Le nouveau ministre des Transports n'entend pas renier ses convictions acquises pendant sa carrière parlementaire. D'où des prises de positions affirmées, sur les questions budgétaires notamment.
Sa première sortie, au lendemain du suicide d'un conducteur de la SNCF, avait suscité un tollé parmi les cheminots. Lors de son intervention, mercredi soir à l'occasion des vœux de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), Philippe Tabarot s'est montré plus consensuel.
Le nouveau ministre des Transports en a profité pour poser les premières lignes de son action à venir au sein du gouvernement Bayrou, tout en admettant que ces intentions restaient conditionnées par le futur discours de politique générale du Premier ministre, prévu mardi, et par la durée de son mandat au vu de l'instabilité politique actuelle.
Versement mobilité
Fidèle à son action en tant que sénateur, Philippe Tabarot a fait de la sûreté dans les transports l'une de ses priorités, lui qui avait porté une proposition de loi sur le sujet (en attente d'examen à l'Assemblée nationale, bloquée par le remaniement). Mais il a aussi insisté sur sa volonté « d'améliorer, dans la mesure du possible, la qualité du service pour les usagers ». Il en fait même « une obsession » entre l'information aux voyageurs, la gestion des périodes de crise ou la question des remboursements.
Le nouveau ministre n'a néanmoins pas précisé si cette « obsession » passerait aussi par un encadrement du droit de grève, comme il l'avait suggéré au moment de sa passation de pouvoirs, fin décembre, au nom de la continuité du service public. Ce qui, là aussi, ne lui avait pas valu la sympathie des cheminots.
Une certitude à ce stade : une grande partie de son action sera conditionnée par les questions de financement. Philippe Tabarot s'est montré favorable à un renforcement du versement mobilité (contribution patronale pour financer les transports en commun) en cas de renforcement de l'offre de transports par les autorités organisatrices de mobilité (AOM). Sauf avis contraire de Matignon, il soutiendra une hausse de 0,2 point du versement mobilité dans le cadre de la mise en place des Services express régionaux métropolitains (Serm, plus connus sous le nom de RER métropolitains).
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.