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Ukraine, "toutes les preuves doivent rester sur le lieu du crash" exige Obama (MH17, Malaysia Airlines)

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 18 juillet 2014 à 05:08 - Mis à jour le 18 juillet 2014 à 05:28

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Après le crash d'un Boeing de Malaysia Airlines, probablement abattu par un missile sol-air lors de son survol de l'Ukraine, Washington a appelé à une enquête "sans entrave". L'action de Malaysia Airlines a plongé ce vendredi à la Bourse de Kuala Lumpur et le prix du baril en Asie est en hausse.
Le crash de l'avion malaisien transportant 298 personnes dans une zone ravagée par la guerre civile en Ukraine suscitait vendredi la consternation de la communauté internationale, Washington appelant à une enquête "sans entrave" alors que des experts américains avançaient le tir d'un missile. Les autorités de Kiev et les séparatistes prorusses se sont immédiatement accusés d'être à l'origine d'un tir supposé avoir causé la catastrophe.

Washington appelle à un cessez-le-feu-immédiat

Le président américain Barack Obama a réclamé une enquête "rapide" et "sans entraves", lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays comptait 154 ressortissants à bord.

Washington est prêt à fournir "de l'aide immédiate en faveur d'une enquête internationale rapide, complète, crédible et sans entraves" en Ukraine, a assuré le Président américain. Pour cela, les Etats-Unis appellent "toutes les parties concernées -la Russie, les séparatistes prorusses et l'Ukraine- à un cessez-le-feu immédiat".

Des experts des services de renseignement américains estiment que le Boeing 777 de Malaysia Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur, a été abattu par un missile sol-air dont l'origine reste cependant encore incertaine. Les experts étudient leurs données pour savoir si l'engin a été tiré par les séparatistes prorusses, selon un responsable sous couvert de l'anonymat.

Plus tôt jeudi, Barack Obama avait appelé son homologue ukrainien Petro Porochenko, et les deux hommes avaient souligné que "toutes les preuves sur les lieux du crash" devaient rester en place jusqu'à ce que les enquêteurs internationaux "soient en mesure d'examiner tous les aspects de cette tragédie".

Des Français dans l'avion?

Le Canada a pointé la responsabilité russe. "Nous ne savons pas encore qui est responsable de cette attaque, mais nous continuons de condamner les actes d'agression militaire perpétrés par la Russie ainsi que l'occupation illégale de l'Ukraine (...) à la source du conflit actuel dans la région", a déclaré le Premier ministre Stephen Harper dans un communiqué.

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Plusieurs des passagers étaient en route vers l'Australie, via Kuala Lumpur, pour participer à la conférence internationale sur le sida, qui se tient tous les deux ans, ont indiqué vendredi les organisateurs. L'édition 2014 a lieu à Melbourne et démarre dimanche. Parmi eux, le chercheur néerlandais Joep Lange, figure internationale de la lutte contre le sida.

Outre les 154 Néerlandais à bord, l'avion transportait 43 Malaisiens (dont 15 membres d'équipage), 27 Australiens, 12 Indonésiens, 9 Britanniques, 4 Allemands, 5 Belges, 3 Philippins, un Canadien, selon le dernier décompte fourni par Malaysia Airlines vendredi matin. La nationalité des autres passagers est en cours de vérification. Le président français François Hollande a affirmé jeudi soir que "plusieurs Français pourraient avoir été" dans l'avion.

Sur le lieu du crash, où gisent éparpillés un grand nombre de corps, aucun signe d'éventuels survivants n'était visible jeudi soir, selon des journalistes de l'AFP. Des morceaux du fuselage déchiqueté, dont la queue de l'appareil avec le logo de Malaysia Airlines, ainsi que des bagages, étaient disséminés sur une vaste zone autour du village de Grabove, dans la région de Donetsk (est de l'Ukraine).

Des messages affichés - et parfois rapidement enlevés - sur des sites internet rebelles et des conversations interceptées par les services de sécurité ukrainiens laissent penser que l'appareil a pu être abattu par erreur par les rebelles, qui l'auraient pris pour un avion militaire ukrainien. Si jamais cette hypothèse, à traiter avec prudence, dans le contexte d'une virulente guerre de propagande et de désinformation, se confirmait, la position des séparatistes et de leur allié Vladimir Poutine se trouverait considérablement affaiblie face à la communauté internationale.

Mais, pour le président russe, c'est l'Ukraine qui "porte la responsabilité de cette terrible tragédie".

Malaysia Airlines, -15% à l'ouverture de la Bourse de Kuala Lumpur

Les marchés financiers européens et américains ont décroché jeudi après l'annonce du crash, intervenue pendant la nuit en Asie, les investisseurs craignant les conséquences d'une nette escalade des tensions dans cette région en crise et ses conséquences sur l'économie mondiale.

Vendredi, c'était au tour des Bourses asiatiques de reculer nettement. L'action de Malaysia Airlines, elle, a plongé de plus de 15% vendredi à l'ouverture de la Bourse de Kuala Lumpur. C'est le deuxième appareil perdu en quatre mois par la compagnie, après le MH370 mystérieusement disparu le 8 mars alors qu'il se rendait à Pékin.

"Dans l'histoire de l'aviation, il n'y a jamais eu une compagnie qui traverse deux catastrophes en l'espace de quatre mois. On ne peut donc pas s'appuyer sur le passé pour imaginer qu'elle puisse s'en sortir", a déclaré Mohshin Aziz, analyste chez Maybank Investment Bank, à l'agence Dow Jones Newswires.

L'action est descendue jusqu'à 0,185 ringgit en matinée, soit une chute de 17,8% par rapport à la clôture de la veille. Elle s'est redressée quelque peu ensuite et ne perdait plus que 13% en milieu de matinée.

Le prix du pétrole monte en Asie

Dans le même temps, les cours du pétrole continuaient de progresser vendredi matin en Asie, tendus, comme les autres marchés, par cet accident d'un avion de ligne en Ukraine, qui pourrait provoquer une escalade des tensions entre la Russie, producteur pétrolier, et les Occidentaux.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en août prenait 53 cent à 103,72 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord, livraison pour septembre, gagnait 65 cents à 108,54 USD.

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"Les prix montent en raison des craintes d'une intensification des sanctions sur la Russie, qui risquent de provoquer des représailles susceptibles d'affecter les exportations pétrolières du deuxième producteur mondial de brut", indiquent les analystes de CMC Markets dans une note à Singapour.

La veille, les cours avaient bondi après l'annonce du crash.

A New York, le baril de "light sweet crude" (WTI) avait grimpé de 1,99 dollar à 103,19 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord avait fini à 107,89 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 72 cents.

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