Douze régions ont confié à la SNCF la mission de rénover intégralement leurs rames de transport de voyageurs, pour un investissement de 2,1 milliards d'euros. La première rame "AGC" (Autorail à Grande Capacité), sortie du Technicentre industriel de Bischheim, donne la mesure de ces opérations de maintenance lourde du matériel roulant.Le programme OPTER de la SNCF, qui consiste à massifier des rénovations de matériel de transport régional de voyageurs, est entré dans sa phase opérationnelle. La première rame rénovée, pimpante et peinte aux couleurs du Grand-Est, a été présentée le 26 mai au Technicentre industriel de Bischheim (Bas-Rhin). La première d'une série de 931 rames qui, toutes régions confondues, représenteront un investissement cumulé de 2,1 milliards d'euros jusqu'en 2031.
Douze régions françaises (et les Chemins de fer luxembourgeois, qui ont adhéré au programme Opter) offrent à la SNCF un chantier majeur. Les opérations dites de "mi-vie" consistent à reprendre l'intégralité de la rame. Chaque articulation est désaccouplée, chaque caisse entièrement dégarnie. Tous les éléments électriques et mécaniques sont démontés. L'objectif consiste à reprendre d'éventuelles corrosions avant la remettre l'ensemble en peinture, de regarnir les sièges et de réaliser un nouvel habillage intérieur. Diverses améliorations techniques (filtres, éclairage, climatisation) sont apportées, visant à rendre le matériel plus confortable et moins énergivore. « 40 % des TER français vont être rénovés d'ici 2031 dans nos dix Technicentres industriels mis à contribution », a calculé Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs. Le coût unitaire d'une rénovation s'établit en moyenne à « un tiers du prix d'un train neuf » selon Christophe Fanichet.
Du confort... et des places debout
La rame AGC (autorail à grande capacité) X76533, fabriquée originellement par Bombardier, est la première de cette longue série de trains rénovés. Après avoir circulé pendant quinze ans sur les voies du Grand-Est, elle a reçu dans les ateliers de la SNCF à Bischheim une modernisation qui se veut exemplaire. « Le train offre davantage de confort et des espaces recomposés, un meilleur accès PMR et des porte-bagages réservés, davantage de place pour les vélos et de nouveaux supports ischiatiques », détaille Stéphanie Dommange, directrice régionale du TER Grand-Est. Entendez : des places sont aménagées pour voyager debout, les trains étant souvent bondés en périphérie de Strasbourg ou sur l'axe ferroviaire nord-sud lorrain. Les conducteurs n'ont pas été oubliés : pour leur confort, ils bénéficieront d'un siège à support pneumatique, de nouveaux aménagements ergonomiques en cabine et pour la sécurité, d'inédites caméras de rétrovision.