Air France-KLM : la (nécessaire) recapitalisation dans le plus grand flou
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Air France-KLM est encore à la recherche de quatre milliards d'euros.
SARAH MEYSSONNIER
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Air France-KLM est encore à la recherche de quatre milliards d'euros.
SARAH MEYSSONNIER
... mieux sauter, Air France-KLM risque de finir par se lancer quoi qu'il en coûte. Les choses avancent plus vite du côté de la gouvernance. Le groupe a annoncé le renouvellement anticipé du mandat du directeur général Benjamin Smith pour une durée supplémentaire de cinq ans et la nomination de Marjan Rintel, directrice générale de NS, le principal opérateur ferroviaire aux Pays-Basen tant que directrice générale de KLM, en remplacement de Pieter Elbers.
Il y a bientôt un an, Air France-KLM combinait une augmentation de capital avec une émission d'actions pour surmonter la pire crise de l'histoire du transport aérien. Dans la foulée, le groupe français annonçait son intention de relancer d'ici à la prochaine assemblée générale en mai 2022 une nouvelle opération de grande ampleur pour assurer sa pérennité alors que l'activité redémarrait. Pourtant, rien ne s'est passé depuis.
Prévue initialement en fin d'année dernière, l'opération a été repoussée par la déferlante du variant Delta puis Omicron. Puis, alors qu'une fenêtre de tir se dégageait avec le constat qu'Omicron n'affectait pas outre mesure la demande, la guerre s'est déclenchée en Ukraine et le prix du kérosène s'est envolé. Bien qu'elle soit surtout tacite, la date-butoir de l'assemblée générale 2022 approche à grands pas. S'il sera toujours temps pour la direction du groupe de se lancer après, c'est tout de même un constat d'échec qui pourrait alors se faire sentir.
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Air France-KLM va mieux depuis l'été 2021, mais les 10 milliards d'euros de perte nette accumulés au cours des deux derniers exercices pèsent fortement sur les comptes. Les capitaux propres du groupe sont encore largement négatifs, de 3,8 milliards d'euros à fin 2021, en dépit d'une amélioration notable de 1,5 milliard d'euros par rapport à fin 2020 grâce à la conversion du prêt de l'État français de 3 milliards d'euros en obligations perpétuelles (quasi-fonds propres). Surtout, ils sont toujours inférieurs à la moitié de son capital social (643 millions d'euros) alors que, légalement, le groupe n'a plus que jusqu'à la fin de l'année pour redresser la barre.