Retiré pendant le conflit avec les pilotes, le projet Transavia Europe est-il définitivement abandonné ? A court terme probablement, à plus long terme, rien n'est moins sûr. Mardi lors de son audition devant la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale, expliquant que ce retrait « constituait un affaiblissement stratégique » Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM a envisagé que le projet puisse un jour revenir sur la table.
Plus tard, en réponse à des questions des députés, il a levé toute ambiguïté en disant "que le projet était retiré et que la question ne se pose plus", avant de nuancer son propos quelques minutes :
Pour rappel, l'idée de Transavia Europe est de créer dans des pays autres que la France et les Pays-Bas, les deux pays dans lesquels sont respectivement basées Transavia France et Transavia Hollande, d'autres filiales disposant de personnels sous contrat locaux. Des bases d'exploitation au Portugal et en Allemagne étaient en effet à l'étude pour 2015. L'objectif était de constituer une compagnie low-cost paneuropéenne comme le sont Easyjet ou Ryanair, dans le but de profiter de la croissance du marché low-cost en Europe mais aussi de maintenir les positions du groupe Air France sur le continent.
Une stratégie qui a fait bondir les syndicats de pilotes, mais aussi d'hôtesses et de stewards et au sol, qui y ont vu un projet de "délocalisation de l'emploi français", synonyme de "dumping social". Des arguments qu'a une nouvelle fois rejeté Alexandre de Juniac devant les députés, évoquant que "Transavia Europe a été utilisée de manière tactique" par les syndicats.
La priorité est donc Transavia France. Alexandre de Juniac a expliqué sa volonté de faire passer Transavia France de 14 à 37 avions, "peut être plus et peut être plus rapidement". La direction veut en effet monter en puissance dès avril prochain.
Mais faute d'accord sur Transavia France durant le conflit, l'accord sur la création de Transavia France demeure. Signé entre la direction d'Air France et le SNPL, il limite la flotte de la compagnie à 14 avions.
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Un spécialiste du transport aérien explique :
Appelées "scope clause", ces accords précisent que les avions des filiales doivent être d'une taille inférieure (la limite varie selon les compagnies. Elle est fixée à 110 sièges à Air France) pour ne pas rogner sur le marché de la compagnie-mère. "Mais les règles de fonctionnement sont identiques", précise le spécialiste.
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En 2007, le SNPL et la direction se sont accordées pour déroger à cette scope clause en définissant pour Transavia France, compagnie disposant d'avions de près de 180 sièges, des règles de condition de travail et de rémunération spécifiques. "Juridiquement, il s'agit d'un accord dérogatoire à un accord de périmètre", précise la même source.
Pour aller au-delà de 14 avions, la direction doit soit parvenir à négocier un accord avec les syndicats, soit dénoncer cet accord. Alexandre de Juniac n'a pas évoqué la dénonciation.
"Le temps presse si on veut être prêt pour avril 2015". Selon Alexandre de Juniac, "le contact avec les syndicats est repris. La raison peut peut être revenir".
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>>> VIDEO L'intervention de Alexandre de Juniac
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