intérêt à laisser pourrir le dossier, ...

à écrit le 30/09/2013 à 10:12
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Comme dans toute entreprise en difficulte il faut proceder a la restructuration: reduire son marche sur les segments rentables et diminuer drastiquement les depenses. Air France a raison.

à écrit le 30/09/2013 à 9:23
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AF a raison a 100%. Alitalia est un puits sans fond. Il ne faut surtout pas continuer a investir dans cette compagnie qui ne rime à rien: ils sont attaqués sur le marché interieur par le TGV Italien et les low costs. Sur le long courrier, seuls les ...

le 30/09/2013 à 9:39
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@TAMBrasil Ca faisait longtemps que vous n'aviez pas apporté votre critique. Cela dit, la compagnie que vous défendez a supprimé ses vols au départ de Paris et Frankfurt vers Rio. (nous ne parlerons pas de feu Varig...) Air France, en revanche, ouvre...

le 30/09/2013 à 9:57
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Votre commentaire est totalement faux revoyez vos classiques. Il y a certainement une restructuration à faire mes ne mélangez pas tout, l'aérien, les chantiers navals, vous avez oublié la boulangerie, les glaces et tout le reste. Qu'est çe que vous e...

le 30/09/2013 à 10:33
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@CREW, je défends AF et ça va pas non plus? bon, je continuerai à critiquer alors....@@TAMbrasil: si vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez c'est trés bien. Les Italiens sont chauvins et défendent leur industrie jusqu' au bout: Fincanti...

le 30/09/2013 à 11:31
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Qui veut aller à Paris où à Francfort ?? Je tournerai la question dans l'autre sens ! Question tout de même assez ubuesque à quelques mois de la coupe du monde de foot ! Même Airfrance souhaite positionner un A380 pour le Brésil, ce n'est pas pour r...

le 30/09/2013 à 11:59
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La fin du Rio/Paris est une grave erreur de TAM qui aura des marges beaucoup plus réduites sur la Floride. C'est un beau cadeau fait à Air France, et à Skyteam, qui récupèreront les clients de ces vols, également habitués à voyager sur d'autres desti...

le 30/09/2013 à 12:39
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Le réveil pour qui ? Pour la TAM ?

le 30/09/2013 à 13:26
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@Esteban: la clientèle favorisée de la TAM est la brésilienne, pas la Française! le but est de servir d'abord la population nationale et on y arrive à peine, d'ou la redirection du métal sur les USA plutot que de servir les vieilles destinations usée...

le 30/09/2013 à 19:30
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TAM est de toutes façons incapable de travailler avec une clientèle étrangère, plus exigeante que celle brésilienne et qui réclame un service clientèle digne de ce nom. Et vous avez essayé de réserver un vol avec une carte bancaire étrangère ? Imposs...

le 30/09/2013 à 21:12
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Paradoxalement, j' approuve tout ce que vous dites. de toutes façons, c'est plié: dans peu de temps la compagnie s'appelera LATAM et les Chiliens ont déja envoyé leurs émissaires à Sao Paulo. Mais je ne vois toujours pas en quoi je ne peux pas critiq...

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