Air France-KLM prêt à sauver Alitalia... mais sous conditions

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Air France-KLM pose des conditions très lourdes pour aider Alitalia
Air France-KLM pose des conditions très lourdes pour aider Alitalia (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Air France-KLM doit trancher ce lundi sur sa participation ou pas à une augmentation de capital d'Alitalia. Le groupe est prêt à monter jusqu'à 50% de la compagnie italienne mais fixe au préalable des conditions très dures.

Entre deux comités centraux d'entreprise (CCE) sur les nouvelles mesures d'économies de sa filiale Air France, Air France-KLM est rattrapé par un dossier stratégique majeur : sauver ou pas Alitalia, dans laquelle le groupe français détient 25% aux côtés de plusieurs industriels italiens, une nouvelle fois au bord du gouffre. Des difficultés qui risquent de nécessiter une augmentation de capital, alors que la banque italienne Leonardo cherche des solutions pour recapitaliser la compagnie italienne. En juillet, la compagnie italienne avait fait état d'un besoin de 300 millions d'euros. Un ordre de grandeur qui reste toujours valable aujourd'hui.

Selon nos informations, confirmant celles de Bloomberg, un conseil d'administration du groupe se réunira lundi 23 septembre pour définir une position. Un conseil d'Alitalia est également prévu fin septembre pour faire le point sur la situation.

 Trois scénarios

Trois possibilités. Soit Air France-KLM ne participe pas à l'augmentation de capital, soit elle la suit à la hauteur de sa participation, soit davantage mais avec des conditions très dures. Selon nos informations, Air France-KLM est prêt à monter jusqu'à 50% du capital d'Alitalia. Pour le reste, des investisseurs institutionnels italiens et (ou) des industriels pourraient compléter l'opération.

La direction d'Alitalia est en contact avec Etihad, la compagnie d'Abou Dhabi, partenaire commercial d'Air France-KLM et d'Alitalia. Le PDG du transporteur italien, Gabriele de Torchio, a rencontré récemment de représentants d'Etihad.

Trois conditions

Si Air France-KLM est prêt monter jusqu'à 50%, le groupe demande néanmoins des prérequis très lourds. Pas question en effet de reprendre la dette d'Alitalia (un milliard d'euros). Le groupe français, déjà fortement endetté, ne peut l'absorber. L'objectif principal de son plan de restructuration Transform 2015 est effet de réduire de deux milliards d'euros sa dette entre 2012 et 2015, à 4,5 milliards.

Air France-KLM demande par ailleurs que la restructuration industrielle d'Alitalia soit financée au préalable. Visiblement, la taille du réseau prévu dans le dernier plan industriel présenté fin juillet par la direction, est jugé trop ambitieuse. Dernier point, le groupe français veut disposer enfin d'une plus grande influence dans la gestion de la compagnie dans certains domaines.

 Le sujet divise

Si ces conditions sont réunies, le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, pas très chaud sur ce dossier il y a quelques mois, serait aujourd'hui partant. Encore faudra-t-il convaincre le conseil d'administration. En février dernier, lorsqu'il avait fallu se prononcer sur le prêt à accorder à Alitalia, le sujet avait suscité l'étonnement et l'agacement d'un grand nombre d'administrateurs. Le sujet divise aussi bien chez Air France que chez KLM.

L'enjeu est clair. L'ancien PDG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta l'avait défini en mai dernier lors de l'assemblée générale du groupe : "Air France-KLM doit décider si pour renforcer sa présence en Italie, il a besoin d'Alitalia ou s'il peut le faire avec ses propres moyens. C'est comme ça que le problème doit être posé". Partisan depuis des années d'un rapprochement avec la compagnie italienne, il estime qu'Air France-KLM ne doit pas perdre pied sur le quatrième marché européen, sur lequel Lufthansa est très puissant.

Pour autant, sans même parler du risque d'exécution, le timing tombe très mal. Si Air France-KLM devait franchir le Rubicon, il sera en effet compliqué de demander des efforts supplémentaires aux salariés d'Air France et de dépenser dans le même temps de l'argent pour sauver une compagnie italienne, aux abois.

