Au Sénat, Monteils promet que le Grand Paris Express « ira jusqu'au bout »

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(Crédits : Agence Appa)
Auditionné par la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, le nouveau président du directoire de la Société du Grand Paris, Jean-François Monteils, a érigé en « priorité immédiate » le fait de « vérifier si un certain nombre d'éléments doivent être recalés ».

Plus de trente ans après sa sortie de Sciences-Po Paris, Jean-François Monteils a repassé son « grand oral », cette fois devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. Choisi par le gouvernement pour succéder à Thierry Dallard à la présidence du directoire de la Société du Grand Paris, le futur-ex président de la chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine a promis que le métro du Grand Paris Express irait « jusqu'au bout ». D'ici à 2030, deux cents kilomètres de nouvelles lignes automatiques et soixante-huit gares doivent sortir de terre à Paris et dans les départements franciliens.

« Il n'y a pas de tronçons détachables les uns des autres », a-t-il déclaré aux sénateurs ce 9 mars 2021. L'idée n'est pas de remettre en cause [le projet] de quelque manière que ce soit. La feuille de route du Grand Paris, c'est ce schéma d'ensemble dont on ne sortira pas », a martelé Jean-François Monteils.

Relisant l'article 1 de la loi du 3 juin 2010 - « le projet du Grand Paris s'appuie sur la création d'un transport public de voyageurs dont le financement des infrastructures est assuré par l'Etat » et insistant sur « la cohérence du schéma d'ensemble », Jean-François Monteils a rappelé qu'à l'époque, il travaillait à Matignon comme conseiller du Premier ministre François Fillon, notamment chargé du développement durable et des transports.

Lire aussi : Qui est Jean-François Monteils, le nouveau conducteur du Grand Paris Express ?

Un modèle économique « robuste »

Sans attendre la lettre de mission du Premier ministre Jean Castex, il a érigé en « priorité immédiate » le fait de « vérifier si un certain nombre d'éléments doivent être recalés ». Outre la crise de la Covid-19 qui a provoqué entre trois et neuf mois de retard sur les lignes, Jean-François Monteils a qualifié la transparence d'« indispensable ». « Il faut des rendez-vous périodiques, répondre aux convocations [des parlementaires, Ndlr] », sans pour autant en arriver à « tenir un calendrier quotidien des 100 et bientôt 300 micro-chantiers sur les réseaux sociaux », a-t-il ajouté.

En matière économique et financière, le nouveau président du directoire de la Société du Grand Paris a considéré que la réévaluation des coûts à 35 milliards d'euros, début 2018, était « manifestement robuste ». « La crédibilité sur les marchés financiers est un atout évident à consolider », a-t-il poursuivi en référence aux 25,5 milliards d'euros d'obligations vertes déjà émises (15,5 milliards) ou en cours d'émission (10 milliards). De la même manière que son prédécesseur jugeait que le projet était « irréversible », le nouveau conducteur du Grand Paris Express a considéré que « la sécurisation des flux financiers [permettrait] de faire face aux besoins de décaissement d'ici à 2027 ».

« Je n'ai pas été candidat, je n'ai pas pu refuser »

Il n'empêche : depuis la naissance de la Société du Grand Paris il y a onze ans, le changement permanent de président du directoire est la règle. « Votre mandat doit durer cinq ans, mais ça n'a été le cas d'aucun de vos prédécesseurs. Cette instabilité nous interroge voire inquiète quant à la réalisation du Grand Paris Express », s'est ému le président (UDI) de la commission, Jean-François Longeot, représentant du Doubs.

« Je n'ai pas été candidat, je n'ai pas pu refuser », a répondu Jean-François Monteils. S'il est confirmé ce 10 mars par le président Macron en Conseil des ministres, Jean-François Monteils succédera en effet à Marc Véron (2010-2011), Etienne Guyot (2011-2014), Philippe Yvin (2014-2018) et Thierry Dallard (2018-2020).

Le nouveau patron du Grand Paris Express a promis de s'appuyer sur le conseil de surveillance, présidé par un maire desservi par le super-métro et où siègent onze hauts fonctionnaires, la présidente de région, les sept présidents de département et la maire de Paris. De même que sur le comité stratégique, présidé par le maire (UDI) de Vanves Bernard Gauducheau, qui réunit l'ensemble des maires concernés par le réseau et les acteurs socio-économiques franciliens.

Lire aussi : La gouvernance du Grand Paris Express divise (encore) les collectivités et l'Etat

Report des lignes olympiques

Jean-François Monteils a en outre déclaré vouloir « aller à la rencontre des gens » pour « garantir la cohérence et maintenir en permanence le niveau de confiance ». « Celui-ci passe par des relations interpersonnelles », a poursuivi le haut-fonctionnaire qui s'est targué d'avoir consacré treize ans de sa vie professionnelle au contact des collectivités territoriales, comme sous-préfet, secrétaire général aux affaires régionales (SGAR) ou « pour les contrôler ».

Egalement interrogé sur le double tronçon des lignes 16 et 17 entre Saint-Denis-Pleyel et Le Bourget, reporté après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le président du directoire de la Société du Grand Paris a annoncé regarder « dans les prochaines semaines et de manière très précise comment aborder ce sujet ». « Il ne faut pas être obnubilé par les lignes olympiques » a-t-il aussitôt tempéré. « Les autres rendez-vous sont également importants », a conclu Jean-François Monteils.

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Commentaires
a écrit le 11/03/2021 à 7:40 :
il y a encore du fric a gaspiller
et des haut fonctionnaires a planquer
le mille feuilles continue sont expansions
et tout ceci pour ne pas octroyer plus de pouvoir aux regions mais la ville de paris a le droit d'annexer toutes les terres de la france
deja vu avec les sources de la seine
ou l'aqueduc de la vanne cette meme ville qui ne verse aucune contribution
aux communes traversé
a écrit le 10/03/2021 à 16:47 :
Ca m'étonnerai fort, que le "Grand Paris Express" aille jusqu'au bout. Il va se heurter aux réalités de la physique. On prend les paris ?

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