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Le ministre des Transports visé par une enquête pour détournement de fonds publics

latribune.fr

Publié le 13 janvier 2025 à 12:28 - Mis à jour le 13 janvier 2025 à 15:58

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot.

Abdullah Firas/ABACA via Reuters Connect

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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L'enquête porte sur les postes occupés par Philippe Tabarot au sein du groupement d'intérêt public (GIP) touristique et culturel puis à la communication pour la commune du Cannet (Alpes-Maritimes), entre 2018 et 2020.

[Article publié le lundi 13 janvier 2025 à 13h28, mis à jour à 16h58] Tout juste nommé au ministère des Transports en décembre, Philippe Tabarot est visé par une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts, a indiqué ce lundi 13 janvier une source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. Cette enquête fait suite à un signalement de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en juillet 2021.

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Philippe Tabarot, un connaisseur discret aux Transports

Ouverte également pour recel de ces deux infractions par le parquet national financier (PNF), elle porte sur les postes occupés par Philippe Tabarot au sein du groupement d'intérêt public (GIP) touristique et culturel puis à la communication pour la commune du Cannet (Alpes-Maritimes) entre 2018 et 2020, ville dirigée entre 1995 et 2017 par sa soeur, la députée LR Michèle Tabarot.

« Une perquisition a eu lieu le 30 novembre 2022 au domicile de M. Tabarot et dans les locaux de la mairie du Cannet et du GIP du Cannet, a ajouté la source judiciaire. L'enquête préliminaire est toujours en cours. »

« Je n'ai rien à me reprocher (...) J'ai travaillé de manière effective avec des rémunérations qui sont encadrées dans la plus grande transparence », s'est défendu Philippe Tabarot devant la presse lors d'un déplacement ce lundi. « Si j'avais fait quelque chose de tellement répréhensible, je n'aurais pas été choisi pour faire partie aussi de ce gouvernement. Je suis très serein sur ces questions », a-t-il ajouté.

Un peu plus tard dans la journée, il a rappelé via un communiqué que c'était « une histoire vieille de quatre ans, sans évènement nouveau en réalité ». « Lors de premières investigations menées voilà plus de deux ans, et dont la presse s'est déjà fait l'écho, les documents ont démontré la réalité de mon travail », a ajouté le ministre, précisant qu'il n'avait jamais été entendu depuis.

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137.872 euros déclaré en 2019

Selon la déclaration d'intérêts enregistrée le 30 novembre 2020 et consultée par Le Monde, Philippe Tabarot a été directeur du GIP d'avril 2018 à juillet 2020 et a touché pour ce poste 82.473 euros net en 2019, soit près de 6.900 euros par mois. Puis il était rémunéré 17.997 euros net entre août et novembre 2020, soit près de 4.500 euros par mois, en tant que chargé de mission de ce GIP pour le développement touristique et culturel de la ville du Cannet.

Parallèlement, en 2019, il était rémunéré 15.318 euros en tant que chargé de communication de cette commune, soit 1.276 euros par mois. A cette époque, il était également élu au conseil régional de Provence-Alpes-Côté d'Azur et a touché environ 40.000 euros net par an en tant que vice-président chargé des Transports entre 2015 et 2021. Le nouveau ministre a déclaré, toujours selon le quotidien, 137.872 euros net pour la seule année 2019.

Le GIP du Cannet a été fondé en 2017 pour promouvoir le développement touristique et culturel de la ville et est financé à hauteur de 1,7 million d'euros par la municipalité et l'office du tourisme. Mais, selon Le Monde, la structure est déficitaire avec des revenus d'activités ne s'élevant qu'à 600.000 euros par an et un coût de fonctionnement de trois millions d'euros par an.

« J'exerçais la plénitude des fonctions d'un directeur général, comprenant un rôle promotionnel et de mandataire social stricto sensu », s'est défendu Philippe Tabarot auprès du quotidien. Il a démissionné de ce poste en juillet 2020 pour se consacrer aux sénatoriales, mais a « souhaité conserver la partie promotionnelle des activités du GIP », dans lequel il dit s'être « particulièrement investi, en qualité de chargé de mission ».

Inconnu du grand public

Le sénateur des Alpes-Maritimes, 54 ans, est quasiment inconnu du grand public. Élu plus jeune conseiller municipal de Cannes à 18 ans, il est devenu en 2001 conseiller général et le benjamin du conseil départemental des Alpes-Maritimes présidé par Christian Estrosi. Lorsque le maire de Nice est parti à la conquête de la présidence de la Région Sud en 2015, Philippe Tabarot lui a emboîté le pas.

Nommé vice-président chargé des transports, il a alors développé son expertise sur le sujet, notamment à la manœuvre sur les grands projets dont celui de l'ouverture à la concurrence dans le domaine ferroviaire. Il a géré le dossier de la privatisation de la ligne TER entre Marseille et Nice, dont l'exploitation a été confiée en 2021 au groupe Transdev, au grand dam des syndicats. Il s'agissait alors d'une première en France.

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Élu au Sénat en 2020, il est devenu premier vice-président de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable et rapporteur pour les questions de transports lors de chaque projet de loi de finances depuis cette date. Philippe Tabarot a défendu un texte pour encadrer le droit de grève dans les chemins de fer avant les Jeux olympiques, et est partisan d'une ligne dure en matière de sûreté.

(Avec AFP)

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