Air France : le retrait de Transavia Europe, un mal pour un bien ?

Alors que le bras de fer continue entre la direction et les pilotes d’Air France, toujours en grève, La Tribune revient sur la concession de la direction de ne pas développer Transavia à l’étranger.
Fabrice Gliszczynski
Les négocioations avec les pilotes portent aujourd'hui sur Transavia France
Les négocioations avec les pilotes portent aujourd'hui sur Transavia France (Crédits : reuters.com)

Le retrait par la direction d'Air France du projet Transavia Europe est-il vraiment une mauvaise chose pour Air France-KLM? Si l'on en croit l'énergie déployée par le PDG du groupe, Alexandre de Juniac, il y a plus de 15 jours lors de la présentation du projet, pour justifier le bien-fondé de la création de filiales en Europe, leur retrait porte un coup dur au Plan Perform 2020, qui doit débuter début 2015.

Croissance sélective

Ce plan, très ambitieux sur le plan financier et stratégique, vise à permettre à Air France-KLM de "capter la croissance", de manière sélective. Devant les analystes, le 11 septembre dernier, trois cibles ont été identifiées: la maintenance, le long-courrier à travers des partenariats, et la filiale à bas coûts Transavia (aujourd'hui composée de Transavia Hollande et Transavia France) pour en faire l'une des cinq plus grosses low-cost d'Europe d'ici à trois ans avec un doublement de la flotte d'avions d'ici à 2017, à 100 appareils.
Ce développement passait par la croissance de Transavia France, limitée aujourd'hui à 14 avions, par un accord avec les pilotes d'Air France, et par la création de Transavia Europe, une structure permettant d'ouvrir des bases d'exploitation ailleurs qu'en France et aux Pays-Bas avec du personnel disposant de contrats locaux -le meilleur moyen de capter la croissance du marché low-cost en Europe qui a augmenté de 12,5% entre 2007 et 2013.

Défense d'Orly

Dans ce projet, Transavia affichait donc un volet offensif de gains de parts de marché (Transavia Europe) et un volet défensif : celui de contre-attaquer les low-cost étrangères en France, à Orly en particulier. En effet, sans développement de Transavia France, Air France serait incapable de maintenir ses positions face aux low-cost et risquerait fort de fermer des lignes, libérant ainsi des créneaux horaires de décollage à la concurrence.

Risque d'échec

En lâchant Transavia Europe sous la pression des pilotes qui la considérait comme un outil de délocalisation de l'emploi français, Air France n'a donc conservé que l'aspect défensif de Transavia. Ceux qui prêchaient cette stratégie le regrettent. D'autres, plus pragmatiques sont plus réservés.

"Le risque d'exécution de Transavia Europe était très important", explique Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities.

Partie de rien, elle devait s'imposer à l'étranger face à des Ryanair ou Easyjet fortement installées, alors même que sa notoriété reste à prouver en dehors des marchés français et néerlandais. En outre, au-delà de sa structure de coûts qui s'approche de celles des meilleures low-cost, Transavia dispose d'une expérience modeste de la commercialisation directe auprès des voyageurs. Jusqu'ici son modèle était en effet un modèle mi-charter-mi-low-cost, avec une bonne part d'avions remplis par les tour-opérateurs.

La croissance de Transavia France va-t-elle compenser?

Le retrait du projet permettra non seulement de réduire l'enveloppe des investissements (1 milliard d'euros était prévu) mais aussi d'anticiper les bénéfices attendus du pôle Transavia. Pour autant, pour que l'abandon de Transavia Europe soit bien un moindre mal, Yan Derocles estime qu'il faudrait muscler davantage Transavia France au-delà des 37 avions jusqu'ici annoncés par la direction.

Fabrice Gliszczynski

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Commentaires 14
à écrit le 28/09/2014 à 13:33
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les pilotes se comportent comme des enfants gâtés, sans tenir compte de l'intérêt des passagers et surtout de la compagnie. Leur grève met en jeu la viabilité de celle-ci. De nombreuses compagnies ont fait faillite et ont donc été rachetée. Est ce qu...

à écrit le 26/09/2014 à 23:47
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Easy et Ryannair sont des champions qui gagnent beaucoup d' argent . Elle investissent massivement dans une flotte 2 fois plus jeune que celle d' AF , dans une maintenance top en Suisse entre autre et la sécurité qui peut facilement en remontrer à AF...

le 27/09/2014 à 11:26
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à écrit le 26/09/2014 à 19:21
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Easyjet 1ere compagnie à Nice en 2013 et à ce rythme 1ere compagnie en 2014. C'est parfait, pas de grève et des billets moitié moins cher

à écrit le 26/09/2014 à 18:11
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chez easyjet et consorts !!!!!!!!!!

à écrit le 26/09/2014 à 17:52
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@Matheo sauf que la concurrence dans ce domaine est complétement faussée et que les compagnies européennes doivent à la fois lutter contre les compagnies low-coast qui utilisent systématiquement le dumping social (voir en fraudant les législations d...

le 26/09/2014 à 18:48
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Intéressant... Vous parlez de dumping social, pouvez vous nous en dire plus sur les deux seules compagnies opérants en France condamnées à ce jour? Pour rappel, il s'agit d'Air France et d'EZY. Pouvez vous nous parler des subventions que perçoit Air ...

le 27/09/2014 à 11:07
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Oui Easyjet en 2010 pour avoir fait travailler des salariés français sous contrat anglais : 1,4 millions d'Euro à rembourser aux organismes sociaux Ryanair en 2013 pour travail dissimulé sur sa base de Marseille : 9millions d'Euro à verser aux orga...

le 28/09/2014 à 8:22
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et les 3 milliards d'euros que AIR FRANCE atouché dans les années 90, c'est pas des subventions???

à écrit le 26/09/2014 à 17:40
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Le déclin d'airfrance va favoriser les compagnies du Golf. AF devra ainsi sans doute s'allier avec au moins une d'entre elles (voir l'exemple ALITALIA). Bravo les pilotes !

à écrit le 26/09/2014 à 17:35
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Un mal pour un bien ? On dirait les propos de Georges Bonnet et Alexis Leger en 1938 ....

à écrit le 26/09/2014 à 16:14
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alors mr walls c'est pour quand le droit de travailler pour les non grevistes ?????

à écrit le 26/09/2014 à 16:14
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tranavia europe etait ni plus ni moins que de la délocalisation avec une forte menace pour l'emploi français mais aussi sur la CRPN! Pourquoi personne ne pose la bonne question, surtout nos chers amis politiciens! D'où vient le vrai problème? Ne sera...

à écrit le 26/09/2014 à 16:09
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puisque notre gouvernement est trop lache,le droit à l concurrence europeen s'en chargera et coulera nos compagnies

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