Grève SNCF : ce collectif de contrôleurs qui fait trembler la direction

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
La grève SNCF a débuté ce lundi 5 mai. Elle doit se poursuivre toute la semaine à l'appel de Sud-Rail et de la CGT-Cheminots, qui demandent des hausses de rémunérations, notamment des primes mais aussi une meilleure gestion des plannings. Aux syndicats traditionnels s'ajoute un groupe de contrôleurs SNCF, baptisé Collectif national ASCT (CNA) qui se joint à l'appel. Il entrera dans la danse pour le pont du 8 mai. Son action inquiète bien plus la direction que les débrayages des syndicats traditionnels.
Sa simple évocation donne des sueurs froides à la direction de la compagnie ferroviaire. Ce n'est pas un syndicat représentatif, mais sa capacité à perturber le trafic est forte. Ce 8 mai, il a promis de se mobiliser alors que juridiquement, il ne peut pas déposer de préavis contrairement à Sud-Rail et la CGT-Cheminots. Il doit donc se greffer à un préavis de grève existant pour se joindre à la mobilisation. Entre le 7 et 11 mai, il "utilise" celui de Sud-Rail.
" Il agit comme un passager clandestin, une officine ad hoc, un groupe informel. Son mode d'action est très particulier et n'a rien à voir avec le dialogue social traditionnel que nous menons ", s'agace un membre de la direction. A titre d'exemple, il ne répond pas aux sollicitations de la presse. Un collectif de l'ombre, en somme, qui se veut apolitique. « Il nous échappe et passe par des canaux annexes, des groupes WhatsApp et des boucles Télégram", poursuit cette source de la direction de la SNCF. Personne ne sait précisément combien ils sont, probablement entre 4000 et 5000 membres.
À lire également
Ce collectif n'a pas son pareil pour fédérer la contestation. Il est à l'origine des derniers grands mouvements sociaux à la SNCF, notamment celui de décembre 2022, en pleines fêtes de Noël, qui avait empêché 200.000 voyageurs de réveillonner avec leurs proches. Mais aussi en février 2024, au moment des vacances d'hiver, bloquant là encore des milliers d'usagers.
Fanny Guinochet