L'édito éco de Lucie Robequain. La SNCF en grève, la concurrence jubile
Allan Lemarchand

Ce dimanche 3 mai, Lucie Robequain se penche sur les déboires de la SNCF.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Allan Lemarchand

Ce dimanche 3 mai, Lucie Robequain se penche sur les déboires de la SNCF.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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La SNCF n'a plus le monopole du train. Depuis quelques années, elle est concurrencée par les Espagnols et les Italiens sur des lignes hautement rentables qui relient Paris, Lyon, Marseille, Barcelone, Madrid et Milan. L'ouverture du marché français a débuté timidement en 2021, à la demande de Bruxelles. Elle va connaître un coup d'accélérateur le mois prochain, avec l'offensive de Trenitalia sur de nouvelles liaisons entre Paris et Marseille.
Les TGV ne sont pas les seuls menacés. Les lignes régionales ont elles aussi l'obligation de s'ouvrir à la concurrence. Les opérateurs tels que Transdev font valoir leurs atouts : dans les gares, par exemple, ils se disent parfois capables d'offrir, avec deux fois moins de personnel, un service équivalent à celui de la SNCF.
C'est dans cette période extrêmement critique pour l'entreprise publique que ses agents prennent le risque de se mettre toute la France à dos. Les syndicats SUD et CGT les appellent à faire grève cette semaine, compromettant ainsi le pont du 8 mai pour des milliers de familles et professionnels du tourisme. Une aubaine pour Trenitalia, BlaBlaCar (covoiturage) et FlixBus (autocars), qui ont vu leurs réservations exploser ces derniers jours.
On le sait : les grèves à la SNCF sont de moins en moins comprises. « L'insatisfaction des Français, voire leur colère, vont être grandes, alerte le PDG Jean-Pierre Farandou dans une lettre aux agents. Nous perdrons leur confiance. Qui pourrait reprocher à nos clients voyageurs de choisir, une prochaine fois, une autre solution de transport ? »
Deux tiers des Français souhaiteraient interdire les grèves durant les ponts de mai, à en croire un sondage de l'institut CSA. On est loin, très loin du soutien collectif apporté à la grève de 2023 contre la réforme des retraites, réforme, qui, il est vrai, pénalisait la majeure partie des Français.
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Il n'est nullement question de réforme cette fois-ci, mais de revendications salariales que les Français peinent là aussi à comprendre. Et pour cause ! Au cours des trois dernières années, les cheminots ont vu leur rémunération globale augmenter de 17 % en moyenne, selon la SNCF, soit bien plus que la hausse des prix. Une nouvelle augmentation générale de 2,2 % a encore été accordée fin 2024, supérieure à l'inflation.
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Le droit de grève n'est absolument pas négociable, contrairement à ce que laisse croire une partie de la droite. Mais les agents de la SNCF doivent l'exercer en connaissance de cause : la grève pénalisera les résultats de l'entreprise et réduira sa capacité à moderniser son offre. Les besoins d'investissements n'ont pourtant jamais été aussi élevés, et la concurrence fait rage, entre avions low cost, trains étrangers, bus et covoiturage. Chers agents de la SNCF, à vous de nous faire préférer le train... et idéalement le vôtre !
Allan Lemarchand
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