Air France-KLM : la Haye continue de mettre la pression sur le bonus de Ben Smith

Le salaire du PDG d'Air France - KLM est au cœur d'une polémique. L'Etat néerlandais a fait part de son mécontentement auprès du groupe au sujet d'un « bonus long terme » de deux millions d'euros, au titre de 2019, alloué à Ben Smith.

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Ben Smith, directeur général d'Air France-KLM.
Ben Smith, directeur général d'Air France-KLM. (Crédits : Reuters)

La polémique enfle autour du salaire de Ben Smith. L'Etat néerlandais a fait part de son mécontentement auprès d'Air France-KLM au sujet d'un « bonus » de deux millions d'euros d'éléments de rémunération alloué au patron du groupe Ben Smith, a indiqué le ministre néerlandais des Finances.

La démarche de La Haye fait suite à une motion votée par le parlement en avril sommant le ministre des Finances sortant Wopke Hoekstra de demander à Paris le retrait de la rémunération, sous peine de bloquer toute nouvelle aide publique au groupe, durement affecté par la crise du Covid-19. Une majorité de Parlementaires néerlandais s'est en effet élevée contre la décision votée l'an dernier par les actionnaires d'Air France-KLM de lui verser deux millions d'euros de « bonus long terme » au titre de 2019.

Lire aussi : Air France-KLM : quand un communiqué de 2020 remet en cause la rémunération 2021 de Ben Smith

M. Hoekstra a dit s'être entretenu à ce sujet avec Anne-Marie Couderc, présidente non exécutive d'Air France-KLM.

« Le groupe a été informé à plusieurs reprises que l'État néerlandais ne considère pas justifiable qu'un bonus, sous quelque forme que ce soit, soit octroyé pendant une période où l'entreprise a besoin de milliards d'euros d'aides d'État pour survivre à la crise du coronavirus », a-t-il déclaré lundi dans une lettre au parlement.

M. Hoekstra a prévenu que comme l'année dernière, l'Etat néerlandais votera contre la politique de rémunération 2020 et 2021 du DG d'Air France-KLM lors de l'assemblée générale des actionnaires du 26 mai.

Lire aussi : Pour survivre au Covid-19, Air France-KLM négocie un prêt bancaire (massif) garanti par Paris et La Haye

« Pendant une crise, il n'y a pas de place pour l'attribution et le versement de primes aux dirigeants d'entreprises qui ont besoin d'être soutenues par des aides d'État et dont les employés perdent leur emploi », a déclaré le ministre.

Sa rémunération fixe pourrait aussi être remise en cause

La rémunération du patron d'Air France se décompose en trois volets : un salaire fixe, un variable (le bonus) et une rémunération différée qui est donc contestée aux Pays-Bas.

Sur les deux premiers volets, M. Smith avait annoncé le 23 avril 2020 qu'il allait renoncer à son bonus au titre de 2020 dans le contexte de la crise et s'imposer une réduction de 25% de sa rémunération. Or, la partie fixe de sa rémunération cette année pourrait aussi être remise en question. Pourquoi ? Parce qu'après la baisse de 25% décidée l'an dernier, sa rémunération fixe de 900.000 euros correspond aujourd'hui à un retour à la normale de son salaire alors qu'elle devrait rester, à la lecture du communiqué publié l'an dernier, amputée du quart de sa valeur. En effet, quand Ben Smith a annoncé le 23 avril 2020 qu'il baissait sa rémunération fixe de 25% (et qu'il abandonnait par ailleurs sa rémunération variable annuelle), il précisait dans ce communiqué que la mesure s'appliquait « pendant la crise liée au Covid-19 », et non pour la seule année 2020. Or, comme le pointent certains en interne chez Air France, « la crise liée au covid-19 » est toujours aussi intense que l'an dernier.

Face à cette polémique, Ben Smith, dans un entretien au Figaro, se défend :

« J'ai investi la moitié de mon salaire fixe en achetant des actions du groupe Air France-KLM en 2018 et en 2019 parce que je crois profondément en son avenir (...) Ma rémunération variable à long terme est soumise à de très nombreuses conditions et ne sera de toute façon pas versée avant plusieurs années », plaide-t-il.

« La réalité, c'est qu'en 2021, ma rémunération est variable à 80% et que je ne toucherai pas un euro au titre de cette rémunération variable », ajoute le directeur général d'Air France-KLM.

Face à la crise sanitaire, qui a fait perdre 7,1 milliards d'euros au groupe en 2020, les Etats français et néerlandais lui ont octroyé au total plus de 10 milliards d'euros d'aides. Afin de « conforter » les liquidités d'Air France, et de « financer ses besoins généraux dans le contexte de la crise Covid-19 », selon les mots du groupe, Air France-KLM a été recapitalisé en avril avec l'aide de l'Etat français, qui a doublé sa participation. L'État français possède ainsi 28,6% des parts d'Air France-KLM, l'Etat néerlandais 9,3%.

Lire aussi : L'État français recapitalise Air France et monte au capital d'Air France-KLM

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 14/05/2021 à 10:28
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Pour connaître les dessous du scandale de la vente à un chinois de l'aéroport de Toulouse et la manière dont la Chine a dépecé un Airbus A320 pour le copier au profit de son avion commercial, lisez "L'empreinte du Dragon" de Jean Tuan chez C.LC. Edit...

à écrit le 13/05/2021 à 5:34
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Il a flaire le bon filon le canadien, pourquoi se priver d'argent a ne rien faire ?

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