Alors que Lufthansa vole à nouveau par ses propres ailes, Air France-KLM va devoir repasser par la case recapitalisation. Le groupe français s'active en coulisses pour reconstituer une partie de ses fonds propres. Si une fenêtre de tir semblait ouverte pour une première opération avant la fin de l'année, l'arrivée de la 5e vague, conjuguée aux troubles sur les Antilles, va vraisemblablement geler toute initiative jusqu'à l'année prochaine.Air France-KLM va devoir se recapitaliser rapidement. Il n'y a aucun doute à avoir là-dessus. Le conseil d'administration du groupe français l'a annoncé dès l'assemblée générale du mois de mai dernier, dans la foulée de sa première recapitalisation. Il avait alors déclaré chercher « d'autres financements, des opérations de fonds propres et de quasi-fonds propres d'ici à la prochaine assemblée générale en 2022 ». Sur le papier, Air France-KLM dispose donc encore de six mois pour y arriver. Dans les faits, le groupe serait tenté d'anticiper cette date butoir.
Il y a encore quelques semaines, une fenêtre de tir se présentait même pour la fin de l'année. Selon nos informations, le groupe avait d'ores et déjà défini le montant et les modalités d'une opération capitalistique d'envergure et attendait le bon moment pour la lancer, à savoir que les conditions de marché soient favorables et que le cours de Bourse remonte pour éviter une trop forte dilution des actionnaires actuels. Le nouveau déferlement du Covid en Europe et la situation tendue dans les Antilles ont refermé cette possibilité et le groupe vise davantage le début d'année prochaine. Fort d'une trésorerie conséquente, Air France-KLM n'est pas dans l'urgence. Mais le groupe n'aura alors plus le loisir de tarder s'il veut réaliser une, voire deux opérations capitalistiques dans un calendrier resserré.
Une première recapitalisation nécessaire
Air France-KLM avait réussi à se donner un peu d'air avec une première opération de renforcement de son capital en avril dernier, à hauteur de 4 milliards d'euros. Le groupe avait amélioré ses fonds propres avec une augmentation de capital d'un milliard d'euros, à laquelle avait souscrit en premier lieu l'Etat français à raison de 57 % et China Eastern Airlines pour 11 %. En revanche, l'Etat néerlandais et Delta Air Lines, alors dans l'interdiction d'investir en raison des aides reçues dans le cadre de la loi fédérale américaine Cares (Coronavirus aid, relief, and economic security act), s'étaient laissés diluer.