Les contrôleurs aériens devront pointer par biométrie
latribune.fr
La publication du décret intervient à moins de deux semaines d'un appel à la grève du principal syndicat des aiguilleurs du ciel, le SNCTA, qui réclame un rattrapage salarial et une évolution de la gouvernance.
Un décret publié dimanche instaure la mise en place de pointeuses biométriques pour les contrôleurs aériens. Une réforme jugée « essentielle » par le gouvernement après un incident grave en 2022, et validée par la Cnil au nom de la sécurité.
Les contrôleurs aériens devront bientôt pointer par biométrie lors de leur prise de poste. La mesure a été officialisée dimanche avec la publication au Journal officiel d'un décret autorisant la création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « SPS, système de vérification de la présence sur site ».
Cette réforme fait suite à une recommandation du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), après un incident grave survenu le 31 décembre 2022 à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Ce jour-là, un Airbus A320 et un petit avion de tourisme avaient failli entrer en collision, le BEA pointant des défaillances dans l'organisation du travail des contrôleurs.
Le ministre des Transports Philippe Tabarot défend une réforme « essentielle ».« L'installation de la pointeuse biométrique répond à une exigence de renforcement de la sécurité, dans le respect des recommandations formulées par les autorités compétentes », a-t-il affirmé. Selon lui, ce dispositif permettra à la France de « s'inscrire dans les standards les plus avancés » en matière de sécurité aérienne.
Une réforme validée par la Cnil
La Cnil a validé le principe de recours à la biométrie, jugeant qu'il est « légitime et proportionné » aux enjeux de sécurité. Le système doit être déployé dans les principaux centres de contrôle d'ici la fin de l'année.
La question du pointage agite toutefois la profession depuis plus d'une décennie : la Cour des comptes dénonçait dès 2010 un système « inacceptable » d'autorisations d'absence non déclarées, toléré dans certaines équipes.
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La publication du décret intervient à moins de deux semaines d'un appel à la grève du principal syndicat des aiguilleurs du ciel, le SNCTA, qui réclame un rattrapage salarial et une évolution de la gouvernance. Le syndicat a précisé que le rejet de la biométrie ne faisait pas partie de ses revendications. Mais début juillet, le deuxième syndicat de la profession, l'Unsa-Icna, avait lui dénoncé une « surveillance généralisée » en lien avec l'installation des badgeuses.