Lire ici : Pourquoi Alitalia ne gagne jamais d'argent

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Commentaires
a écrit le 23/09/2013 à 12:52 :
Bon la solution est simple. Air France n'a qu'à faire un plan de départ involontaire de 5000 autres personnes et elle sauvera Alitalia qui ne doit quasiment rien rapporter à l'économie française (ou si peu...) Air France deviendra une petite compagnie régionale mais elle aura sauvé Alitalia. C'est pas une bonne idée ça?...Mais où va-t-on!
a écrit le 22/09/2013 à 9:06 :
AF n'a qu'a commencer par se sauver elle même. Qu'on ne vienne pas me raconter qu'il n'y a pas de pression politique la dessous.
Le bilan, c'est que les contribuables français vont devoir payer pour cette compagnie aérienne italienne gérée a la mode communiste-CGT.
Réponse de le 22/09/2013 à 10:28 :
AF est privatisée depuis plus de 10 ans. Un minimum de connaissance du milieu de l'aérien est quand même requis pour laisser des commentaires.... Le contribuable ne laissera rien de sa poche et renseignez-vous pour savoir ce qu'est devenu Malev lorsque Bruxelles a découvert que la Hongrie avait mis la main à la poche pour aider sa compagnie porte drapeau (je vous économise du temps : Bruxelles a exiger remboursement du versement, l'état l'a fait et la compagnie a fermée... De rien).
a écrit le 21/09/2013 à 23:06 :
AF prépare son retour? elle aura quelques atouts quand les autres se seront épuisées...
a écrit le 21/09/2013 à 20:53 :
Pas un benef depuis 5 ans, des dettes en milliards d euros, et maintenant se trainer une compagnie boulet, sans avenir, sans service, mal gérée avec du personnel cas social au possible, qui va les rouler dans la farine a 100 a l heure...je ne suis même pas en colère tellement c est navrant, pauvre AF
a écrit le 20/09/2013 à 21:32 :
Air France est en faillite...alors qu'on les privatise zut.
Réponse de le 21/09/2013 à 2:30 :
L'état n'est plus actionnaire majoritaire depuis bien longtemps donc AF est déjà dans le privé.
Réponse de le 21/09/2013 à 17:33 :
Les clichés ont la vie dure!
a écrit le 20/09/2013 à 18:55 :
Deux malades qui vont se aguerrir mutuellement.
a écrit le 20/09/2013 à 18:26 :
Quelle entreprise française, même bien portante, a réussi à redresser une entreprise italienne plombée?Quelqu'un a un exemple?
Réponse de le 21/09/2013 à 2:00 :
Bnp paribas en rachetant bnl et en la remettant sur les rails de la rentabilité ....
a écrit le 20/09/2013 à 17:29 :
Quelqu'un connait-il un exemple d'entreprise italienne fortement plombée reprise par une entreprise française et restructurée avec un succès probant?
Réponse de le 20/09/2013 à 21:29 :
Carla Bruni
Réponse de le 20/09/2013 à 21:35 :
Edison ? ...par EDF.
Réponse de le 21/09/2013 à 9:45 :
Excellent !!!
a écrit le 20/09/2013 à 15:05 :
Gros cinéma pour une opération programmée de longue date. Air France cherche ici a payer le moins possible pour une pépite qui lui rapportera 20 milliards de chiffre d'affaire complémentaires. Avec son voisin allemand, les deux compagnies sont tellement dominantes en Europe que ces stratagèmes font sourir et à la fois écoeurent un peu. Nous prend-ton pour si niais que ça ?
Réponse de le 20/09/2013 à 16:18 :
Dites-moi Corso, vous l'avez l'air fâché avec les chiffres. 20 milliards de CA AZ, c'est un peu exagéré. Pour rappel AF +KL, c'est 26. Ceci dit, vous n'avez pas spécifié la monnaie dans votre commentaire. Parlez-vous en lires ou en francs? et encore AZ c'est moins
Réponse de le 20/09/2013 à 17:49 :
20MM; rien que ça ??? on a beau être à Rome, multiplier le C/A par 5, ce n'est pas donné à tout le monde...
Réponse de le 20/09/2013 à 21:49 :
Dites moi mon cher pm, faudrait que çà devienne une habitude qu'on soit d'accord, vous allez me facher avec TAM Brasil -)
Réponse de le 21/09/2013 à 4:23 :
+1
Réponse de le 21/09/2013 à 9:47 :
Le multi spécialiste corso ne sait pas compter... Mouhaaaaaaahaaaaaa !
Réponse de le 21/09/2013 à 12:55 :
Je parle en dollars. En général le comparatif se fait ainsi. Air France est la quatrième compagnie mondiale derrière Lufthansa 39.7 (Source Forbes), United-Continental 37.2 et Delta 36.7. Le potentiel caché de Alitalia dont le chiffre se trouve actuellement à des niveaux très bas, est estimé en développement entre 18 et 25 milliards de dollars. J'ai pris une évaluation moyenne et crédible. L'opération serait alors win-win pour les deux pays.
Réponse de le 21/09/2013 à 20:49 :
@ corso: Alitalia une "pépite" au potentiel "caché"....mais bien caché alors le potentiel. D'habitude c est pm qui me fait sortir de mes gonds mais là respect pour les âneries!! Alitalia est une compagnie de charlots arrogants et qui centre un MD-80 en deplaçant un sac de sport dans la soute vrac ( exemple vécu). Au plaisir!
a écrit le 20/09/2013 à 13:39 :
Je pense que les 2 compagnies ( AF-KLM et Alitalia) devraient fusionner.....et trouver un nouveau nom....
Avoir 3 compagnies n' a aucun sens. Regardez les USA....Northwest, Continental, .... toutes ont disparues lors de la fusion. Mais, nos états sont attachés à "leur" compagnie.....alors, les dépenses vont continuer.
Réponse de le 20/09/2013 à 21:46 :
Je ne suis pas un spécialiste du secteur, et d'autres répondront certainement mieux que moi, mais il me semble qu'une fusion pure est impossible, du fait de la gestion nationale (et non européenne) des droits d'atterrissage, conserver sa nationalité séparée est indispensable!! Par contre, un nom commercial commun pourrait être intéressant: moi je proposerais soit "Hop !", soit "Skyteam Europe" ...
a écrit le 20/09/2013 à 13:31 :
C'est quand même marrant, une compagnie au bord du gouffre qui veut sauver une autre qui est dans le gouffre. C'est un peu comme l'histoire de l'aveugle qui guide le sourd ...
L'avantage c'est qu'Air France sombrera peut être plus vite et que l'agonie sera moins longue ... qui sait.
a écrit le 20/09/2013 à 12:07 :
et après le contribuable français sera appelé pour sauver Air France une deuxième fois ? Deux culs de jatte ça ne fait pas un être normal.
Réponse de le 20/09/2013 à 13:28 :
Non mais AirFrance peut-il se passer de l'Italie ? Qui plus est avec la joint venture transatlantique AF-KLM-Delta-Alitalia ?

