Gréves : faute de résultats en mai, la CGT-Cheminots menace la SNCF d'un mois de juin très difficile
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Vendredi 9 mai a marqué le début d'une grève de trois jours à l'appel du syndicat SUD-Rail et du Collectif national ASCT (CNA), regroupant les chefs de bord (contrôleurs). Les revendications portent principalement sur une revalorisation de la prime de travail et une meilleure anticipation des plannings, souvent modifiés à la dernière minute selon les syndicats. D'après la direction de la SNCF, environ 60 % des chefs de bord se sont déclarés grévistes pour cette première journée, un taux qui devrait même dépasser ce seuil samedi avant de redescendre dimanche.
Malgré ce taux élevé, la SNCF assure qu'« au moins neuf TGV sur dix » circuleront sur l'ensemble du territoire. L'entreprise s'est engagée à permettre à tous les clients dont le train serait annulé de réserver, sans frais, un autre train le jour même. Elle promet également un bon de réduction de 50 % sur un prochain voyage pour les usagers impactés par une annulation.
Pour limiter les perturbations, la SNCF a déployé un dispositif exceptionnel : des cadres volontaires, spécialement formés en une journée, remplacent les contrôleurs grévistes à bord des trains. Cette solution, déjà utilisée lors de précédents mouvements sociaux, permet de maintenir le trafic à un niveau quasi normal, en particulier sur les TGV. Selon la direction, le trafic devrait atteindre 96 % de la normale sur l'ensemble du week-end pour les trains à grande vitesse.
Les trains régionaux (TER), qui peuvent circuler sans chef de bord, et les Intercités, ne devraient pas être affectés par la grève des contrôleurs. Le réseau francilien (Transilien, RER) est également annoncé comme normal pour ce week-end, selon la SNCF.
La mobilisation ne devrait pas s'arrêter là. La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, a déjà annoncé une nouvelle série de grèves en juin. Un appel à la grève est lancé pour le 4 juin chez les conducteurs, en marge d'une table ronde sur leur prime spécifique. Le 5 juin, l'ensemble des cheminots sont invités à cesser le travail pour exiger des hausses de salaire, des embauches supplémentaires, un accord sur la formation professionnelle et l'amélioration des conditions de travail. Enfin, une nouvelle grève des contrôleurs est prévue le 11 juin.
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Les syndicats dénoncent la faiblesse des augmentations salariales face à l'inflation et la dégradation des conditions de travail, en particulier la gestion des plannings, jugée trop imprévisible. Les contrôleurs réclament une hausse de leur prime de travail, tandis que les conducteurs souhaitent une revalorisation de leur propre prime et une meilleure reconnaissance de leurs contraintes spécifiques.
La direction, de son côté, met en avant les efforts réalisés pour limiter l'impact des grèves sur les usagers et rappelle le contexte budgétaire contraint de l'entreprise, qui doit composer avec une dette élevée et des investissements massifs dans la modernisation du réseau.
Ce nouvel épisode de grève illustre la persistance d'un climat social tendu à la SNCF. Malgré des négociations régulières, les syndicats estiment que la direction ne répond pas suffisamment à leurs attentes, notamment sur la question salariale et l'organisation du travail. La multiplication des préavis de grève, souvent sur des périodes stratégiques (week-ends prolongés, vacances scolaires), témoigne de la détermination des organisations syndicales à peser dans le rapport de force.
Pour les voyageurs, la situation reste globalement maîtrisée sur les TGV, mais les perturbations sur les trains régionaux suscitent de l'agacement, en particulier chez les usagers du quotidien. Les associations d'usagers saluent les mesures de compensation mises en place par la SNCF, mais pointent la récurrence des conflits sociaux dans l'entreprise ferroviaire.
À l'approche de la saison estivale, la direction de la SNCF espère éviter une extension du mouvement qui viendrait perturber les grands départs en vacances. Les négociations à venir en juin seront donc déterminantes pour apaiser le climat social et éviter une multiplication des grèves cet été. Les syndicats, eux, préviennent qu'ils resteront mobilisés tant que leurs revendications n'auront pas trouvé de réponses satisfaisantes.
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Ce nouvel épisode de grève à la SNCF met en lumière les défis auxquels est confrontée l'entreprise publique : concilier la qualité du service public, la maîtrise des coûts et la prise en compte des attentes des salariés. Un équilibre délicat, alors que la concurrence s'intensifie sur le marché ferroviaire français et que la satisfaction des voyageurs reste un enjeu majeur pour l'avenir du rail hexagonal.
(avec l'AFP)
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