Le Congrès américain impose une convention collective pour éviter une grève du fret ferroviaire

Le Congrès américain, à la demande de Joe Biden a adopté jeudi une loi pour éviter une grève du fret ferroviaire qui aurait pu être catastrophique pour l'économie américaine. En passant outre le dialogue social, le chef de l'Etat s'est exposé à des critiques de syndicats et de l'aile gauche de sa majorité qui s'inquiètent que les entreprises ferroviaires ne soient pas dans l'obligation d'accorder des jours de congé maladie.
Le Congrès américain a fait passer en force une convention collective pour éviter une grève du fret ferroviaire, même si elle n'oblige pas les entreprises à accorder des jours de congés maladie à leurs salariés.
Le Congrès américain a fait passer en force une convention collective pour éviter une grève du fret ferroviaire, même si elle n'oblige pas les entreprises à accorder des jours de congés maladie à leurs salariés. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Il n'y aura donc pas de grève du fret ferroviaire aux États-Unis. Comme Joe Biden l'avait annoncé, le Congrès américain, en vertu d'une loi de 1926, a légalement obligé syndicats et entreprises à adopter une convention collective, qui, de fait, écarte toutes menaces de mouvements sociaux.

Le président américain a indiqué qu'il l'entérinerait dès qu'elle serait transmise à la Maison Blanche.

Lire aussiJoe Biden obligé de demander au Congrès d'empêcher une grève géante dans le fret ferroviaire

Une grève du fret aurait coûté 2 milliards de dollars par jour

Joe Biden, qui ne perd pourtant jamais une occasion d'affirmer son soutien aux syndicats, a jugé la situation actuelle trop périlleuse : une grève du fret aurait amputé l'activité économique américaine de 2 milliards de dollars par jour.

Elle aurait aussi entraîné de lourdes répercussions sur le transport de passagers, puisque la plupart des trains de passagers empruntent des voies appartenant aux compagnies de fret.

La perspective d'une paralysie du rail américain présentait un risque politique majeur pour le président, alors que l'inflation demeure élevée et que l'économie américaine montre déjà des signes de ralentissement. Mais en forçant l'adoption de la convention collective et en passant outre le dialogue social, le chef de l'État s'est exposé à des critiques de syndicats et de l'aile gauche de sa majorité.

« Il n'y a pas d'exemple plus clair de la cupidité des entreprises que ce que nous voyons dans l'industrie ferroviaire aujourd'hui », a notamment regretté le sénateur progressiste Bernie Sanders.

Joe Biden s'était défendu de toutes critiques lors d'une conférence de presse jeudi avant le vote au Sénat, assurant qu'il était parvenu « à négocier un contrat que personne d'autre n'aurait pu négocier ».

La demande de jours de congés maladie absente du texte

Le texte prévoit une augmentation de salaire de 24% étalée sur une période de cinq ans allant de 2020 à 2024 (avec effet rétroactif), ainsi qu'un jour de congé personnel supplémentaire. Côté patronal, la fédération des entreprises du rail (AAR) s'est félicitée du résultat du vote, qui permet selon elle d'éviter une grève « économiquement dévastatrice ». Ce texte représente un « compromis » mais apporte des « gains substantiels » aux employés, affirme-t-elle.

Le texte n'impose pas en revanche aux entreprises du rail d'accorder des jours de congé maladie à leurs employés, une demande pressante de la part de certains syndicats de cheminots. Certaines compagnies n'en proposent aucun pour l'instant.

Pour tenter de résoudre ce contentieux, les démocrates avaient présenté une proposition de loi complémentaire prévoyant sept jours de congés maladie garantis par an. Mais celle-ci n'a pas obtenu les 60 votes requis au Sénat.

« Le fait qu'il n'y ait pas 60 sénateurs qui aient le cran de s'opposer au monde des affaires et de lutter pour les droits basiques des travailleurs du rail est terrifiant », a réagi sur Twitter Sean O'Brien, président du syndicat des Teamsters.

Un autre syndicat, BRS, a exprimé sa déception en ces termes :

« Presque tous les membres du Congrès font campagne en disant être pour la classe ouvrière, les actes de nombre d'entre eux aujourd'hui ont démontré qu'ils défendent en fait les entreprises. »

Biden promet de se battre pour la prise en charge des congés maladies pour tous les cheminots

L'un des quatre syndicats, le BMWED, a, lui, « applaudi les élus qui ont soutenu la proposition de congés maladie pour les cheminots du fret ».

L'organisation a, néanmoins, lancé une pique aux parlementaires, dans un tweet:

« Le saviez-vous? Les membres du Congrès ont des congés maladie illimités. »

Toutefois, Joe Biden a promis jeudi de ne pas en rester là :

« J'ai été très clair: je vais continuer à me battre pour la prise en charge des congés maladie, non seulement pour les cheminots, mais pour tous les travailleurs américains. »

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.