L'intelligence artificielle dans le ferroviaire, simple tendance ou véritable révolution ? Les industriels du secteur ont déjà tranché. Pourtant, ils savent qu'ils sont encore loin d'être arrivés à destination en la matière.Innotrans, le plus grand salon - et de loin - consacré à l'industrie du ferroviaire au monde, s'est ouvert ce mardi à Berlin. Cette 14e édition est largement mise sous le prisme de l'intelligence artificielle avec nombre de présentations consacrées au sujet. La couleur a été donnée dès la cérémonie d'ouverture avec un discours et deux panels centrés autour de l'IA dans le ferroviaire.
Si tous les acteurs s'accordent sur l'immense potentiel offert par ces nouvelles technologies, ils ne manquent pas non plus de souligner les défis que leur mise en œuvre de façon efficace représente.
Volker Wissing, ministre fédéral allemand pour les affaires numériques et les transports, s'est montré clair : « Nous devons déployer l'intelligence artificielle. L'IA promet de grands progrès dans de nombreux domaines, comme l'inspection des trains avec la Deutsche Bahn. Ces évolutions peuvent faciliter la vie des personnels, de croître en attractivité, de gagner du temps, de l'argent. [...] nous devons tirer pleinement partie des nouvelles technologies ». Il résume ainsi la pensée largement partagée par les industriels du secteur qui ont déjà identifié nombre d'applications possibles dans les différents domaines qui composent la vie ferroviaire.
Réalisations effectives et promesses
De fait, ceux-ci s'en sont déjà emparés depuis plusieurs années à travers des IA d'apprentissage automatique (machine learning) pour le maintien en condition opérationnel du matériel avec la maintenance prédictive (anticipation des défaillances en amont grâce à l'analyse de données et correction avant la survenue d'un problème), la gestion des stocks de pièces détachées, l'inspection automatisée des trains, mais aussi dans la gestion du trafic avec le calcul des temps de retard et l'information voyageurs et même le contrôle de la végétation aux abords des voies. Autant d'outils qui se retrouvent chez les opérateurs avec la Deutsche Bahn et la SNCF, comme chez les constructeurs avec Alstom et Siemens par exemple.