La Cour des comptes a rendu son rapport d’observations concernant le grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire. L’institution émet douze recommandations pour permettre au quatrième port de France et au plus grand de la façade atlantique de réinventer son modèle économique.Dans son rapport de 131 pages qu'elle vient de publier, la Cour des comptes a passé au crible les exercices du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) de 2017 à 2023. Et ses conclusions sont sans appel. Elle met en exergue une situation préoccupante sur les plans social, financier et économique. À l'issue de quoi, elle émet douze recommandations dans les domaines de la gouvernance, de la stratégie et de la sécurité. « La situation n'est pas grave, mais, pour remettre en ligne l'activité du port, il va falloir opérer une forme de transition et réinventer son modèle économique », résume l'institution ce 1er septembre.
Étendu sur un domaine public de près de 25.000 hectares, le quatrième port français placé sous la tutelle de l'État compte 690 agents pour un chiffre d'affaires de 95 millions d'euros en 2024. Son trafic s'établit à 30 millions de tonnes de marchandises résultant essentiellement des importations d'énergies fossiles.
Des défaillances majeures dans la gestion des ressources humaines
En premier lieu, l'organe de contrôle des finances publiques relève notamment « un climat social tendu » qui se manifeste par « des blocages récurrents ». Par exemple, en 2023, « 326 préavis de grève ont été comptabilisés. Ce qui est assez élevé », soulignent les rapporteurs. L'institution constate « une dérive » sur la gestion des effectifs et des rémunérations. « Si le port employait 570 équivalents temps-plein en 2017, son effectif a été porté à 664 en 2023 ce qui correspond à une progression de 16%. À titre de comparaison, le grand port maritime de Dunkerque réalisait en 2023 un chiffre d'affaires 15% plus élevé que celui de Nantes Saint-Nazaire mais employait 361 équivalents temps-plein », peut-on lire dans le rapport. La cour observe notamment une forte progression des dépenses de personnel (+52%), passant de 43,29 millions d'euros en 2017 à 65,75 millions d'euros en 2024. Elle suggère par ailleurs au port nantais de simplifier sa politique de rémunération qui repose sur « un empilement de primes ».