Le Congrès américain impose une convention collective pour éviter une grève du fret ferroviaire
latribune.fr
latribune.fr
Il n'y aura donc pas de grève du fret ferroviaire aux États-Unis. Comme Joe Biden l'avait annoncé, le Congrès américain, en vertu d'une loi de 1926, a légalement obligé syndicats et entreprises à adopter une convention collective, qui, de fait, écarte toutes menaces de mouvements sociaux.
Le président américain a indiqué qu'il l'entérinerait dès qu'elle serait transmise à la Maison Blanche.
Joe Biden, qui ne perd pourtant jamais une occasion d'affirmer son soutien aux syndicats, a jugé la situation actuelle trop périlleuse : une grève du fret aurait amputé l'activité économique américaine de 2 milliards de dollars par jour.
Elle aurait aussi entraîné de lourdes répercussions sur le transport de passagers, puisque la plupart des trains de passagers empruntent des voies appartenant aux compagnies de fret.
La perspective d'une paralysie du rail américain présentait un risque politique majeur pour le président, alors que l'inflation demeure élevée et que l'économie américaine montre déjà des signes de ralentissement. Mais en forçant l'adoption de la convention collective et en passant outre le dialogue social, le chef de l'État s'est exposé à des critiques de syndicats et de l'aile gauche de sa majorité.
Joe Biden s'était défendu de toutes critiques lors d'une conférence de presse jeudi avant le vote au Sénat, assurant qu'il était parvenu « à négocier un contrat que personne d'autre n'aurait pu négocier ».
Le texte prévoit une augmentation de salaire de 24% étalée sur une période de cinq ans allant de 2020 à 2024 (avec effet rétroactif), ainsi qu'un jour de congé personnel supplémentaire. Côté patronal, la fédération des entreprises du rail (AAR) s'est félicitée du résultat du vote, qui permet selon elle d'éviter une grève « économiquement dévastatrice ». Ce texte représente un « compromis » mais apporte des « gains substantiels » aux employés, affirme-t-elle.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Le texte n'impose pas en revanche aux entreprises du rail d'accorder des jours de congé maladie à leurs employés, une demande pressante de la part de certains syndicats de cheminots. Certaines compagnies n'en proposent aucun pour l'instant.
À lire également
Pour tenter de résoudre ce contentieux, les démocrates avaient présenté une proposition de loi complémentaire prévoyant sept jours de congés maladie garantis par an. Mais celle-ci n'a pas obtenu les 60 votes requis au Sénat.
Un autre syndicat, BRS, a exprimé sa déception en ces termes :
L'un des quatre syndicats, le BMWED, a, lui, « applaudi les élus qui ont soutenu la proposition de congés maladie pour les cheminots du fret ».
L'organisation a, néanmoins, lancé une pique aux parlementaires, dans un tweet:
Toutefois, Joe Biden a promis jeudi de ne pas en rester là :
latribune.fr