Un grand nombre d'hélicoptères interdits de survoler Paris

Une réglementation européenne interdisant aux hélicoptères monomoteurs de survoler les zones habitées entre en vigueur le 28 octobre. Sur l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux, 78% des vols privés et commerciaux seraient menés en monomoteur.
Fabrice Gliszczynski

4 mn

Ce changement réglementaire tourne au casse-tête à Paris. Car 78% des vols privés et commerciaux sur l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux, sont menés en monomoteur, explique Dominique Orbec, président de l'Union française de l'hélicoptère.
Ce changement réglementaire tourne au casse-tête à Paris. Car "78% des vols privés et commerciaux sur l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux, sont menés en monomoteur", explique Dominique Orbec, président de l'Union française de l'hélicoptère. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Une grande partie des vols privés commerciaux d'hélicoptères va-t-elle disparaitre à Paris ? C'est la crainte de l'Union française de l'hélicoptère avec l'entrée en vigueur, mardi 28 octobre, de la réglementation IR-OPS publiée deux ans plus tôt par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Celle-ci interdit, pour le transport public, les survols en hélicoptères monomoteurs de zones habitées ne disposant pas d'aires de recueil immédiat. Seuls les hélicoptères équipés de deux moteurs "performants" (ceux d'ancienne génération en sont exclus) pouvant assurer "des opérations en classe de performances 1" sont autorisés. C'est-à-dire, explique le site de la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), des hélicoptères pouvant assurer des opérations «avec des performances telles que, en cas de défaillance du groupe motopropulseur le plus défavorable, l'hélicoptère peut soit atterrir dans la distance utilisable pour le décollage interrompu, soit poursuivre le vol en sécurité jusqu'à une aire d'atterrissage appropriée, selon le moment où la défaillance survient».

"La mort d'une profession"

Ce changement réglementaire tourne au casse-tête à Paris. Car "78% des vols privés et commerciaux sur l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux, sont menés en monomoteur", explique Dominique Orbec, président de l'Union française de l'hélicoptère, précisant qu'"il en est d'ailleurs de même pour l'ensemble des aéroports et hélistations situés en zones habitées".

Et d'ajouter : "Nous avons toujours volé en monomoteur à Paris et il n'y a jamais eu d'accident. Les hélicoptères sont encore plus fiables aujourd'hui qu'il y a une dizaine d'années. En cas de pannes moteur, qui restent rarissimes (statistiquement, elles concernent d'ailleurs plus les bimoteurs), il y a suffisamment de points de recueil pour se poser comme les stades, un court de tennis, les jardins publics... L'application stricte de cette réglementation va tuer les exploitants hélicoptéristes en France."

Géré par Aéroports de Paris, l'héliport d'Issy-les-Moulineaux se situe au sud de la capitale, au sud de la porte de Sèvres et du périphérique. Une zone dont les alentours se sont densifiés ces dernières années, rappelle-t-on à la DGAC, avec la construction des tours de Seine et prochainement du "Pentagone à la française". L'héliport accueille 12.000 mouvements (atterrissages et décollages) par an.

Le règlement est incontournable", dit la DGAC

Les exploitants d'hélicoptères demandent à la DGAC "d'ajourner la mise en œuvre de cette réglementation pour la remettre à plat". "Il existe un tas de dispositions opérationnelles comme le temps d'exposition ou une redéfinition plus souple des zones autorisées."

Pour la DGAC, il n'en est pas question.

"Le règlement est clair et incontournable  Il a été publié le 28 octobre 2012, après de longs mois de discussions. Il y a eu deux ans de délai", réplique Maxime Coffin, chef de la Mission aviation générale et hélicoptère à la DGAC, qui reconnaît "un problème de conformité réglementaire compliqué".

Comment vont réagir les assureurs?

L'activité de la vingtaine d'hélicoptères basés à l'héliport d'Issy-les-Moulineaux va-t-elle s'arrêter ce mardi ? Si l'Union française de l'hélicoptère affirme que les opérateurs se verront contraints de cesser leur activité à partir du 28 octobre, Maxime Coffin estime qu'"il n'y aura pas un arrêt brutal de l'activité". Car, si les exploitants continuent de faire voler des monomoteurs, explique-t-il, "la DGAC relèvera un écart [une infraction, Ndlr]". Dès lors qu'un écart est relevé, les entreprises concernées disposeront de plusieurs semaines pour prendre des mesures concrètes pour se mettre en conformité. Mais cela se fera sous le regard de la réglementation européenne, prévient Maxime Coffin. Pas si simple néanmoins, car les assureurs peuvent refuser de suivre les exploitants hélicoptéristes si ces derniers se trouvent en infraction.

Et un renouvellement du parc d'hélicoptères pose évidemment la question du coût pour les exploitants, déjà fragilisés par la crise.

Fabrice Gliszczynski

4 mn

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Commentaires 23
à écrit le 14/11/2014 à 15:38
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Une raison de plus pour que tout ce beau monde d'exécutifs et grands patrons quittent Paris et la France pour aller s'installer ailleurs.

