Jean-Baptiste Djebbari : « il faut en finir avec la concurrence déloyale des compagnies low-cost »
Patrick Cappelli
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Pas facile d'être Ministre des Transports alors que la crise sanitaire mondiale ferme les frontières et cloue les avions au sol. Pour Jean-Baptiste Djebarri, le secteur de l'aérien fait face à deux défis majeurs : la reprise du trafic et la transition énergétique. « Il va falloir redonner confiance aux passagers et établir des règles de passage des frontières harmonisées » estime le ministre. L'arrivée annoncée d'un vaccin début 2021 devrait rassurer les voyageurs, mais il ne pourra être efficace qu'avec une couverture vaccinale minimum de 40 à 50 % de la population, ce qui pourrait prendre plusieurs mois. Quant au tourisme d'affaires, l'incertitude demeure suite à la forte augmentation du télétravail, un modèle qui devrait perdurer. En attendant un redémarrage substantiel de l'activité aérienne prévu par le ministre en 2022, il s'agit de s'accorder avec les autres nations européennes sur des corridors sanitaires pour éviter la mise en quarantaine. Des tests antigéniques à l'arrivée sont déjà disponibles dans certains aéroports comme Roissy, Orly, Marseille et Nice.
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En France, la restructuration du réseau intérieur d'Air France est centrale. Quelles routes aériennes seront préservées ? Quelle place pour Transavia (filiale low cost du groupe) et les autres acteurs régionaux français ? Comment le ferroviaire peut-il se substituer à l'aérien ? Pour Jean-Baptiste Djebbari, la priorité est d'abord de résoudre l'équation des low cost : « nous devons en finir avec la concurrence déloyale de certaines compagnies low cost, les faux travailleurs indépendants (salariés obligés de se déclarer en auto-entrepreneurs) et le pay-to-fly (des pilotes sans expérience payent pour piloter sur des vols commerciaux). L'Europe sociale a failli au niveau de la régulation. La crise peut être une opportunité pour retrouver un cadre social plus juste ». Une volonté partagée par la députée écologiste européenne Karima Delli, très remontée contre Ryan Air et easyJet lors d'une autre table ronde.
L'écotaxe de la Convention Citoyenne retoquée
Le groupe Air France KLM a bénéficié de prêts et de garanties bancaires à hauteur de 7 Md€, et pourrait recevoir entre 4 et 6 Md€ supplémentaires, des chiffres qui circulent mais que ne confirme pas le Ministre des Transports. Il rappelle que ces aides massives sont approuvées par la Commission Européenne et que l'Etat épaule toutes les compagnies aériennes qui en font la demande. Comme Corsair, par exemple, que le Ministère soutient avec les services de Bercy pour que la société présidée par Pascal de Izaguirre sorte renforcée de la crise « car c'est un acteur important, surtout sur l'Outre Mer ».
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