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Transport maritime : après des résultats décevants, le géant danois Maersk inquiet pour 2024

latribune.fr

Publié le 08 février 2024 à 12:23 - Mis à jour le 08 février 2024 à 12:23

D'octobre à décembre de l'année dernière, le transporteur maritime, a fait état de pertes de 456 millions de dollars.

D'octobre à décembre de l'année dernière, le transporteur maritime, a fait état de pertes de 456 millions de dollars.

JON NAZCA

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Le géant danois du transport maritime a annoncé ce jeudi un bénéfice net divisé par plus de 7 en 2023. Dans la foulée de cette communication, son titre dégringolait de plus de 15% en Bourse. Parmi les causes principales de ce mauvais résultat, le contexte de tensions en mer Rouge.

L'incertitude géopolitique touche aussi les entreprises les plus solides et aguerries. C'est ce qui arrive au géant danois du transport maritime Maersk, qui a fait part ce jeudi de son inquiétude quant à ses perspectives 2024.

«Une grande incertitude demeure quant à la durée et au degré de perturbation en mer Rouge, qui pourrait durer d'un trimestre à une année entière selon la fourchette de prévisions», a ainsi déclaré le numéro deux du secteur, dans un communiqué.

En 2024, le fleuron de l'industrie danoise (transporteur de 15 % des conteneurs dans le monde) table donc sur un EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) entre 1 et 6 milliards de dollars (entre 927 millions et 5,56 milliards d'euros), en recul sur 2023.

Les attaques en mer Rouge en cause

Ces derniers mois, les attaques ininterrompues en mer Rouge sont devenues le cauchemar des grands transporteurs maritime. La majorité d'entre-eux, notamment Maersk, CMA CGM (propriétaire de La Tribune), ou MSC, ont donc décidé d'interrompre leur trafic dans cette zone pour un itinéraire alternatif autour du cap sud-africain de Bonne-Espérance, plus long de quelques jours et plus coûteux.

Depuis le mois de novembre, les Houthis disent viser les navires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden qu'ils estiment liés à Israël, en « solidarité » avec les Palestiniens à Gaza, en proie à la guerre entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste Hamas. Une coalition de plusieurs pays, menés par les Etats-Unis, tente de juguler la menace.

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De nombreux échanges de tirs ont été recensés dans les deux camps. Le dernier incident est survenu mercredi avant l'aube : les forces américaines « ont frappé deux missiles anti-navire des Houthis qui étaient dirigés vers le sud de la mer Rouge et étaient prêts à être tirés », a déclaré le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom).

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Les conséquences économiques de ces tensions se font déjà sentir sur l'ensemble du secteur : selon une note du FMI, le transport maritime de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près de 30% sur un an. Avant le conflit, entre 12 et 15% du trafic mondial transitait par la mer Rouge, point d'entrée du canal stratégique de Suez, d'après des chiffres de l'Union européenne.

2023, année grise pour Maersk

Les effets de cette situation ont d'ailleurs substantiellement pesé sur les résultats de Maersk en 2023. Ce jeudi, le transporteur a ainsi annoncé un bénéfice net divisé par plus de 7 l'année dernière. Conséquence immédiate : son titre dégringolait à la Bourse de Copenhague de 15,58 %, aux alentours de 13h. Ceci, dans un marché en très forte baisse (-7,36%). Sur les douze derniers mois, son cours a même reculé de près de 20%.

Sur l'ensemble de l'année écoulée, le bénéfice net de Maersk s'est élevé à 3,822 milliards de dollars dans un secteur en « surcapacité croissante », percuté par les crises géopolitiques et le chiffre d'affaires à 51 milliards, légèrement au-delà des attentes des analystes qui tablaient respectivement sur 3,504 et 50,93 milliards de dollars. L'EBITDA du groupe, a été divisé par près de 4, à 9,591 milliards, à cause de la pression sur les prix.

D'octobre à décembre de l'année dernière, le transporteur maritime a fait état de pertes de 456 millions de dollars. Son chiffre d'affaires global s'est établi à 17,82 milliards, en repli de 34% sur un an. Au dernier trimestre, le chiffre d'affaires du secteur de fret maritime, le plus important du groupe, a perdu 46%, à 7,180 milliards de dollars. D'après une note de Bloomberg Intelligence, l'armateur danois pourrait devoir attendre 2025 avant que ses bénéfices reviennent.

Plan stratégique revu et suppression de postes

Avec ces résultats mitigés, le groupe a annoncé vouloir se séparer de ses activités de remorquage de l'entreprise Svitzer, qui va désormais être cotée séparément. Maersk a aussi indiqué suspendre « immédiatement » le cinquième volet de son programme de rachat d'actions. L'armateur, fondé en 1904, entend ainsi « examiner la possibilité de le relancer une fois que les conditions du secteur "Océan" se seront stabilisées ».

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Les conséquences de cette situation touchent aussi les emplois de Maersk, qui a déjà supprimé 6.500 postes au cours des neuf premiers mois de l'année 2023. En novembre dernier, le transporteur avait également annoncé la suppression de 3.500 postes supplémentaires. Son effectif global devrait passer à moins de 100.000 postes, contre 110.000 au début 2023. Avec cette coupe, l'armateur espère économiser 600 millions de dollars.

(Avec AFP)

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