Air France : la direction propose un pacte de croissance aux salariés pour sortir de la grève

Air france: appel a la greve les 3 et 7 avril
PASCAL ROSSIGNOL

Air france: appel a la greve les 3 et 7 avril
PASCAL ROSSIGNOL
Pour sortir du conflit sur les salaires dans lequel elle est engluée depuis six semaines et qui lui a déjà coûté 170 millions d'euros, la direction fait une nouvelle proposition aux syndicats. Dans un courrier, que La Tribune s'est procuré, le directeur général Franck Terner s'adresse ainsi aux salariés :
Au total, a expliqué Gilles Gateau, le directeur des ressources humaines, "ces 2% combinées aux augmentations individuelles de 1,4% (au sol), permet donc d'augmenter salaires de 3,4%. Parmi les 100 plus grandes entreprises, il n'y a qu'une entreprise en France, dans le secteur du luxe, qui a accordé plus (4%)".
Vendredi dernier, le PDG d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac ayant indiqué qu'avec une hausse de salaire de 1%, l'intéressement et le GVT ("glissement vieillesse technicité"), la masse salariale augmentait en 2018 de 4,5%. Avec 1% supplémentaire, elle progresserait donc de 5,5%.
En contrepartie, la direction demande une suspension de la grève pendant les négociations qu'elle propose de commencer dès ce jeudi.
Pour rappel, l'Intersyndicale exige une augmentation salariale de 6% pour tous les salariés (hors intéressement et hors GVT) pour rattraper l'inflation perdue par le gel des grilles depuis 2011 (les pilotes réclament même 4,7% de hausse supplémentaires) en expliquant que la compagnie a dégagé le meilleur résultat d'exploitation de son histoire (588 millions d'euros). Une telle hausse représenterait un surcoût structurel de 240 millions d'euros pour la compagnie. La direction refuse. Accepter, ce serait « compromettre l'avenir d'Air France », a déclaré le Pdg d'Air France-KLM ce vendredi sur les ondes de RTL, en précisant que, si les grilles de salaire avaient été gelées depuis 2011, les rémunérations avaient augmenté à un niveau supérieur à l'inflation en raison du GVT ("glissement vieillesse technicité") pour la majorité des salariés (90%).
La direction a jusqu'ici maintenu la hausse de 1% des grilles salariales (assortie d'une enveloppe d'augmentations individuelles pour le personnel au sol équivalent à 1,5% de hausse pour les seuls personnels au sol, dans la mesure où ce type d'augmentations sont régies pour les navigants par des accords spécifiques), qui avait fait l'objet d'un accord en février avec la CFDT et la CFE CGC, accompagnée d'un doublement de l'intéressement, à 60 millions d'euros.
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Dans le même temps, la direction entend continuer à négocier avec les pilotes un accord gagnant-gagnant, prévoyant une hausse de rémunération pluriannuelle pour les pilotes contre des mesures permettant à l'entreprise de faire des économies, que ce soit des mesures sur l'entrée de l'A350 dans la flotte, sur le protocole instructeur du B787 ou encore l'extension du périmètre de Transavia, dont la flotte maximale est aujourd'hui fixée à 40 avions par un accord signé par la direction et celle du SNPL.
"Ces grèves ont des répercussions dramatiques pour nos clients, notre image et nos résultats. impactant ainsi nos capacités d'investissements et le montant de l'intéressement à verser l'an prochain", a t-il ajouté.
Sollicités par l'AFP, les syndicats de pilotes, le SNPL et le Spaf, ont peu goûté cette communication.
"Le courriel de Franck Terner est un peu méprisant dans ses termes" et il propose "quelque chose qui n'a ni queue ni tête", a commenté Philippe Evain, le président du SNPL Air France.
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Selon lui, le dirigeant de la compagnie "propose de lever le conflit" sans rien obtenir de concret en échange. "C'est vraiment pas sérieux et pas à la hauteur de la problématique", qui est de "rembourser" l'argent que le personnel a "prêté" à la compagnie ces derniers années, a-t-il insisté.
L'intersyndicale s'exprimera mercredi à 11H00 devant le siège de la compagnie à Roissy, où un rassemblement de grévistes est prévu.
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