Après Proxima, c'est la société Le Train qui s'apprête à franchir un palier avec un financement à plusieurs centaines de millions d'euros. Les prochaines semaines seront d'autant plus décisives qu'elle compte bien remplacer la SNCF sur les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon.Des levées de fonds de plusieurs centaines de millions d'euros, ou rien. C'est le passage obligé pour tout nouvel arrivant sur le secteur ferroviaire s'il veut un jour pouvoir un tant soit peu concurrencer la SNCF. Le dernier né, Proxima, a fait son entrée dans le bal des prétendants en annonçant en juin un financement à 1 milliard d'euros. C'est, pour l'heure, la seule grande levée du secteur annoncée en France. Derrière, les prétendants Kevin Speed et Le Train sont encore à quai. Mais ce dernier est sur le point de boucler un important tour de table.
Depuis plus d'un an, Le Train s'est mis en quête de rassembler autour de 350 millions d'euros pour lancer un service librement organisé (SLO) - liaisons, essentiellement à grande vitesse, sur lesquelles tout opérateur ferroviaire peut demander à s'installer. Le montant exact et les conditions de ce financement doivent être annoncés dans les prochaines semaines, mais il combinera bien une levée de fonds en equity, avec des investisseurs européens, ainsi qu'une souscription de dette bancaire à l'international
Les partenaires ne sont pas encore connus, mais l'on apprend déjà que Le Train a choisi de ne pas solliciter de partenaires industriels, comme l'a fait par exemple l'opérateur espagnol Iryo avec Trenitalia.
« Faire entrer un acteur industriel au capital pouvait avoir un intérêt, d'autant plus s'il peut fournir du matériel roulant. Mais cette hypothèse ne sera pas retenue. Le Train restera indépendant, il ne dépendra pas d'un acteur ferroviaire historique », fait valoir Alain Getraud, PDG co-fondateur de la société basée à proximité d'Angoulême en Charente.
Un choix assumé, mais encore faut-il aussi pouvoir convaincre des investisseurs financiers, connus pour leur frilosité naturelle pour ces projets gourmands en capitaux. Sur ce point, Arnaud Aymé, spécialiste des transports au sein du cabinet SIA Partners, juge que les étapes importantes déjà passées par Le Train - avec sa première levée de fonds, l'obtention de sa licence d'entreprise ferroviaire ou encore la signature d'un protocole d'accord en vue de l'achat de rames à grande vitesse neuves - contribuent à crédibiliser le projet. De même, il indique que la levée opérée par Proxima peut aussi créer de l'engouement parmi les acteurs financiers.
Maxime Giraudeau et Léo Barnier