Coronavirus : 200 milliards de dollars d'aides publiques sont nécessaires pour le transport aérien (IATA)

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Selon le cabinet de consultant CAPA Aviation, la plupart des compagnies aériennes seront en faillite fin mai si les Etats ne leur viennent pas en aide. L'association internationale du transport aérien (IATA) estime que 75% des compagnies ont moins de trois mois de trésorerie pour survivre. Entre 150 et 200 milliards de dollars d'aides des Etats sont nécessaire pour passer la crise et assurer la reprise.

La quasi-totalité de la flotte d'avions au niveau mondial clouée au sol. Il y a peu, ce scénario restait encore inimaginable. Déjà à genoux par la chute de la demande depuis un mois à cause de la crise du covid-19, les compagnies aériennes arrêtent la quasi-totalité de leurs vols au rythme de la propagation du virus, de la fermeture des frontières et des restrictions de circulation imposées par un grand nombre de pays. Air France, Lufthansa, IAG, Ryanair... pour ne citer que ces grandes compagnies européennes vont  réduire leur activité de 75% à 90%. Certaines ont même suspendu la totalité de leurs vols comme Austrian Airlines (jusqu'au 28 mars), Brussels Airlines et La Compagnie (jusqu'à mi-avril), ou encore les filiales d'Air France, Transavia et HOP.

Faillites en vue

La situation est critique. Sortant de la saison hivernale -une période de basse saison consommatrice de cash-, et privées de l'argent frais qu'accompagnent habituellement les prises de réservation pour la saison d'été, les compagnies manquent cruellement de liquidités. Selon une note publiée ce lundi par CAPA Aviation, un cabinet de consultants spécialisé dans le transport aérien, la plupart des compagnies aériennes risquent d'être en faillite fin mai. Ce mardi, Brian Pearce le chef économiste de l'association internationale du transport aérien (IATA), ne l'a pas contredit.

"Il y a clairement un risque de cash. Les trois-quarts des compagnies aériennes disposent de moins de trois mois de trésorerie pour couvrir les coûts fixes", a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique.

Tous les transporteurs ont lancé des mesures pour protéger leur trésorerie : suppressions de postes, plan massif de chômage partiel, report d'investissements, gel des embauches..., mais la survie de toutes les compagnies ne pourra passer que par le soutien des Etats.

150 à 200 milliards de dollars d'aides seront nécessaires (IATA)

Si les reports de paiement des charges, de certaines taxes...vont apporter un bol d'air aux compagnies aériennes, ils resteront insuffisants pour la plupart d'entre elles. Et les Etats devront mettre la main à la poche. Les transporteurs américains ont par exemple demandé au gouvernement fédéral une aide de 50 milliards de dollars, la moitié immédiatement, l'autre un peu plus tard sous forme de prêts. Au total, le directeur général de l'IATA, Alexandre de Juniac, évalue l'aide globale nécessaire pour le secteur "entre 150 et 200 milliards de dollars".

"Si nous voulons maintenir un secteur aérien fort et capable de faire face à cette crise difficile, et fournir les ressources pour garantir qu'une reprise ait lieu en temps voulu, il faut que les gouvernements agissent vigoureusement et rapidement. La connectivité est cruciale pour assurer le redémarrage de l'économie", a-t-il déclaré ce mardi.

L'Italie va renationaliser Alitalia

L'Italie a déjà annoncé son intention de nationaliser Alitalia, au bord de la faillite. S'il le fallait, la France n'exclut pas le même schéma pour Air France-KLM, dont elle est le principal actionnaire (14%) avec l'Etat hollandais (14% également). Pour autant, selon certains experts, avec les lignes de crédit tirées, le groupe peut tenir six mois sans soutien étatique.

Problème pour les compagnies aériennes. Toutes ne seront hélas pas aidées de la même façon. Il est clair que les Etats se focaliseront sur les gros acteurs pour sauver le maximum d'emplois et garantir leur connectivité avec le reste du monde. De facto, une consolidation par disparition est plus à attendre que des grands mouvements d'acquisition. Du moins à court terme, la gestion du cash étant la priorité de tout le monde.

Reste une inconnue. Quand aura lieu le point de retournement ? Cela suppose évidemment de vaincre l'épidémie. Certains en interne chez Air France tablent sur un retour à la normale en septembre. Soit en fin de saison d'été. L'onde de choc du Covid-19 serait encore vive. Dans ce schéma, les survivants entreraient en effet dans la prochaine saison hiver dans de très mauvaises conditions. D'autant plus que si le marché loisirs peut reprendre assez rapidement, celui du voyage d'affaires risque de prendre plus de temps en raison des difficultés des entreprises.

Tout l'écosystème fragilisé

La crise des compagnies aériennes impacte inévitablement tout l'écosystème de l'aviation, les aéroports et les entreprises qui y travaillent, mais aussi les avionneurs et leur chaîne de fournisseurs. L'ACI Europe, l'association des aéroports européens, table sur la perte de chiffre d'affaires à deux milliards d'euros pour le seul premier trimestre. Devant le risque de liquidités, les aéroports demandent un soutien à la Commission européenne.

Déjà mal en point par les déboires du 737 MAX, Boeing, se son côté a également demandé de l'aide à la Maison Blanche et au Congrès.

Pour l'heure, Airbus a suspendu sa production en France et en Espagne pendant quatre jours et compte la reprendre lundi avec des "conditions strictes" permettant d'assurer la sécurité des salariés face à l'épidémie, une décision "pas raisonnable" selon les syndicats. Principal syndicat à Toulouse, FO demande le confinement. Des annulations et des reports de livraisons sont à attendre, notamment sur le long-courrier.

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Commentaires
a écrit le 18/03/2020 à 14:04 :
Cette pandémie est peut être notre derniére chance de revenir à l'essentiel dans nos vies . A t on besoin d'aller voir un opéra à Boston comme je l'ai entendu il y a peu ?
Ce signe du destin devrait nous faire réfléchir ( on va avoir 2 mois pour le faire ), mais je doute fort de notre sagesse .
Qu'on laisse péricliter toutes ses industries dont nous ne devrions plus avoir besoin ...
a écrit le 18/03/2020 à 8:56 :
Profitons d'un ciel pur, sans quasiment plus aucune traînée de condensation ni aucun bruit.
Pas même un hélicoptère.
a écrit le 17/03/2020 à 18:35 :
Pour les aider une énième fois pourquoi pas mais il faut profiter de l'occasion pour leur imposer une gestion au mieux de leurs vols et arrêter de pratiquer les prix bas si cela ne fonctionne pas et visiblement cela ne fonctionne pas, les États du monde ont largement favorisé l'avion au train du fait du lobby pétrolier avec quels désastreux résultats.

Alors qu'il ne faudrait plus de subvention de l’État ce dernier va encore tout arroser, le néolibéralisme c'est l'histoire sans fin d'un déclin civilisationnel perpétuel.

Mais bon on est tranquille vu que c'est l'argent qui gouverne on va encore faire comme après la crise de 2008 à savoir une énième absolution pour repartir dans la même direction à savoir contre un autre mur.
a écrit le 17/03/2020 à 18:25 :
euh demander 150 milliards pour trois mois, ca veut dire que le remboursement des investissements est compris dans le prix
faut pas deconner non plus
faut regarder les couts variables et se baser la dessus, et reporter le reste

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