à écrit le 05/11/2014 à 14:44
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Un riverain a écrit le 28/10/2014 à 13:26 : Je suppose que vous n'êtes pas le père d'un jeune qui n'arrête pas de faire pétarader sa pétrolette débridée à deux roues et même assez souvent à quatre roues beaucoup plus gênants que l'aéronautique. M...

à écrit le 28/10/2014 à 23:19
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Les prévisionnistes annoncent 3 millions de chômeurs à venir, grace à la robotisation. Le choix du chômage est fait depuis longtemps car les robots ne font pas grêve, ne touchent pas d'allocations chômage ni d'allocations familiales et autres prélève...

à écrit le 28/10/2014 à 13:26
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Mais alors à Marignane et encore plus à Saint Victoret, où les hélicoptères d'Eurocopter empoisonnent la vie des riverains, il va y avoir moins de nuisances ! Si cela pouvait être vrai !

à écrit le 28/10/2014 à 12:46
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Une anecdote mérite d'être comptée: il était une fois l'alouette 3 (mono turbine), en service pendant des dizaines d'années, tant au civil qu'au militaire, et qui équipait notamment la gendarmerie pour le secours en montagne. Arriva la nouvelle géné...

à écrit le 27/10/2014 à 23:58
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"Il a été publié le 28 octobre 2012, après de longs mois de discussions." Pas de précisions sur ces discussions ?

à écrit le 27/10/2014 à 21:24
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L’hélicoptère bi-moteur c’est : - 50% plus cher à l’heure de vol que le même hélicoptère en monomoteur, il n’y a que la DGAC qui peut croire que le marché est prêt à payer un prix 50% plus cher du jour au lendemain. - Plus de bruit que le mono et...

à écrit le 27/10/2014 à 20:46
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Ca fera moins de bruit pour des vols privés de pdg. tant mieux.

le 27/10/2014 à 21:44
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2% des heures de vol d'hélicoptères servent aux déplacements de PDG (deux %) +- 30 % des heures correspondent au Samu et sauvent des vies chaque jour +- 30 % sont de la surveillance de lignes EDF et de pipes lignes grâce à ces vols vous n'avez pas ...

le 28/10/2014 à 8:53
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Aucune des applications que vous énumérez n'est concernée par la nouvelle réglementation qui s'applique aux aéronefs effectuant du transport de passagers à la demande au dessus de zones fortement habitées.

à écrit le 27/10/2014 à 18:26
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Alors fini le bordel organise des balais ,dhélicos sur nos tète ? a mois que ce ne soit valable que pour pa

le 15/11/2014 à 11:35
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Cela ne concerne pas les vols de service public et militaires...

à écrit le 27/10/2014 à 16:01
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Si on comprends bien l'article, cela fait deux ans que cette "nouvelle" réglementation a été rendue publique ? Donc pendant 24 mois, les "professionnels" de l'hélicoptère n'ont rien fait pour alerter les pouvoirs publics sur les conséquences de cette...

à écrit le 27/10/2014 à 14:24
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L'helicoptere qui est tombe a Londres car il s'est pris une grue et on ne sais pas trop pourquoi car le pilote etait experimente. Si Londres etait Paris, je suis a peu pres sur qu on aurait reglementer les grues pour eviter ce genre d'accident! ;-)

à écrit le 27/10/2014 à 14:16
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La France se plie encore aux caprices de l’UE alors que de nombreux pays de l’UE vont s’affranchir de cette nouvelle norme. La réaction de ne retenir que des « écarts » en cas d’infraction des sociétés hélicoptéristes est tout aussi symptomatique l’...

le 29/10/2014 à 17:56
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les fantaisies européennes ont été votées par NOS députés également...on vote alors un texte pour ensuite crier au loup 24 mois après alors que tout le monde se tient par la "barbichette"....

à écrit le 27/10/2014 à 13:59
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Encore une réglementation soi-disant européenne débile qui entrave l'activité économique sans raison ... Quand est-ce que les Français vont enfin se réveiller et jeter ces idioties aux orties ? En attendant la France se vide de ses forces vives ...

le 27/10/2014 à 16:11
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Ils avaient plus de 24 mois pour voir venir... pas de quoi pleurer...

le 28/10/2014 à 9:03
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Ah oui, en 24 mois si votre entreprise devrait s'offrir des hélicos à 5M€ pièce et 2500€ de l'heure de vol plutôt qu'1M€ et 1200€ HDV vous y arriveriez ? On ne parle pas de renouveler une flotte de voitures sans airbags.

à écrit le 27/10/2014 à 13:42
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En France toujours en retard d une guerre !

à écrit le 27/10/2014 à 13:12
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Ils font comment ailleurs en Europe ? Londres, Bruxelles, Rome ....

le 27/10/2014 à 15:31
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effectivement c'est l'info que j'aurais bien voulu trouver dans cet article...

le 27/10/2014 à 17:06
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Le pire se sont les hélicoptères de secours passés obligatoirement au bi turbine depuis des années et dont le prix de l'heure a explosé..... en diminuant l’utilisation pour des pannes qui arrivent plus en biturbine qu'en monoturbine. Ceux dont la ...

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