La startup Weenav électrifie les bateaux... et rend leur navigation plus intelligente
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Weenav
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Weenav
C'est ce qu'ils appellent le « safe return to base » (retour en sécurité au port). « Avec la propulsion électrique en mer, l'autonomie devient le problème numéro un puisque par définition, il n'y pas de bornes de recharge au large », commente Anthony Tartare, le président de Weenav, âgé de 24 ans, associé à Antoine Bouchez, 24 ans et à Kévin Capendu, 25 ans. Depuis Bondues dans la métropole lilloise, la jeune pousse s'était d'abord donnée pour objectif de « rétrofiter des bateaux thermiques » en embarcations électriques via des systèmes sur mesure.
Le retrofit - ou conversion - de bateau à l'électrique existait déjà avant la création de Weenav mais il se présentait « le plus souvent de packs de batterie d'un mètre par un mètre qui se posent dans des bateaux de plus de dix mètres », contextualise Antoine Bouchez. « Or notre étude de marché a estimé que sur les 1,04 million de bateaux en France, 86% ont une longueur inférieure à 7 mètres », poursuit le jeune créateur.
Weenav a donc commencé par adapter l'électrification à la demande, via le développement d'une cinquantaine de modules électriques différents, avec une mise en place réalisée par leur bureau d'études. Avec des puissances allant de 10 à 500 chevaux, et surtout un prix qui s'avère deux à trois fois moins cher que l'achat en neuf.
Si le business model de Weenav s'adresse évidemment aux propriétaires de bateaux, il intéresse également les loueurs d'embarcations mais peut également équiper les péniches transportant des marchandises, sachant que la durée de vie moyenne d'un bateau est d'environ 30 ans. La solution Weenav permet une diminution jusqu'à 56% des effets de gaz à effets de serre. Grâce à ce retrofit, non seulement le bateau ne rejette plus de CO2 mais il devient totalement silencieux, ce qui est plus agréable, notamment pour la plaisance.
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A l'instar des ZFE, zones à faibles émissions qui concernent les grandes agglomérations françaises, et de toute la transition écologique des moteurs thermiques, le monde du nautisme et de la plaisance sera inéluctablement concerné, un jour ou l'autre, par l'accélération de la transition environnementale. De nombreuses baies côtières préservées, comme les plans d'eau intérieurs, devraient en toute logique, interdire à terme les moteurs thermiques. Le Parc national des Calanques, de Cassis à Marseille, encourage ainsi financièrement la transition vers des bateaux hybrides. En Suisse, la ville de Lausanne veut par exemple supprimer les moteurs thermiques des bateaux de loisirs, dès 2030 pour les nouvelles immatriculations, d'ici 2040 pour les anciennes. A Genève, les moteurs deux temps sont bannis sur le lac depuis 2018.
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Gaëtane Deljurie, à Lille