Contrôle aérien : la Cour des comptes juge la modernisation encore insuffisante
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La modernisation du contrôle aérien peine à porter ses fruits, malgré les budgets engagés.
Reuters
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La modernisation du contrôle aérien peine à porter ses fruits, malgré les budgets engagés.
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C'est un rapport à double tranchant que vient de publier la Cour des comptes sur la modernisation du contrôle aérien français. Obsolescence du matériel, dérive budgétaire des programmes, gouvernance insuffisante, absence de pilotage économique et financier, surspécification... la Direction des services de la navigation aérienne, chargée du contrôle aérien au sein de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), en prend pour son grade.
Mais, au-delà de ces problèmes déjà soulevés en particulier par les rapports du sénateur Vincent Capo-Canellas, la Cour des comptes appelle à la poursuite et à l'approfondissement de la réforme engagée à partir de 2018 et qui s'est accélérée en 2021, sans pour autant parvenir à rattraper le retard accumulé jusqu'à présent.
Le futur directeur de la DSNA, dont la nomination devrait intervenir sous peu, a encore du pain sur la planche. Comme le pointe la Cour des comptes, il s'agit de mener à son terme les grands projets de modernisation lancés au début des années 2010 et qui n'ont toujours par porté pleinement leurs fruits malgré l'importance des sommes engagées. Le rapport indique ainsi que le coût estimé est passé de 775 millions d'euros en 2014 à plus de 2,1 milliards cette année. Certains programmes comme Sysat (nouveau système de gestion du trafic aérien pour les tours de contrôle) ont vu leur coût quintuplé en l'espace de 10 ans malgré des ambitions largement revues à la baisse.
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Sur ce total, près de 1,6 milliard d'euros avaient déjà été dépensés fin 2023, mais les résultats se font attendre en raison de dérives calendaires importantes. Programme phare de la modernisation, 4-Flight devait remplacer à partir de 2015 le système archaïque de bandelettes papier (les strips) datant des années 1960 des centres de contrôle en route (CRNA). Conçu en partenariat avec Thales, le système n'a été déployé qu'à partir de 2022 et devra encore attendre fin 2025 pour être opérationnel dans les 5 CRNA de métropole. Dans ses recommandations, la Cour des comptes appelle donc la DSNA à renforcer son expertise juridique dans la passation de marchés et limiter la durée de ceux-ci à 8 ans, hors maintenance.