Rodolphe Saadé (CMA CGM) prêt à faire un effort « patriotique » dans une certaine mesure
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CMA CGM veut éviter une instabilité fiscale (Photo d'illustration).
YVES HERMAN
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CMA CGM veut éviter une instabilité fiscale (Photo d'illustration).
YVES HERMAN
Alors que les débats sur le projet de loi de finances pour 2025 se poursuivent ce mardi à l'Assemblée nationale, les différents secteurs tentent de faire valoir leurs positions, notamment face à l'augmentation annoncée de la fiscalité. C'est le cas de l'aérien, qui ne se satisfait pas de l'élargissement de l'assiette pour l'augmentation de la taxe de solidarité (TSBA) sans changer la cible d'un milliard d'euros, mais aussi du maritime. Ou plus exactement CMA CGM (propriétaire de La Tribune), sur qui va reposer l'intégralité de l'effort supplémentaire demandé aux armateurs français.
Dans une interview parue lundi dans Le Figaro, Rodolphe Saadé, PDG de CMA CGM, se dit « prêt » à faire sa part de l'effort collectif « pour redresser les finances publiques » du pays, à condition qu'il soit « limité et juste ».
Bercy a en effet intégré au PLF 2025 une nouvelle « contribution exceptionnelle sur le résultat d'exploitation des grandes entreprises de transport maritime », qui s'appliquera pendant deux ans, avec un taux de 9% la première année, et 5,5% la seconde. Selon ses prévisions, celle-ci devrait produire 500 millions de recettes fiscales en 2025, puis 300 millions d'euros en 2026.
Elle ne touchera que les entreprises du secteur dont le chiffre d'affaires est supérieur au milliard d'euros. De source ministérielle, il a été confirmé que seul CMA CGM serait donc concerné, épargnant ainsi le reste des armateurs français. Cette mesure spécifique est le pendant de la « contribution exceptionnelle sur les bénéfices de grandes entreprises », qui passe un renforcement temporaire de l'impôt sur les sociétés, auquel n'est pas soumis le secteur maritime.
Le patron du troisième armateur mondial se dit en revanche « inquiet » sur le fait que ces efforts temporaires se prolongent au-delà de 2026 ou encore de la « surenchère » à l'Assemblée nationale. Les propositions fiscales sur les entreprises proposées par le gouvernement ont été alourdies par les députés en Commission des finances. Un amendement de la gauche proposait ainsi de doubler les taux de la contribution exceptionnelle. Une menace pour l'heure repoussée : après avoir été largement amendée, la partie recettes du budget 2025 a finalement été rejetée lors du vote final en Commission. C'est donc le texte initial qui est examiné dans l'hémicycle.
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« Pour que la France reste attractive, nous avons besoin d'une fiscalité qui ne nous déstabilise pas dans la compétition internationale » ajoute-t-il en faisant également référence à un amendement, rejeté en commission, rabotant les avantages du système de la taxe au tonnage dont bénéficient les armateurs en remplacement de l'impôt sur les sociétés.
Largement répandue au niveau mondial, la taxe au tonnage est un impôt forfaitaire, calculé d'après la capacité de la flotte d'un armateur, et non sur ses bénéfices. Elle a notamment permis au secteur de payer un faible montant d'impôts en comparaison des résultats exceptionnels, qualifiés de « superprofits », réalisés pendant la période Covid. Il apparaît moins avantageux en période de crise.
La remise en cause de cette taxe au tonnage est sans aucun doute la principale crainte de CMA CGM comme de l'ensemble des armateurs français. Cette idée avait déjà été mise sur la table par le Rassemblement national (RN) lors des élections législatives de juin, avant d'être reprise par la gauche à l'occasion de ce PLF 2025.
Le maintien de cette taxe est unanimement défendu par le secteur, à l'image d'Edouard Louis-Dreyfus, président d'Armateurs de France et président du directoire du groupe Louis Dreyfus Armateurs (LDA), et bien sûr de Rodolphe Saadé.
Il rappelle en sus que son groupe a été proche du dépôt de bilan en 2008-2009 et que ses activités de logistique et de médias « sont soumises à l'impôt sur les sociétés ».
« Si la fiscalité augmente, nous serons moins en mesure d'investir » ajoute-t-il encore, évoquant notamment un « impact » sur les investissements du groupe « dans les navires aux nouvelles énergies décarbonées et dans les terminaux ».
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Une déclaration faite à la veille de l'annonce d'un protocole d'accord avec Suez « pour accélérer la production de biométhane en Europe ». Avec la création d'une structure d'investissement commune dotée de 100 millions d'euros, les deux sociétés visent la production de 100.000 tonnes par an d'ici 2030, principalement pour approvisionner les navires de CMA CGM.
(Avec AFP)
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