Air France-KLM : la dernière copie du plan de sauvetage

 |  | 822 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : Reuters)
L'annonce du soutien de la France et des Pays-Bas au groupe aérien est imminente. En voie de finalisation, les négociations portent sur une enveloppe de prêts garantis par les États et des prêts directs de ces derniers d'environ 10 milliards d'euros. Mais la répartition de ce montant entre Air France et KLM a bougé. Air France est sur le point d'arracher environ 7 milliards d'euros, KLM entre 3 et 3,5 milliards d'euros.

L'annonce du plan de sauvetage d'Air France-KLM est imminente. Ayant un besoin urgent d'argent frais au troisième trimestre pour survivre, le groupe de transport aérien va bénéficer de liquidités lui permettant de tenir pendant 18 mois. De quoi passer la crise actuelle, affronter la reprise et financer même une partie de la restructuration d'Air France. Pour rappel, chaque compagnie négocie de son côté ses prêts avec son État et ses banques. Les négociations ne sont pas encore totalement terminées. Elles portent toujours sur une enveloppe de prêts d'environ 10 milliards d'euros comme La Tribune l'indiquait le 14 avril. Mais la répartition de ce montant entre Air France et KLM a bougé. Air France, qui estimait ses besoins "autour de huit milliards d'euros", est sur le point d'arracher des prêts d'environ 7 milliards d'euros, selon des sources concordantes, confirmant un chiffre avancé récemment par Médiapart.

Selon nos informations, KLM négocie de son côté un prêt d'environ 3 milliards d'euros, voire 3,5 milliards d'euros, et non plus de deux milliards d'euros comme c'était le cas il y a une quinzaine de jours encore. Ce dernier montant ne permettait pas de tenir 18 mois. Trois milliards semblent suffisants, mais KLM cherche néanmoins à obtenir 500 millions supplémentaires pour avoir plus de marges de manoeuvre.

Tant pour Air France que pour KLM les prêts seront de deux types : un prêt bancaire garanti par l'État (à hauteur de 90% en France) et un prêt direct de ce dernier pour soulager les banques, réticentes à prendre en charge la totalité des prêts. Ces derniers seront assortis de conditions environnementales et d'amélioration de la compétitivité pour transformer le groupe.

"Les travaux que nous faisons, c'est évidemment l'engagement responsable de l'ensemble du management par rappport à ces prêts. Cet engagement, c'est évidemment de continuer ce qui a été fait en réaction immédiate à la crise, c'est-à-dire des économies assez drastiques, mais également de faire en sorte que ces économies soient profitables pour une transformation de nos compagnies et de l'ensemble du groupe", indiquait mercredi Anne-Marie Couderc, la présidente d'Air France-KLM, lors d'une audition au Sénat.

La question du timing de l'annonce

La question du timing de l'annonce reste floue. Mercredi, Anne-Marie Couderc avait indiqué qu'il pourrait y avoir un décalage entre l'annonce du plan pour Air France et celle pour KLM. Hier soir encore, certaines sources maintenaient ce décalage en précisant que l'annonce française pourrait avoir lieu ce vendredi. D'autres sources assuraient néanmoins que les Pays-Bas insistaient pour une annonce commune. Si tel était le cas, il faudrait donc attendre quelques jours, le temps pour le gouvernement néerlandais d'aller plus avant dans ses discussions avec le Parlement. Par ailleurs, selon certaines sources, La Haye tenterait d'utiliser sa participation au sauvetage de KLM, et donc du groupe, pour arracher une plus grande influence dans la gouvernance d'Air France-KLM qu'il ne parvient pas à obtenir après avoir raflé l'an dernier 14% du capital.

