SNCM : le procureur demande encore du temps

 |   |  439  mots
La décision a été mise en délibéré sous quinzaine.
La décision a été mise en délibéré "sous quinzaine". (Crédits : © Philippe Laurenson / Reuters)
Face à des offres de reprise jugées encore inadaptées tant par le comité d'entreprise que par les administrateurs judiciaires, le tribunal de commerce de Marseille a été appelé mercredi à prolonger le redressement judiciaire de la compagnie maritime en difficulté. Il s'agit ainsi d'organiser un nouvel appel à candidatures.

Les offres présentées jusqu'à maintenant apparaissent "insatisfaisantes" en l'état. C'est pourquoi le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a demandé mercredi 22 avril au tribunal de commerce qui devait examiner ces propositions de reprise de la SNCM, de "prolonger le redressement judiciaire" de la compagnie maritime en difficulté, a indiqué l'avocate du comité d'entreprise, Me Christine Bonnefoi.

Le procureur de la République a expliqué à l'AFP avoir requis que soit organisé un nouvel appel à candidatures pour la reprise de la compagnie, avec un nouveau rendez-vous en septembre. La décision a été mise en délibéré "sous quinzaine", a précisé pour sa part Me Bonnefoi.

Le comité d'entreprise unanimement défavorable aux trois offres

Les élus du comité d'entreprise de la SNCM avaient adopté mardi soir à l'unanimité des avis défavorables aux trois offres de reprise déposées par l'ex-directeur du port de Marseille Christian Garin, l'entrepreneur corse Patrick Rocca et le groupe Baja Ferries de Daniel Berrebi. Dans les trois cas, assuraient les représentants du personnel, "la discontinuité économique n'est pas garantie ni validée par une décision de la commission européenne".

Cette question est au cœur du processus de reprise engagé avec le placement en redressement judiciaire de la SNCM le 28 novembre 2014: pour espérer échapper à la double condamnation européenne à rembourser plus de 400 millions d'euros d'aides publiques jugées indûment perçues, il faut créer une nouvelle compagnie suffisamment différente aux yeux de Bruxelles.

Trop peu de salariés conservés

Les élus du personnel dénonçaient aussi trois offres de reprise qui "ne comporte(nt) aucune garantie pour l'emploi", le nombre de salariés conservés étant "faible" (497 dans l'offre de Rocca, 800 pour celle de Berrebi et 897 pour celle de Garin). A l'heure actuelle, la SNCM compte environ 1.500 salariés en CDI.

Les prix de cession étaient également jugés trop bas (3 millions d'euros pour l'offre de Rocca, 5 millions pour celle de Berrebi et 12,25 millions pour celle de Garin). Les offres ne portent toutefois pas à chaque fois nécessairement sur les mêmes actifs.

Pas encore de réservations pour l'été

Dans leur rapport rendu au tribunal, les administrateurs judiciaires avaient également fustigé des offres "particulièrement peu satisfaisantes":

Les repreneurs "n'ont pas encore justifié de leur financement (...) et ils maintiennent tous des conditions suspensives majeures", soulignaient-ils.

Si le tribunal suit les réquisitions du procureur, la SNCM devra effectuer la saison estivale en redressement judiciaire. "Pour le moment, nous avons des réservations", a néanmoins assuré le président de la compagnie Olivier Diehl.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/04/2015 à 10:18 :
La tournure des événements confirme la thèse du sabotage de cette compagnie par les services de l’État. Elle fonctionnait au moment de sa privatisation, depuis cette date (2006) c'est la descente aux enfers méthodiquement organisée par les autorités. Pour mieux comprendre, vous pouvez vous référer au site en ligne "Pericoloso Sporgersi".
a écrit le 23/04/2015 à 9:30 :
Un jour cette societe sera offerte pour un euro et personne n'en voudra a cause des syndicats qui la minent.
Too bad.
a écrit le 22/04/2015 à 20:18 :
Et toujours dans le naval, on apprend que (finalement !) l'État français s'est décidé et il va rendre l'argent payé par Moscou pour les deux BPC Mistral. Le problème désormais : est-ce que la France va-t-elle trouver un repreneur pour ces deux bâtiments ? et qui ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :