L'hiver s'annonce encore très compliqué pour les compagnies européennes, selon Lufthansa et Ryanair

La compagnie low cost irlandaise devrait voler cet hiver avec en moyenne 15% à 20% de sièges vides dans ses appareils, contre 7% à 8% avant la crise sanitaire. "Les Asiatiques ne viennent pas en Europe, les Américains ne viennent pas en Europe", a déploré son directeur général Michael O'Leary. De son côté, malgré une reprise prolongée sur l'automne, le groupe allemand devrait rester dans le rouge sur l'année.

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Michel O'Leary ne s'attend pas à ce que les prix se redressent au niveau pré-pandémique avant l'été 2022.
Michel O'Leary ne s'attend pas à ce que les prix se redressent au niveau pré-pandémique avant l'été 2022. (Crédits : Jason Cairnduff)

Avec l'allègement partiel des contraintes et la reprise des voyages qu'a permis la mise en place du pass sanitaire européen, les compagnies aériennes européennes ont retrouvé des couleurs. Lufthansa et Ryanair, ont annoncé avoir dégagé des bénéfices en juillet et en août. Ayant retrouvé en août près de 80% de son activité, a compagnie low cost irlandaise était même sur le point de dépasser son objectif de 10,5 millions de passagers sur août, pour le maintenir en septembre, octobre et novembre, selon son directeur général Michael O'Leary. Du côté de Lufthansa, la "nette hausse de la demande et de l'offre" mais "encore plus la baisse des coûts", conséquence d'une restructuration en cours qui a déjà coûté 30.000 emplois sur 140.000, a permis au groupe allemand de diviser par deux sa perte nette pour la période d'avril à juin et de dégager un flux de trésorerie positif pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Pour autant, avec la recrudescence du variant Delta, les deux groupes s'attendent au pire pour la fin de l'année, saison traidtionnellement basse dans le secteur.

"Nous nous préparons à ce que l'hiver soit à nouveau long et froid", a déclaré le patron de Lufthansa Carsten Spohr lundi soir devant des journalistes, faisant référence à "la quatrième vague et les chiffres" d'infections à la hausse. "Le chemin vers la normalité sera certainement plus long pour notre branche que pour beaucoup d'autres", a ajouté Carsten. Spohr.

Ryanair va encore baisser ses prix

Mêmes craintes du côté de Ryanair : "la reprise a été très forte pendant le pic de la saison estivale mais cet hiver sera difficile. Nous essayons de restaurer notre trafic pré-Covid mais cela ne peut être fait qu'à des prix plus faibles (...). Je ne pense pas que nous gagnerons de l'argent cet hiver mais nous n'en perdrons pas beaucoup", a expliqué le directeur général à l'AFP. Le patron a jugé la reprise du trafic européen "dispersée", avec un rebond solide des vols intra-européens mais pas sur les longs-courriers vers l'Europe.

Ryanair a revu à la hausse sa prévision de trafic pour l'automne, dans un contexte de "très forte reprise" des vols court-courriers européens. La capacité de vol du groupe devrait revenir aux niveaux d'activité pré-pandémique en octobre, contre près de 80% en août et 90% en septembre, a-t-il commenté. Ryanair devrait néanmoins voler cet hiver avec en moyenne 15% à 20% de sièges vides dans ses appareils, contre 7% à 8% avant la crise sanitaire.

"Les Asiatiques ne viennent pas en Europe, les Américains ne viennent pas en Europe", constate-t-il.

Aussi, Michel O'Leary ne s'attend pas à ce que les prix se redressent au niveau pré-pandémique avant l'été 2022. Fin juillet, le transporteur à bas coûts avait publié une perte pour son premier trimestre décalé creusée de 47% sur un an à 273 millions d'euros à cause de tarifs encore bas, de coûts élevés dus aux restrictions et incertitudes sur les voyages.

Le groupe devrait en outre passer une commande estimée entre 100 et 200 avions MAX 10, variante des 737-MAX de Boeing, a indiqué le directeur général, qui espère conclure un accord sur les prix des appareils avant l'été prochain.

De son côté, la compagnie Norwegian Air a également fait état mardi d'une hausse des réservations et a déclaré qu'elle n'aurait pas besoin de lever de financement supplémentaire après avoir été placée l'an dernier sous la protection des lois irlandaise et norvégienne sur les faillites.

(Avec agences)

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Commentaires 3
à écrit le 01/09/2021 à 12:53
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Venir faire du tourisme en France en ce moment ? Il y a les ennuis en arrivant, les contraintes en veux tu en voila, non, l'Asie a autre chose en terme de choix.

à écrit le 31/08/2021 à 17:09
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L'avion, le moyen le plus sûr de véhiculer des virus, des variants et "emboucanner" la planète. A moindre coût grâce (merci) les low cost. Sans oublier le niveau de nuisance et de pollution de l'avion.

à écrit le 31/08/2021 à 17:04
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Les avions volent vident où quand les dirigeants économiques et politiques ne sont plus que des zombis.

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