Et il faut aussi se rendre compte que quand la crise sera finie, l'Italie redeviendra un relais de croissance important et que si Af s'en sépare, ils préfèreront se tourner vers les Emirats ou Dubai...
Réponse de le 20/09/2013 à 16:21 :
".... l'Italie redeviendra un relais de croissance important etc. etc.".. Une stratégie à très, très, très long terme d'après moi. Et je suis italien.
Réponse de le 20/09/2013 à 21:58 :
Même en piteux état, l'Italie reste le 4ème marché en Europe : difficile de faire une croix dessus, et pire de le laisser à la portée de Lufthansa : les italiens ne vont certainement pas tarder à menacer air France de se jeter dans les bras des allemands... il va y avoir une Belle partie de poker : AF pour faire baisser le cout, et les actionnaires italiens pour le faire monter ! Je continue à penser qu'AF se doit de prendre le contrôle d'Alitalia, avec l'appui d'Ethiad, après avoir obtenu la possibilité de procéder à la restructuration nécessaire... AF récupérera une flotte à entretenir dans la filiale de maintenance Air France, et peut être pourra mutualiser les frais d'escales lorsqu'elles sont communes !!... mais c'est vrai que le timing tombe mal !
Réponse de le 21/09/2013 à 8:47 :
Pour l,entretien AF va a Casa pour les 320 et en Chine pour les 747
Réponse de le 22/09/2013 à 17:32 :
Il doit bien en rester pour Air France Industries, sinon je suppose que les flottes Britair, Régional et Airlinair auraient été unifiée !

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