Air France-KLM cherche à obtenir des aides d'Etat d'environ 10 milliards d'euros
Fabrice Gliszczynski
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Charles Platiau
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Prêt bancaire garanti par l'Etat, recapitalisation, voire nationalisation, "tout est possible, tout est envisageable, tout est prêt", déclarait la semaine dernière le ministre de l'économie Bruno Le Maire au sujet de l'aide "massive" qu'apporterait l'Etat à Air France et par conséquent à sa maison-mère Air France-KLM dont il détient, comme l'Etat néerlandais, 14% du capital.
Rejetée par le directeur général du groupe Ben Smith, la nationalisation semble une réponse en dernier recours, et le prêt bancaire garanti par l'Etat reste le schéma de travail privilégié. Son montant fait l'objet de négociations serrées. Selon des sources internes à Air France-KLM, le groupe aérien demande plus que les six milliards d'euros évoqués dans la presse la semaine dernière et les négociations avec l'Etat et les banques portent sur une aide "autour de dix milliards d'euros", dont près de 8 milliards pour Air France.
Le montant de 6 milliards d'euros de prêts bancaires garantis par l'Etat français et néerlandais (répartis à hauteur de 4 milliards par Air France garantis par Paris et 2 milliards d'euros pour KLM garantis par La Haye), constitue un montant minimum. Il correspond à l'un des critères fixé par Bruxelles pour calculer le montant d'un prêt garanti par les Etats : 25% du chiffre d'affaires annuel 2019 de l'entreprise garantis au maximum à 90%.
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Aussi importante soit-elle, la somme de six milliards d'euros est deux fois moins importante que celles évoquées dans d'autres pays pour soutenir des groupes de taille équivalente (Lufthansa), voire plus petite (Singapore Airlines), et risque "d'être un peu juste", selon une source interne. Elle pourrait éventuellement suffire dans un scénario de reprise relativement soutenue dès le mois de juillet comme le groupe l'espérait encore récemment, mais ce schéma optimiste n'est plus partagé par grand monde aujourd'hui. Air France-KLM perd 25 millions d'euros par jour et dispose de liquidités (six milliards d'euros il y a un mois) pour tenir jusqu'en septembre.
Fabrice Gliszczynski