Air France-KLM doit-il sauver Alitalia ?

Réuni ce lundi pour déterminer sa position sur une probable augmentation du capital de la compagnie italienne, le conseil d'administration d'Air France-KLM veut des éclaircissements sur la situation d'Alitalia avant de trancher. Un dossier risqué.
Fabrice Gliszczynski

4 mn

Air France-KLM pose des conditions très lourdes pour aider Alitalia
Air France-KLM pose des conditions très lourdes pour aider Alitalia (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Le conseil d'administration d'Air France-KLM s'est réuni ce lundi en fin de journée pour déterminer l'évolution à donner à sa relation avec Alitalia, dont le groupe est déjà actionnaire de référence avec 25% du capital depuis 2008. Une nouvelle fois aux abois, l'entreprise italienne a besoin d'environ 300 millions d'euros de liquidités pour survivre. Elle réunira ce jeudi un conseil d'administration.

Une augmentation de capital se dessine. Air France-KLM doit trancher sur la position à adopter. Selon nos informations, il y a trois possibilités : ne pas suivre la recapitalisation et se laisser diluer, suivre à la hauteur de sa participation ou aller au-delà jusqu'à 50% maximum à condition que ses prérequis soient acceptés.

Ils sont de trois ordres :  ne pas absorber la dette d'Alitalia (plus d'un milliard d'euros) comme l'a fait en 2009 Lufthansa en rachetant Austrian Airlines (c'est l'Etat autrichien qui l'a récupérée, mais il était actionnaire contrairement à l'Etat italien), que la restructuration soit financée au préalable, et qu'elle dispose d'une plus grande influence dans la gestion de la compagnie italienne. Des conditions lourdes, qui ressemblent à la méthode de sa rivale allemande.

Risque d'exécution

Pour autant, même en mettant la main sur Alitalia pour une bouchée de pain, avec toutes ses conditions acceptées côté italien, le dossier est très risqué. Car, si une telle opération permet de renforcer les positions du groupe français en Italie, le quatrième marché européen, et démontre aussi qu'Air France-KLM, malgré ses difficultés, est capable d'agir pour ne pas se laisser distancer par ses concurrentes, elle comporte néanmoins beaucoup d'incertitudes. "Il y a effectivement un risque d'exécution, mais il faut le tenter", explique un partisan d'une offensive sur Alitalia.

L'influence des politiques

Car, même si Alitalia est une compagnie privée, il semble peu probable que les politiques cessent de vouloir disposer d'une influence sur le transporteur. En ce sens, les conditions de la gestion d'Alitalia seront compliquées. La moindre décision difficile prise par Air France-KLM pourrait très vite se transformer en débat national. Le groupe dirigé par Alexandre de Juniac risquerait ainsi de ne jamais avoir les mains libres en Italie comme Lufthansa les a eues en Suisse et en Autriche (après le rachat de Swiss et d'Austrian).

 Alitalia peut-elle gagner de l'argent?

Au-delà du contexte, se pose une question. Déficitaire depuis plus 13 ans, Alitalia peut-elle gagner un jour de l'argent ? Peut-elle sortir un jour de l'impasse dans laquelle elle se trouve ? Les handicaps structurels sont en effet nombreux.

A commencer par l'éternel clivage entre le Nord et le Sud de l'Italie qui, pour une compagnie classique (organisé en réseau) rend extrêmement compliqué l'exploitation du marché italien. Celui-ci s'organise en effet avec des flux de trafic affaires partants de Milan et des flux de trafic loisirs entrants par Rome.

De fait, la maîtrise du marché intérieur est difficile. En 2008, Alitalia avait pris une décision très lourde en fermant le hub (système de correspondances) de Milan, pour se concentrer sur Rome. Cette décision, qui se justifiait par l'inefficacité structurelle du système de double hub entre Rome et Milan mis en place en 2000, a eu pour conséquence de laisser s'engouffrer des concurrents aussi redoutables qu'Easyjet ou Emirates à Milan. Cette concurrence sera d'autant plus forte que la compagnie de Dubaï va ouvrir en octobre des vols Milan-New-York.

Concurrence des low-cost et du train

Par ailleurs, la concurrence sur le réseau court et moyen-courrier est féroce avec le train à grande vitesse et les compagnies à bas coûts. Si Alitalia a longtemps gagné beaucoup d'argent sur son réseau domestique grâce la ligne Milan-Rome, l'arrivée des low cost sur cet axe l'an dernier remet en cause chaque jour cet avantage. Elle explique ses difficultés à augmenter les prix, un mal chronique rencontré par Alitalia depuis des années.

Un problème de recettes plus que de coûts

En effet, contrairement à Air France, les difficultés d'Alitalia depuis de nombreuses années ne sont pas la conséquence d'un problème de coûts, mais de recettes. En ce domaine, Air France-KLM pourrait être d'un grand soutien. Ses compétences pour optimiser les prix sont reconnues.

 Enfin, le calendrier tombe mal pour Air France-KLM. Comment gérer Alitalia quand la plus grande filiale du groupe, Air France, est en pleine restructuration ? Comment justifier d'investir dans une compagnie au bord du gouffre aux salariés d'Air France à qui l'on demande plus d'efforts pour survivre ? De quoi alimenter un débat agité ce lundi au conseil d'administration.

Fabrice Gliszczynski

4 mn

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Commentaires 24
à écrit le 25/09/2013 à 13:59
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Chacun à sa place est-ce l'interet de notre compagnie nationale?

