Aéroports : redressement spectaculaire des résultats financiers d'ADP

Au plus bas il y a un an, le groupe ADP vient de signer un redressement spectaculaire en capitalisant sur une dynamique de trafic associée à une maîtrise des coûts. Les volumes ont beau être encore faibles comparés aux niveaux d'avant-crise, les marges se rétablissent vite et le retour dans le vert est espéré dès cette année.

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Les aéroports parisiens ont largement amélioré leurs résultats en 2021.
Les aéroports parisiens ont largement amélioré leurs résultats en 2021. (Crédits : Sarah Meyssonnier)

C'est un sacré second semestre qu'a réalisé le groupe ADP (Aéroports de Paris) en 2021. Le redressement amorcé l'été dernier, qui s'était déjà constaté dans les chiffres de trafic, s'est confirmé dans les résultats financiers annuels. Si l'année reste sans surprise déficitaire, le groupe aéroportuaire a quasiment atteint l'équilibre en termes de résultat opérationnel. La récupération du trafic doit se poursuivre en 2022 et conduire à un retour aux bénéfices annuels.

Au vu de la brutalité de la crise qui a frappé son groupe en 2020, Augustin de Romanet peut être satisfait. Comme le signale le PDG des aéroports parisiens, tous les indicateurs sont repassés à la hausse au cours de l'année écoulée. Même s'il rappelle que l'effet de base est important en raison de la dégringolade des résultats en 2020, la tendance reste largement positive.

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Retour des revenus

Le chiffre d'affaires augmente de près de 30 % par rapport à 2020, pour se situer à 2,8 milliards d'euros. Pour rappel, il n'excédait pas 1 milliard d'euros au premier semestre. Ce retour des revenus est largement le fait de l'amélioration du trafic, qui atteint 160 millions de passagers l'an dernier (+37 %). C'est quasiment la moitié du trafic d'avant la crise.

Malgré une hausse plus modérée de leur nombre de voyageurs (+27 %) que pour le reste du groupe, les aéroports parisiens sont les principaux contributeurs à cette croissance du chiffre d'affaires, tant sur les revenus aéronautiques (+169 millions d'euros) que les redevances commerciales (80 millions d'euros). Le chiffre d'affaires par passager est ainsi passé à un "niveau historique" de 21,6 euros, comme le détaille Philippe Pascal, directeur financier du groupe.

A l'international, les filiales Airport International Group (AIG) et TAV Airports connaissent également une croissance organique de leurs chiffres d'affaires respectifs, auxquels il faut ajouter l'apport de l'aéroport d'Almaty, intégré en mai 2021.

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Amélioration financière sensible

Cette croissance généralisée des revenus transparaît dans l'Ebitda, positif à 751 millions d'euros. C'est 4 fois plus qu'en 2020. Philippe Pascal note là aussi une prédominance de la reprise du trafic et des aéroports parisiens dans l'amélioration de l'Ebitda, mais précise que celle-ci tient aussi largement à la maîtrise des coûts. Pour Paris Aéroports uniquement, la hausse des charges courantes de 2 % est ainsi à mettre en regard avec la hausse de 27 % du trafic.

Comme le concède Augustin de Romanet, cette maîtrise des coûts tient en partie à la politique d'adaptation pratiquée à Roissy et Orly avec plusieurs terminaux fermés - les aéroports parisiens n'ayant récupéré que 39 % de leur trafic d'avant crise - mais aussi aux mesures sociales prises. Celles-ci consistent principalement en une rupture conventionnelle collective (RCC), avec 1.150 départs dont 700 départs non remplacés, et des baisses de rémunération.

La progression la plus impressionnante reste celle du résultat opérationnel courant, qui atteint presque l'équilibre avec un léger déficit de 29 millions d'euros. Celui-ci était de plus de 1,1 milliard d'euros en 2020. Le résultat net s'améliore dans des proportions quasi-similaires, avec un déficit qui passe de 1,2 milliard d'euros en 2020 à 248 millions l'an dernier.

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Retour dans le vert en 2022

Les dirigeants d'ADP entendent désormais poursuivre ce redressement l'an prochain. Ils confirment leur objectif de retrouver entre 65 et 75 % du trafic de 2019 sur les aéroports parisiens l'an prochain pour un retour à la normale entre 2024 et 26. Et ils annoncent désormais viser une fourchette entre 70 et 80 % pour l'ensemble du groupe en 2022, avec un retour au trafic d'avant crise entre 2023 et 2324.

Là aussi, cette hausse de trafic doit se traduire par une amélioration des résultats financiers avec une marge d'Ebitda comprise entre 30 et 35 % en 2022, avec l'objectif de tendre vers les 40 % en 2025. Le retour à un résultat net positif est donc prévu dès cette année.

Ce redressement doit s'accompagner de la mise en place d'une nouvelle feuille de route stratégique pour la période 2022-2025. Baptisée "2025 Pioneers" et tout juste adopté en conseil d'administration, elle se veut une révolution pour la construction d'un modèle aéroportuaire durable

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