Crash d'Air Algérie: l'avion ne se serait pas désintégré en vol

latribune.fr

latribune.fr
C'est la conclusion, encore hypothétique, formulée jeudi par le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile français (BEA), Rémi Jouty, qui s'exprimait dans le cadre d'une conférence de presse deux semaines après le crash au Mali de l'avion d'Air Algérie, qui a fait 116 morts.
L'avion, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, se serait plutôt désintégré en s'écrasant, puisque les débris sont relativement rassemblés autour du point d'impact. "Cela n'exclut pas des dommages en vol", a tempéré Rémi Jouty.
Les données de navigation du vol récoltées par les enquêteurs depuis le 24 juillet, jour de la catastrophe, et détaillées devant la presse par le directeur du BEA et le président malien de la commission d'enquête, N'Faly Cissé, permettent de reconstruire partiellement le déroulé des événements, sans pourtant encore en révéler les causes.
Rémi Jouty a souligné que les enquêteurs n'excluaient à ce stade aucune hypothèse sur les raisons du crash de l'avion qui reliait Ouadagoudou à Alger, y compris celle d'une "action délibérée".
Rémi Jouty a confirmé que l'une des deux boîtes noires, celle qui enregistrait les échanges entre les pilotes et avec les contrôleurs du vol AH5017 d'Air Algérie, était pour le moment "inexploitable".
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Les experts continueront néanmoins de tenter d'exploiter les bandes magnétiques. Ils collecteront aussi des informations auprès des organismes au sol ayant eu des contacts avec l'avion et des autres appareils présents dans la zone.
Les enquêteurs ont pu en revanche décrypter la seconde boîte noire contenant les paramètres de vol (vitesse, altitude) et déterminer une première trajectoire.
La dernière information enregistrée à une seconde de l'impact révèle que l'appareil "volait à 380 noeuds (740 km/h) avec une vitesse verticale descendante extrêmement importante", a précisé Rémi Jouty.
Selon Rémi Jouty, "les écarts de route modérés ressemblent à un équipage qui cherche à cheminer au mieux pour éviter un système orageux".
Après avoir atteint une altitude de croisière de 9.500 mètres à une vitesse de croisière de 280 noeuds (518 km/h), l'appareil diminue progressivement sa vitesse à 160 noeuds (296 km/h). "Au bout d'un certain temps, l'altitude diminue aussi légèrement", a affirmé le directeur du BEA. Sur la partie finale, au nord du Mali, l'avion part en virage à gauche et se met à perdre rapidement de l'altitude, puis continue à descendre tout en continuant à tourner jusqu'au point d'impact.
Cependant, l'étude des paramètres de vol n'a pas confirmé à ce stade l'hypothèse d'un lien direct entre les mauvaises conditions météorologiques et le crash, malgré "de fortes variations en assiette longitudinale et en inclinaisons". Rémi Jouty a aussi précisé ne pas savoir si les pilotes ont fait une demande pour que l'avion soit dérouté, comme l'avait indiqué le ministre des Affaires Laurent Fabius. Ce dernier avait ajouté que l'appareil avait rebroussé chemin, ce que démentent les cartes montrées jeudi.
Un rapport d'étape sera présenté à la mi-septembre, a précisé le président malien de la commission.
Parallèlement, les gendarmes français envoyés sur la zone de l'accident sont revenus mercredi en France avec les restes humains prélevés à des fins d'identification des victimes. Cinquante-quatre Français figurent parmi elles.
À lire également
latribune.fr
L’industrie française repasse les 10 % du PIB, mais les usines continuent de fermer
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération