Jean-Marc Janaillac, le Pdg d'Air France-KLM et président d'Air France, sort du bois. A la veille d'un cinquième jour de grève, ce samedi, à l'appel d'une intersyndicale composée de 10 syndicats qui demandent une hausse de salaire de 6%, Jean-Marc Janaillac a réitéré ce vendredi sur RTL la position de la direction.
Alors que les syndicats exigent une hausse de 6% pour rattraper le gel des grilles salariales depuis 2011 (les pilotes demandent 4,7% supplémentaires), estimant que l'entreprise a les moyens de le faire après avoir dégagé un résultat opérationnel de 588 millions d'euros l'an dernier, Jean-Marc Janaillac a rappelé qu'il ne pouvait distribuer la moitié de ce résultat.
En effet, le coût de la hausse de 6% (équivalant à 240 millions d'euros), combinée au niveau de l'intéressement accordé (60 millions) s'élèverait à 300 millions d'euros pour la compagnie. S'il admet que les grilles de salaires étaient gelées depuis 2011, Jean-Marc Janaillac a rappelé que les rémunérations, elles, ont, pour la très grande majorité des salariés, augmenté à un niveau supérieur à l'inflation du fait du GVT ("glissement vieillesse technicité") ou des promotions.
La direction reste donc campée sur sa hausse de 1% pour tous, assortie d'une enveloppe d'augmentations individuelles pour le personnel au sol équivalent à 1,5% de hausse (les augmentations individuelles des navigants sont régies par des accords spécifiques) et propose un rattrapage pour ceux dont les rémunérations n'auraient pas augmenté au niveau de l'inflation entre 2011 et 2017 (10% des salariés environ). Comme l'a fait Lufthansa, elle propose aussi aux pilotes un accord « gagnant-gagnant » dans lequel des hausses de rémunération pourraient être déclenchées en contrepartie de mesures permettant à l'entreprise de faire des économies et de la croissance.
Vu tous les points qu'ils peuvent négocier dans ce cadre (feu vert au développement de Transavia, par exemple), les pilotes peuvent d'ailleurs espérer gagner beaucoup d'une telle négociation. Présentée aux pilotes ce jeudi, la proposition a été refusée.
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Au-delà du cinquième jour de grève de ce samedi, 6 autres jours de grève ont été posés en avril. Au-delà du coût direct de la grève (25 millions par jour), le coût indirect sera lui aussi considérable car le mouvement pèse sur les prises de réservations pour la très lucrative période estivale. Le conflit est bien parti pour être l'un des plus coûteux de l'histoire d'Air France.
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Dans ce contexte, le SPL, un nouveau syndicat de pilotes affilié à la CFDT, demande à la direction de "rénover le dialogue social en s'adressant directement aux salariés de l'entreprise".
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