Budget 2025 : le gouvernement réfute toute « austérité »
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Antoine Armand, ministre de l'Economie et Laurent Saint-Martin, ministre du Budget ont souligné que deux tiers de l'effort proviendraient d'une baisse des dépenses.
Reuters
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Antoine Armand, ministre de l'Economie et Laurent Saint-Martin, ministre du Budget ont souligné que deux tiers de l'effort proviendraient d'une baisse des dépenses.
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D'un côté un gouvernement qui ne veut pas « d'un matraquage fiscal » comme a pu le dire lundi soir à l'Assemblée le ministre du Budget Laurent Saint-Martin. De l'autre, l'opposition, dont celle incarnée par LFI, qui défend le projet de budget tel qu'amendé par la commission des Finances.
Au nom du PS, le député Philippe Brun a fustigé « l'arrogance » du ministre de l'Economie Antoine Armand, alors que l'Assemblée « doit voter pour la première fois 60 milliards d'économies et de recettes nouvelles, un chiffre inégalé sous la Ve République », et que le pays fait « face à un trou de 50 milliards d'euros dont (les macronistes) ont la seule responsabilité ». Le successeur de Bruno Le Maire à Bercy a argué que deux tiers de l'effort proviendraient d'une baisse des dépenses. « Nous ne proposons pas d'imposer toujours plus les Françaises et les Français qui travaillent ou ceux qui transmettent le fruit de leur travail à leurs enfants », a-t-il promis, réfutant toute « austérité » alors qu'il prévoit une augmentation de la dépense publique en volume de « 0,4%. »
A l'unisson du gouvernement, la députée LR Véronique Louwagie s'est en revanche dite favorable à une « diminution durable (des) dépenses publiques », en souhaitant « limiter au maximum les augmentations de fiscalité ». Pointant une « dégradation de nos finances publiques » d'une ampleur « inédite sous la Ve République », elle a rappelé le plan d'économies de 50 milliards d'euros proposé par le président de son groupe Laurent Wauquiez. La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, s'exprimera mardi à la reprise du débat sur le PLF, après les questions au gouvernement.
Les débats sont pour l'instant prévus jusqu'à vendredi minuit, avec un vote solennel mardi. Mais le rapporteur général du budget, le centriste Charles de Courson, s'est montré peu optimiste sur la possibilité d'arriver au vote, avec près de 3.700 amendements déposés. Le gouvernement se laisse tout loisir de recourir à l'article 49.3 de la Constitution, la ministre des Relations avec le Parlement, Nathalie Delattre, estimant même dans une interview lundi que « si on arrive à un texte que le socle commun ne peut pas voter, le 49.3 serait une protection ».
Elle a reçu lundi à 20H00 les députés membres de la coalition, une « première étape importante pour la cohésion du socle qui est en train de se construire », selon son entourage. Michel Barnier est passé sans prendre la parole, selon Matignon.
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En parallèle de ces débats dans l'hémicycle, a commencé lundi en commission des Affaires sociales l'examen du budget de la Sécurité sociale. Les députés du Nouveau Front populaire (NFP) voulaient doubler le RN, et sa proposition d'abrogation de la réforme des retraites qui sera débattue lors de sa « niche parlementaire » du 31 octobre. Ils ont donc déposé plusieurs amendements au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, dont certains étaient examinés lundi soir en commission des Affaires sociales.
Pour supprimer le relèvement de l'âge légal de départ à 64 ans, sans creuser le déficit de la Sécurité sociale, plusieurs députés (socialistes, écologistes, LFI, et GDR) proposaient de créer une sur-cotisation sur les revenus situés au-delà d'un certain plafond (pour les socialistes, deux fois le « plafond de la sécurité sociale », soit environ 7.400 euros mensuels). Ils proposaient aussi une « conférence de financement des retraites » avec les partenaires sociaux, pour trouver d'autres recettes.
« Ce n'est absolument pas aujourd'hui possible d'aller vers une augmentation des cotisations, quand on est déjà un enfer fiscal », a aussi réagi le député RN Thomas Ménagé. « Le moment où nous pourrons abroger la réforme des retraites (...) c'est dès ce mercredi, en commission » puis le 31 octobre avec le texte défendu par le RN, a lancé l'élu RN aux députés NFP. « La balle est dans votre camp », a-t-il dit, appelant la gauche à montrer si elle « met en conformité (ses) paroles » et ses actes.
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La commission a aussi infligé de premiers revers au gouvernement en supprimant plusieurs articles du PLFSS relatifs à l'équilibre financier, dont celui qui corrigeait le « trou » de la Sécu à 18 milliards pour 2024, ou l'objectif de dépenses de l'Assurance maladie. La gauche a dénoncé « la logique d'austérité » du budget, le RN déplorant son « insincérité ». La commission a en revanche adopté un article qui réforme le calcul des cotisations retraite des agriculteurs, pour pouvoir - via un autre article pas encore examiné - calculer les pensions des non-salariés agricoles sur les 25 meilleures années de revenu. Elle a encore adopté d'autres mesures favorables aux agriculteurs, l'un des articles exonérant totalement de cotisations l'embauche de saisonniers agricoles jusqu'à 1,25 Smic. Un autre amendement adopté prévoit d'exonérer de cotisations vieillesse de nombreux médecins retraités qui reprennent leur activité et « cumulent » emploi et pension.
(Avec AFP)
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