Pour des entreprises 4.0, il faut une logistique 4.0 !

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À coups de dizaines, voire de centaines de millions d'euros, des entrepôts de nouvelle génération industrialisent les opérations logistiques.
Grâce à des constructeurs comme Dematic (États-Unis, Canada), Knapp (Autriche), Witron (Allemagne), Savoye Logistics (France) ou System (Italie), des cathédrales logistiques pouvant atteindre 40 m de hauteur se transforment en usines à expédier des colis à très haute fréquence : par dizaines ou centaines de milliers - voire par millions de colis - , comme l'annonce Inex Partners, prestataire logistique de SGroup, le leader de la grande distribution finlandaise. C'est pour ce dernier que Witron réalise l'un des plus grands projets logistiques au monde : une plate-forme de 142.000 m2 prévue pour 2016 ou 2018 à Sipoo, près d'Helsinki.
En effet, celle-ci sera capable de traiter jusqu'à 1,4 million de colis par jour. Ces niveaux de volume requièrent d'accélérer la mécanisation, la robotisation et l'automatisation des processus. Comme dans les usines, des robots de manutention, des convoyeurs automatisés, des chariots à guidage autonome, des drones et des objets connectés transforment radicalement le paysage des entrepôts.
Nous avons appliqué à la logistique tout ce que nous avons appris dans l'industrie, explique Jean-Marc Heilig, directeur commercial en France de Witron, dont le système OPM automatise le traitement des palettes dès la réception à quai : stockage, déstockage, constitution des colis, regroupement en palettes...
Parmi ses références dans la grande distribution, l'intégrateur allemand compte The Kroger, SuperValu et Myer aux États-Unis et Sobey's (Canada) ainsi que Mercadona (Espagne) et Leclerc (France).
Certains acteurs, comme FM Logistic, s'attaquent au quai de réception des marchandises. Traditionnellement, le conducteur y décharge ses 33 palettes, au mieux avec un chariot élévateur avant que l'opérateur logistique scanne à la main les codes-barres des étiquettes collées sur chaque palette afin d'actualiser le stock.
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Ce logisticien, qui travaille pour Unilever, Nestlé, Mondelez, Carrefour ou Auchan, n'est pourtant pas tombé sur la tête. Il adapte le Lean Management au déchargement.
Informatisée, cette lecture accélère le processus de déchargement tout en prévenant les mauvaises postures des opérateurs pour scanner les étiquettes à la douchette ou au pistolet. Enfin, FM Logistic parvient à décharger 33 palettes en trois minutes au lieu de trente minutes. Par quel miracle ? Grâce à trois convoyeurs mécanisés : le premier est placé en bout de chaîne chez l'industriel, le second dans la remorque du camion et le troisième sur le quai de déchargement.
Certains entrepôts mécanisent le déplacement de palettes ou de colis à l'aide de flottes d'AGV (Automated Guided Vehicles), des chariots automatiques. En revanche, cette automatisation des flux nécessite que les AGV cohabitent avec les chariots élévateurs conduits par des opérateurs humains. Un sujet sur lequel s'est penché le français BA Systèmes (CA : 22 millions d'euros en 2014, dont 15% consacrés à la R & D ; 170 salariés), basé à Rennes (35). Son dernier-né, le GL 8.1, a été conçu dans le cadre d'un projet pilote avec le distributeur Système U, l'objectif étant d'accroître la sécurité par rapport aux opérateurs grâce à un système de détection couplé à des alertes lumineuses et sonores.
D'autres, comme le distributeur belge Delhaize ou le logisticien américain Genko, préfèrent la Movebox du français Balyo qui, au départ, transforme n'importe quel chariot élévateur en AGV grâce à la Movebox, un boîtier électronique.
Les systèmes de détection embarqués à bord des chariots manuels vont aussi se développer en première monte. C'est d'ailleurs l'ambition de l'entreprise de l'alliance LindeBalyo et aussi de Proxipi qui a développé avec une société d'ingénierie un système d'alerte bidirectionnelle afin de protéger les piétons. Conçu pour « voir » au travers de murs ou de fûts métalliques, ce système breveté au plan mondial est basé sur une centrale magnétique embarquée à bord du chariot. Lequel communique avec des badges portés par des opérateurs. En cas de danger, ces derniers sont alertés par des vibrations et des alertes sonores.
Détenteur du brevet, ce dernier a signé en décembre dernier un premier accord avec le constructeur de chariots élévateurs Jungheinrich. Un joli coup pour Proxipi qui a été créée en 2013. La même année, la startup a levé 600.000 euros auprès d'un fonds d'investissement afin d'industrialiser sa solution.
Depuis, une centaine de systèmes ont été déployés dans une quinzaine d'entrepôts et d'usines. Le système est d'ailleurs testé par Seb, dans le cadre d'un projet innovation du club Demeter, une association qui regroupe des professionnels de la logistique.
De la détection des piétons à celles des intrus, il n'y a qu'un pas, que franchit allègrement le robot terrestre e-Vigilante d'Eos Innovation, une TPE française de dix personnes, dans laquelle le groupe Parrot a investi 1 million d'euros. Conçu pour la surveillance intérieure des bâtiments, son robot a été adopté par le logisticien ID Logistics afin d'effectuer des rondes nocturnes dans un de ses entrepôts. Ce vigile monté sur roues est armé d'un laser de surveillance et d'une caméra pour filmer les intrus. En cas d'urgence, il peut déclencher une liaison avec un agent de télésurveillance qui le prendra en main afin de dialoguer, par interphonie, avec l'éventuel intrus.
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Un terrain que Be Spoon, un fabricant de puces électroniques, compte aussi investir avec des drones volants qui pourront intervenir aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur des entrepôts. La TPE y travaille avec des fabricants de drones qui ont été séduits par ses puces fabriquées en France. Dédiées à la géolocalisation d'objets, elles offrent une précision de quelques centimètres sur plusieurs centaines de mètres. Ce qui permettra à leurs engins d'effectuer des rondes et de se recharger sur leurs bases de manière autonome.
Panormara d'un entrepôt entièrement robotisé du distributeur canadien Sobey's, réalisé par l'allemand Witron.
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