à écrit le 25/09/2013 à 10:47
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KLM = raccourci de matricule en camp de concentration. Oui, la France manque pas d air fils du 27031 de Mauthausen

le 25/09/2013 à 11:36
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Emile, c'est le prénom d'Emile LOUIS : doit -on arrêter de l'utiliser ? 3 lettres qui ont plusieurs significations, c'est courant, surtout dans des langues différentes ... Un CON, c'est quoi ???(rien qu'en français ...!

à écrit le 24/09/2013 à 10:14
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Au lieu que les banques prêtent à notre état dépensier et sans compétence véritable de gestionnaire (en 2013, un enfant français naît aujourd'hui avec 30 000 ? de dette !), ils feraient mieux de prêter à l'économie même si c'est toujours risqué. A fo...

à écrit le 24/09/2013 à 9:43
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http://www.youtube.com/watch?v=G7RjYCmrNm4

à écrit le 24/09/2013 à 9:11
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Tout racheter sans absorber la dette, liberté de faire tout ce qu'on veut.... et pourquoi pas le Ius Primae Noctis sur les hotesses de l'air tant qu'on y est... Et qui devrait récuperer les dettes? L'Etat? Difficile que le contribuable soit mis à con...

à écrit le 24/09/2013 à 9:06
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Avant d'embarquer sur Alitalia pour le pire, il faut que Air France soit assuré de son avenir. Si AF prends le controle d'Alitalia il se doit d'etre intransigant sur une restructuration draconnienne afin d'éviter une autre plan sur la compagnie Fran...

à écrit le 24/09/2013 à 8:35
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avec 25% du capital, Air France a déjà un bras dans le concasseur. Soit AF remet au pot pour espérer rentabiliser son investissement, soit elle laisse filer vers le crash tout en espérant qu'un courageux fortuné va reprendre le manche et lui offrir u...

à écrit le 24/09/2013 à 7:43
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Avant de penser à sauver une autre compagnie, Air France serait bien inspirée de penser à se sauver elle-même ! Le cours de l'action se traîne lamentablement à -80% depuis plusieurs années. La "création de valeur" du business model actuel est bien pe...

à écrit le 24/09/2013 à 5:47
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Avec quell argent? La cocaine et les lingots d'or en douce dans les avions peut etre? On ne peut pas remplacer un cheval de trait par un poney pour gagner une course d'anglo-arabes!!! Allez, un peu de greves a CDG en attendant...

à écrit le 24/09/2013 à 1:21
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Je pense que Air France a tout à gagner ( ainsi que Alitalia! ) a une prise de contrôle du 2ème par le 1er. ... charge à Air France de bien négocier les dettes et la restructuration de la compagnie italienne ! Mais le destin des 2 compagnies est lié,...

le 25/09/2013 à 11:47
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En me relisant, je vois que j'ai oublié de préciser qu'avec Air Austral, le trajet Lyon-Orly se fait en train, charge au client de se porter les bagages, de se payer Orlyval, de courir un peu entre le train et l'avion, et de prévoir 1 h ou 2 de marge...

le 26/09/2013 à 18:58
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Province Paris, je le fais en avion : cela coute très peu. Pas d'Orlyval, et pas de soucis avec les bagages. Décembre 2012 : autre voyage transatlantique A.F 57% plus cher? que la compagnie classique que j'ai utilisé. (non lowcost) Pour Déc 2013, j'a...

le 27/09/2013 à 21:11
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Le vol intérieur coute peu...si on enchaine avec un long courrier de la même compagnie !!!

à écrit le 23/09/2013 à 21:00
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je pense que la réponse est facile: Si AF est ma société et mon argent ma réponse est NON Si je suis le patron d'AF et que c'est l'argent du contribuable ma réponse est OUI car je m'en fout

le 24/09/2013 à 21:49
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Je ne fais pas parti du personnel Air France, mais j'ai eu l'occasion de profiter des avantages des vols en R1 ... et des inconvénients qui vont avec : se faire débarquer pour surbooking voulait dire un rendez-vous professionnel manqué pour l'un des ...

à écrit le 23/09/2013 à 20:10
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Je n'y connais rien , je réside en hlm , mais Air France pourrait obtrnir une aide de l'Etat concernant le licenciement "volontaire" , je ne sais ce que l'on entend par ce terme , des plusieurs milliers d'emplois prévus , ce qui lui permettrai de s...

à écrit le 23/09/2013 à 19:30
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Air France-KLM doit-il sauver Alitalia ? REPONSE = NOOOONNNNNN tout simplement !

à écrit le 23/09/2013 à 18:34
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Une entreprise en mauvaise santé qui veut sauver une société en plus mauvaise santé , achetez des actions AIR FRANCE !!!!!

à écrit le 23/09/2013 à 18:31
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Air France a-t-elle le choix ? Peut-elle abandonner Alitalia aux griffes de Lufthansa, coiffée au poteau et trahie par Air One la dernière fois ? Charge à Air France d'assortir une augmentation de capital dans Alitalia par une offre préférentielle d'...

à écrit le 23/09/2013 à 16:42
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Air france doit elle sauver Alitalia.... je dirai plutôt "peut elle" car il faudra lourdement recapitaliser Alitalia.... la réponse est clairement non, AF subit sur ce marché depuis quelques mois ce que AZ subit depuis des années = plus les coûts bai...

à écrit le 23/09/2013 à 16:42
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Toute action de rapprochement avec Alitalia serait coûteuse et tout à fait inopportune.

à écrit le 23/09/2013 à 16:42
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un bon conseil ,evitez Marseille ,Nice ,et l Italie ,et touts les pays du Maghreb ,investissez en Allemagne et dans les pays du nord ,raisonnement primaire......... ! mais sage !!

à écrit le 23/09/2013 à 15:57
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La crise chez air France ? Je ne croie pas !!!

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