La start-up bretonne SeatrackBox industrialisera en mai 2025 son système de balise connectée à poser sur les portes des conteneurs quand ils transitent en mer. S'appuyant sur la constellation Kinéis, elle revendique être « le premier système de ce type au monde. »Produits de luxe, substances dangereuses : il n'existe pour l'instant aucun système permettant de traquer les conteneurs qui tombent à l'eau ou qui s'égarent lors d'un transport maritime. De fait, la plupart des systèmes actuels utilisent un suivi par signal GSM (communication mobile) pour tracer le trajet terrestre des marchandises, puis s'ajustent à la position du navire de transport une fois en mer.
Alors que le World Shipping Council a constaté ces dernières années une progression du nombre de conteneurs perdus en mer (3.113 par an en moyenne sur 2020 et 2021), le sous-comité en charge du transport de marchandises de l'Organisation maritime internationale (OMI) a adopté un texte en 2022 qui obligera les armateurs à déclarer les pertes de marchandises à partir du 1er janvier 2026.
Cette réglementation ouvre un marché énorme à la jeune pousse bretonne SeatrackBox, actuellement seule sur le créneau de la géolocalisation par satellite des conteneurs perdus en mer. Installée à Saint-Alban (Côtes-d'Armor), elle finalise la mise au point de sa solution de traçage à placer sur la porte des conteneurs. Breveté à l'international, son boîtier embarque une balise géolocalisable en permanence. Une nouvelle version a été présentée en novembre lors du salon Sea Tech Week de Brest, avant sa commercialisation en janvier et son industrialisation en mai 2025.
Balise reliée à un filin et à la constellation Kineis
« Sur 500 millions de conteneurs qui transitent dans les ports chaque année, six millions contiennent des matières dangereuses. Seulement 1.500 pertes en mer sont déclarées par an mais l'on situe la réalité plutôt entre 10.000 et 15.000. Localiser un conteneur perdu dans un port ou égaré en mer permettrait de limiter les pertes, les risques de pollution, voire de collision avec d'autres bateaux » fait remarquer Thibaut Morin, directeur commercial et co-fondateur de l'entreprise avec Christophe Thomas et Alain Beauvy.