Montée au capital d'Air France-KLM : l'Etat français ne fera rien dans le dos de l'Etat néerlandais

Bruno Le Maire a indiqué que l'Etat français ne prendrait aucune décision sans une "concertation étroite" avec l'Etat néerlandais. Augmentations de capital, nationalisations, plusieurs options pour protéger les grandes entreprises rendues vulnérables par l'effondrement de leur cours de bourse seront présentées rapidement.
Fabrice Gliszczynski

2 mn

(Crédits : Reuters)

L'éventuelle montée au capital de l'Etat français dans Air France-KLM, au-delà donc des 14,3% qu'il détient déjà, voire une nationalisation comme plusieurs membres du gouvernement français l'ont évoquée, ne se fera pas dans le dos de l'Etat néerlandais, contrairement à ce La Haye avait fait l'an dernier quand il avait raflé en catimini 14% du capital  groupe aérien pour "avoir son mot à dire" sur la politique d'Air France-KLM.

 Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a assuré en effet qu'il ne prendrait "aucune décision sans concertation étroite" avec les Pays-Bas sur le groupe Air France-KLM, dont l'activité est frappée de plein fouet par la crise du coronavirus.

"S'agissant du cas spécifique d'Air France-KLM (...), il va de soi que nous ne prendrons aucune décision (...) sans une concertation étroite avec notre partenaire hollandais", a affirmé Bruno Le Maire, interrogé sur une éventuelle nationalisation.

Plusieurs options présentées bientôt

Air France-KLM valant moins de deux milliards d'euros en Bourse, l'Etat français veut protéger les entreprises qui pourraient faire l'objet d'un raid sur leur capital. Aujourd'hui, avec 5,5 milliards d'euros de liquidités, le groupe a de quoi tenir quelques mois. D'autant plus avec les mesures de chômage partiel financées par l'Etat, le report des charges et certaines taxes, et l'absence de facture kérosène pendant l'arrêt des vols.

Ce jeudi, Bruno Le Maire a réaffirmé jeudi la volonté du gouvernement de faire le nécessaire, y compris par le biais d'éventuelles nationalisations, pour soutenir les grandes entreprises françaises susceptibles d'être menacées en raison des turbulences sur les marchés financiers liées à la pandémie de nouveau coronavirus.

"Nous avons plusieurs options sur la table pour toutes les grandes entreprises industrielles qui pourraient être menacées sur le marché, ça peut être des montées au capital (...) ça peut être des nationalisations", a rappelé le ministre de l'Economie sur France inter.

 "Nous avons toutes les options sur la table, nous avons tout examiné, je les présenterai au président de la République très prochainement", a-t-il ajouté.

Une nationalisation d'Air France-KLM semble compliquée. Elle supposerait en effet que l'Etat néerlandais, mais aussi Delta et China Eastern (8,7% du capital chacun) fassent une croix sur leur participation, ou que l'Etat français passe en force. Le projet d'une avance en compte courant  (autrement dit, une avance sur prêt) est à l'étude.

Au-delà d'Air France-KLM, le groupe Renault est également sur la liste des entreprises à protéger.

Lire aussi : Renault: faut-il nationaliser l'ex-Régie ?

Fabrice Gliszczynski

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Commentaires 5
à écrit le 19/03/2020 à 19:10
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On peut envisager une co-nationalisation, même si partielle.

à écrit le 19/03/2020 à 15:44
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Par contre les Hollandais...

à écrit le 19/03/2020 à 14:58
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Le schéma pourrait dériver. L'Etat néerlandais pourrait décider que KLM doive "voler de ses propres ailes", et quitter l'"alliance". Et elle n'aurait aucun mal à retrouver d'autres partenaires. Solution qu'on n'envisage aucunement pour Air France, vu...

à écrit le 19/03/2020 à 13:22
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Bonjour a tous Il n y a pas si longtemps l état neerlandais ne se était pas privecalors qu airfrance était propriétaire de klm...décidément en France nous sommes de grands naifs

le 19/03/2020 à 15:59
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.....décidément en France nous sommes de grands naifs. Villabe91, vous bien en-dessous de la vérité. Le ministre ne fera rien sans l'accord des Néerlandais pour ne pas leur faire de peine. Cela ne se fait pas avec les "amis". D'ailleurs, les Batave...

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