Lire aussi : Air France-KLM : le coup d'épée dans l'eau de l'État néerlandais

Reprise poussive

Même si une augmentation de capital sera nécessaire dans un second temps selon certains bons connaisseurs de l'entreprise ("il faudra commencer à en parler à l'automne", assure l'un d'eux), Air France-KLM et ses filiales reçoivent un grand bol d'oxygène. Au-delà de la crise actuelle marquée pas l'arrêt quasi-complet de l'activité, la reprise s'annonce longue et difficile. N'assurant plus que 2 à 3% de son programme, Air France envisage une reprise très progressive de ses vols en juin d'abord sur le réseau intérieur, puis peut-être sur des lignes européennes en juillet, et ne s'attend pas à une vraie reprise à l'international (hors Europe) avant septembre. En interne, le directeur général d'Air France-KLM, Ben Smith, dit espérer atteindre d'ici à la fin de l'année un niveau d'offre de 60 à 75% par rapport à ce qui était prévu avant la crise, et au mieux de 80 % fin 2021.

Restructuration

Pour être en mesure d'assurer les remboursements alors que l'activité pourrait ne pas revenir à son niveau de 2019 avant 2022, Air France prépare un plan choc de restructuration pour atteindre d'ici à deux ans les objectifs fixés initialement pour fin 2024. Cela passe par la réduction des coûts fixes, la baisse des coûts dans les fonctions support et la réorganisation du marché domestique. La combinaison d'une réduction d'activité et des effets des gains de compétitivité vont générer des sureffectifs. Un ou des plans de départs volontaires pourraient être déclenchés. "Il faut repenser notre modèle", martelle le directeur général d'Air France-KLM, Ben Smith.

Lire aussi : Air France, HOP, Transavia : Ben Smith prépare un plan choc de reconstruction

Lire ici nos dernières informations : la confirmation par Bruno Le Maire d'une aide historique

 L

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/04/2020 à 15:50 :
Les enjeux pour l’economie Française et plus particulièrement l’Île de France sont considérables.
Air France c est plus de 200 000 emplois directs et indirects.
Air France est une vache à lait précieuse pour l’Etat Français. En effet depuis près de 20 ans Air France a versé plus de 160 milliards d’euros à l’Etat sous forme de taxes, charges sociales, redevances et impôts. Sans oublier que Air France est un champion à l’export, 50% de sa clientèle long courrier est étrangère.
Donc oui la France a un besoin vital d’Air France, et ne soyons pas dupe ce n est pas Ryanair et consorts qui pourront compenser tant en terme d’emploi que de recette pour les caisses de l’etat la disparition d’Air France.
a écrit le 24/04/2020 à 14:58 :
Soutien total au plan de Benjamin Smith. Il serait encore plus efficace s'il adoptait le PIAF.Lorsqu'un secteur économique français a adopté ce schema il s'en est si bien sorti que le gouvernement (droite comme gauche) n'a cessé de le peaufiner au fil des ans.
a écrit le 24/04/2020 à 14:21 :
Debilite du commentaire ..pitoyable de betises
a écrit le 24/04/2020 à 12:22 :
Bonjour,
Je travail à af, et je suis indigné également.
Payé des milliers de personnes qui n'ont rien à faire.
Honteux
Réponse de le 24/04/2020 à 14:36 :
Et bien allez jusqu'au bout de vos idées, soyez courageux : démissionnez vous ne ferez plus partie des gens payés à rien faire !!!
a écrit le 24/04/2020 à 10:57 :
a entendre ces discours d autosatisfaction de nos politiques rien de rassurant
a écrit le 24/04/2020 à 9:20 :
10 milliards pour des avions qui ne voleront plus et on manque de masques. Ok si Air France met ses salariés à la couture. Comme cela, on n’aura pas non plus la pollution au co2
a écrit le 24/04/2020 à 8:26 :
que ce soit air France ou l'autre iata qu'il arrete de pleurer
chaque jour depuis deux mois
et confie la somme qu'il réclame a modernise la sncf
plus de train
Réponse de le 24/04/2020 à 10:20 :
Les quelques 45 milliards d’euros directement pris en charge par le contribuable (pour la SNCF on ne parle pas de prêt mais bien de renflouement...) ne vous suffise donc pas ?
Réponse de le 24/04/2020 à 12:39 :
SNCF, peu pratique pour les relations ultramarines ...
Réponse de le 24/04/2020 à 19:35 :
sncf = gouffre à fric, tonneau des danaides, gaspillage éhonté de NOTRE ARGENT pour un résultat pitoyable

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :