Catastrophe de Brétigny : un dossier d'instruction accablant pour la SNCF

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D'après une écoute téléphonique autorisée dans le cadre de l'enquête judiciaire, une juriste de la SNCF a recommandé à un agent sur le point de témoigner devant les enquêteurs de ne rien apporter.
D'après une écoute téléphonique autorisée dans le cadre de l'enquête judiciaire, une juriste de la SNCF a recommandé à un agent sur le point de témoigner devant les enquêteurs de "ne rien apporter". (Crédits : reuters.com)
Dans le dossier d'instruction consacré à l'accident ferroviaire survenu en juillet 2013 à Brétigny-sur-Orge, il est dit que le groupe ferroviaire aurait traîné des pieds pour remettre certaines pièces demandées.

La SNCF se serait montrée zélée pour fournir de nombreux documents inintéressants aux enquêteurs sur l'accident ferroviaire de Brétigny, selon le dossier d'instruction consulté par Le Figaro. La compagnie de transports a fait de la rétention d'informations, évitant de communiquer aux enquêteurs des pièces cruciales pour établir la vérité autour de l'accident, notamment les rapports des brigades chargées de l'inspection des voies, explique le journal.

Ces documents représentent "une mine d'or" d'informations, et ce sont les cadres du service juridique de l'entreprise qui le disent, précise le quotidien, qui relate plusieurs exemples marquants ayant ralenti le bon déroulement de l'enquête.

  • D'après une écoute téléphonique autorisée dans le cadre de l'enquête judiciaire, une juriste de la SNCF a recommandé à un agent sur le point de témoigner devant les enquêteurs de "ne rien apporter". "Il ne faut pas être pro-actif avec eux, il faut véritablement attendre leurs demandes", aurait-t-elle déclaré.
  • Autre exemple : un dirigeant de proximité (DPX) en charge du secteur de Brétigny a affirmé que son ordinateur professionnel avait été volé. Mais l'ordinateur est retrouvé par les policiers dans un local d'une dizaine de mètres carrés, à quelques centaines de mètres au sud de la gare de Brétigny. Et ce n'est pas tout: l'appareil avait été expurgé d'une partie de son contenu.

La SNCF aurait voulu "manipuler l'enquête"

Ces révélations vont de pair avec celles de l'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné, qui assure avoir eu accès à de "nombreuses pièces de l'enquête". Selon le journal, la SNCF aurait voulu "manipuler l'enquête" en briefant ses employés avant leur audition par la justice.

Pour rappel, le déraillement à Brétigny-sur-Orge du train Paris-Limoges, survenu le 12 juillet 2013, a fait sept morts et des dizaines de blessés, en raison d'une éclisse -sorte de grosse agrafe sur l'aiguillage-, dont une fissure n'avait pas été détectée lors des tournées de surveillance et dont trois des quatre boulons s'étaient cassés ou dévissés. L'éclisse avait alors pivoté, provoquant l'accident. L'ensemble des rapports d'expertise arrivent à la conclusion qu'un défaut de maintenance sur les voies est à l'origine de l'accident.

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Commentaires
a écrit le 08/02/2016 à 16:22 :
Pourquoi PEpi n'a t'il pas été viré ??
a écrit le 08/02/2016 à 15:56 :
Et toujours pas de démission de M. Pépy. Il ne sait toujours pas ce qui se passe dans son entreprise? Etonnant, surprenant. Apres Bretigny, le TGV Est et personne ne paie? Syndicats et dirigeant solidaires dans ces cas là. Mais il y a des personnes qui sont mortes et blessées alors il faut sanctionner s'il y a eu défaillance et cela, dans toute la chaine de commandement et surtout, mener les bonnes actions correctives sur les causes sans chercher à cacher.
a écrit le 08/02/2016 à 14:59 :
sncf, ratp, edf, etc... c'est la gestion du dogmatisme et du corporatisme par des syndicats publics plus promptes à travailler le moins possible avec un premier critère de qualité un service médiocre. Le m'en foutisme est de règle. seul compte la perfection des grèves... A PRIVATISER D'URGENCE !!!
Réponse de le 08/02/2016 à 15:48 :
C'est vous qui restez sur des idées préconçues : j'ai pu constater que les agents et cheminots sont soumis à la pression du management pour l'atteinte des objectifs. La privatisation comme vous parlez, a conduit la Grande Bretagne à réviser ses critères car la maintenance des voies n'était plus assurée et a conduit à des catastrophes. Ce que nous pouvons dénoncer, ce sont des règles de gestion bricolées, sans avoir pour objectif la satisfaction du client. C'est sans doute pour cela que vous vilipendez une catégorie de personnel dont vous ignorez absolument tout. Vous oubliez que c'est bien souvent le management qui est responsable des maux, pas les exécutants. Un exemple très simple, les transports en commun en IDF : le RER doit être conduit par un conducteur RATP quand il est dans Paris, et SNCF dès qu'il sort de Paris.... vous imaginez bien que c'est tout sauf optimal. Mais la région laisse faire, et le management de la RATP, comme celui de la SNCF ne font surtout rien pour améliorer les choses... Incroyable, n'est ce pas ? les politiques élus s'en foutent royal et laissent une situation illogique perdurer. Ce ne sont surement pas les conducteurs qui sont en cause, c'est bien le management, tout le management qui est le mal qui ronge cette (ces) entreprise.
a écrit le 08/02/2016 à 13:41 :
Que les entreprises soient responsables, c'est une évidence (on achète un billet pour obtenir une prestation, le transport dans de bonnes conditions de sécurité): mais que les personnels en charge de la maintenance, s'il est prouvé qu'ils ont failli, le soient aussi, cela paraît logique; il y a morts d'hommes, et on ne saurait se satisfaire du sempiternel: "on a pas assez de moyens..", surtout pour changer 3 boulons... Il faut, dans notre monde qui se veut transparent, savoir exactement ce qu'il s'est passé à tous les niveaux de responsabilité.
a écrit le 08/02/2016 à 13:28 :
La "co-gestion" forcée, mais de fait, entre les syndicats et la Direction est la principale raison de cette situation.
Le soutien que doit apporter M Pépy et la Direction aux syndicats dans toutes circonstances mettant en cause le personnel (on en est ou sur l' accident du TGV est : 11 morts ?) pour avoir un "paix" relative conduit à des dérives inqualifiables.
remarque : le phénomène est identique à l Education Nationale ou un responsable d' établissement sera toujours désavoué par sa Direction dans un conflit avec la "base".
a écrit le 08/02/2016 à 13:25 :
Ceci permet de constater que le fait que tant RFF que la SNCF soient restés publics, ça ne met pas à l'abri des négligences et des économies de bouts de chandelle dont on avait accusé la gestion privée des chemins de fer britanniques. Il est donc temps d'en tirer les conséquences, de constater que la SNCF entreprise ne protège en rien ses usagers, et de privatiser la SNCF.
Réponse de le 08/02/2016 à 17:19 :
On veut faire croire que si la SNCF était privatisée, il y aurait de graves accidents de TGV, que la la maintenance serait mal assurée, que les TGV seraient en panne, que la ponctualité serait mauvaise, etc... bref ce serait comme tout ce qu'on vit aujourd'hui alors autant privatiser. Au moins on fera des économies (et le cochon de contribuable arretera un jour de payer des retraites à 52 et 55 ans).
a écrit le 08/02/2016 à 13:12 :
Des noms, des coupables et des peines de prison fermes... si la justice est indépendante alors cela se passera ainsi... nous verrons bien
a écrit le 08/02/2016 à 13:01 :
Cette affaire est plutôt banale et porteuse de croissance pour le secteur tertiaire des activités juridiques, d'organisation, industrialisées par l'invasion du binaire algorithmique qui impose hyper-segmentations, massifications cloisonnées, immédiateté réactive ; exclus sont ceux qui reconnaissent des erreurs à corriger, qui exercent le moindre esprit critique contre le corps auquel il appartient, qui sont condamnés comme des négatifs. Cela fait des lustres que l'on triche au sujet de la SNCF et ses structures "collatérales". Ce n'est pas au passif de la gauche ni de la droite exclusivement mais des deux et du monde du privé comme du public.

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