Avec French Bee, le Groupe Dubreuil veut prouver que le low-cost long-courrier peut être rentable

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(Crédits : Wikimedia/CC)
Lancée fin 2016, la low-cost long-courrier française, filiale comme Air Caraïbes du Group Dubreuil a été légèrement rentable en 2018 et table sur un bénéfice opérationnel de 6,2 millions d'euros en 2019 avec trois avions. D'ici à 2022, la flotte va doubler.

Alors que les faillites de Primera Air à l'automne, de WOW Air en mars et des difficultés de Norwegian et de XL Airways ont relancé le débat sur la pertinence du modèle low-cost sur les vols long-courriers, French Bee parvient à tirer son épingle du jeu. La filiale low-cost du Groupe Dubreuil, également propriétaire d'Air Caraïbes, a dégagé en 2018 un résultat opérationnel à l'équilibre (+100.000 euros) pour un chiffre d'affaires de 147 millions d'euros. Et vise pour 2019 un bénéfice opérationnel de 6,2 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 196 millions d'euros. Le trafic passagers devrait quant à lui progresser de 100.000 voyageurs supplémentaires, à près de 500 000 passagers.

 « Nous croyons au modèle du low-cost long-courrier et nous allons continuer d'investir, mais il faut être rigoureux dans le moindre détail. Les défaillances d'entreprises que nous avons observées sont la conséquence de modèles qui n'étaient pas contrôlées », a expliqué Marc Rochet, le directeur général de Groupe Dubreuil Aero (GDA) et président de French Bee.

Pertes sur Tahiti

L'équilibre financier atteint en 2018 est en effet une bonne performance. Le lancement l'an dernier de la ligne Paris-San Francisco-Papeete pouvait en effet s'annoncer risquée et de nombreux professionnels prédisaient que le nouvel entrant boirait le bouillon. Mais au final, French Bee n'a perdu que 700.000 euros l'an dernier et prévoit d'en prendre quasiment autant cette année. En revanche, la compagnie prévoit un bond du bénéfice opérationnel entre Paris et La Réunion, la deuxième ligne du réseau de French Bee, à 6,9 millions d'euros, contre 800 000 euros l'an dernier. Sur cette ligne lancée en juin 2017 où bataillent quatre autres concurrents (Air France, Air Austral, Corsair et XL Airways), French Bee est devenu le troisième opérateur et détient 19% du marché, a expliqué Muriel Assouline, la directrice générale de la compagnie.

Phase de croissance à partir de 2020

Satisfait de voir une compagnie qui en « est à sa troisième année de vie dégager 3% de marge », Jean-Paul Dubreuil, le Président du Groupe Dubreuil Aero, précise que « l'année 2019 sera une année de respiration » avant une phase de développement qui se traduira chaque année par l'arrivée d'un nouvel avion et du lancement d'une nouvelle ligne. Celle qui sera lancée l'an prochain sera annoncée avant la fin du premier semestre. French Bee prendra livraison en 2020 d'un Airbus A350-1000 d'une capacité de 480 sièges. Cet appareil viendra s'ajouter aux trois A350-900 aujourd'hui dans la flotte. Deux autres A350-900 rejoindront la flotte en 2021 et 2022. A ce moment-là, French Bee comptera donc six A350. Une croissance maîtrisée qui traduit la volonté du groupe de ne pas se brûler les ailes.

Air Caraïbes veut augmenter sa marge

De son côté, la compagnie-sœur, Air Caraïbes continue de rester bénéficiaire. Ce qui est plutôt rare au sein de compagnies comparables. Corsair, XL Airways par exemple ont en effet dégagé des pertes l'an dernier. Néanmoins, les bénéfices ont baissé  de 5,7 millions d'euros l'an dernier, à 19,6 millions, en raison d'une hausse de la facture pétrolière, du renchérissement du dollar par rapport à l'euro et des difficultés opérationnelles en fin d'année liées à un problème moteur. La marge opérationnelle n'a été que de 3%. La direction entend inverser la courbe cette année et table pour 2019 sur un bénéfice opérationnel de 26,4 millions d'euros et une marge de 5,2%/

"Une marge de 5% doit être un minimum au regard des investissements que nous faisons", a expliqué Jean-Paul Dubreuil.

Le début d'année est encourageant. Selon Patrick Malval, le PDG d'Air Caraïbes, la recette unitaire a en effet progressé de 3% au premier trimestre. La compagnie va continuer à croître elle aussi. Le premier A350-1000 sera livré le 16 décembre. Ce sera le neuvième appareil de la flotte d'Air Caraïbes. D'ici à 2022, l'ensemble du groupe Dubreuil comptera d'ici à 2022 d'une quinzaine de gros-porteurs.

Pénurie de créneaux à Orly

Reste à trouver des créneaux horaires à Orly, plafonné à hauteur de 250.000 mouvements par an (décollages, atterrissages). Aujourd'hui, le Groupe Dubreuil possède 5.000 créneaux, un nombre suffisant pour absorber l'arrivée du prochain A350-1000. Pour la suite, il n'y a pas beaucoup de solutions. Soit de nouveaux créneaux se libèrent, soit il faudra utiliser les créneaux d'autres autres compagnies dans le cadre d'un partage de codes.
Pour l'heure, la compagnie guette d'éventuelles défaillances de concurrents. «Nous sommes prêts à répondre à des appels d'air si besoin », a déclaré Jean-Paul Dubreuil.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2019 à 11:07 :
On peut toujours faire confiance aux Vendéens pour faire de l'argent la ou les autres se retament , regardez Gâteau de Croix de Vie et Gitanes face aux Chinois et Japonais, le puy du fou (en réalité Faou en Vendéen) Bénéteau aussi de croix de vie, le fabriquant de fenêtres des Herbiers face à toute l'Europe.

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