VTC : "le statut d'auto-entrepreneur est un faux problème" (Benjamin Cardoso, Le Cab)

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Le chiffre d'affaires des chauffeurs de Le Cab flirte avec les 6.000 euros mensuels, ce qui ne permet pas de souscrire au régime de la micro-entreprise ou auto-entreprise.
Le chiffre d'affaires des chauffeurs de Le Cab flirte avec les 6.000 euros mensuels, ce qui ne permet pas de souscrire au régime de la micro-entreprise ou auto-entreprise. (Crédits : DR)
Le statut d'auto-entrepreneur présente les inconvénients de ses avantages. Il ne permet pas de déduire les charges liées à l'activité de chauffeur, qui doit vite changer de statut si son chiffre d'affaires dépasse le plafond de 32.900 euros annuels.

Le statut d'auto-entrepreneur est souvent vu comme la principale pomme de discorde entre taxis et voitures de tourisme avec chauffeur (VTC). Didier Hogrel, le président de la Fédération nationale du taxi (FNDT) confiait encore récemment à La Tribune, que c'est bel et bien ce statut qui posait "un réel problème". Selon lui, s'il était interdit aux VTC, cela permettrait de "limiter le nuisance faite aux taxis".

Un statut avantageux...

Alors certes, de nombreux chauffeurs professionnels de VTC optent pour une entreprise individuelle et choisissent le statut d'auto-entrepreneur pour se lancer, car celui-ci présente de nombreux avantages, parmi lesquels un système de prélèvement des cotisations contributions sociales proportionnel au chiffre d'affaires. L'entrepreneur ne paiera donc pas de cotisations en cas d'absence de chiffre d'affaires.

Sachant que ce statut est fiscalement avantageux. Du moins, l'est-il surtout dans un premier temps pour ceux qui, grâce à l'exonération Accre, peuvent ne payer que 5,80% dans un premier temps. Cependant, le taux passe vite à 11,5% puis 17,20% et, enfin, reste à 25%.

Mais pas tant que ça...

Cependant, "le statut d'auto-entrepreneur est un faux problème", estime Benjamin Cardoso, le fondateur et Pdg de Le Cab. Et pour cause: s'il est en effet pratique dans un premier temps, il ne faut pas oublier qu'il présente quelques contraintes.

Pour commencer, ce statut est plafonné à un chiffre d'affaires annualisé de 32.900 euros pour le secteur des services, soit environ 630 euros par semaine... Ensuite, il faut savoir que ce dispositif ne permet pas au chauffeur de déduire ses frais professionnels (essence, location de voiture, etc.) ni d'amortir de matériel (achat de véhicule).

Loger les indépendants à la même enseigne

Aussi le chauffeur a-t-il tout intérêt à trouver une solution plus adaptée s'il veut développer son activité. Et, à ce moment-là, il peut être mis dans le même lot que les taxis, majoritairement indépendants eux aussi.

Répondant mardi aux élèves de l'Ecole 42, fondée par Xavier Niel, le ministre de l'Economie et des Finances Emmanuel Macron, qui prépare une loi baptisée "les nouvelles opportunités économiques" rappelait ainsi à cet égard:

"Aujourd'hui, on a une multitude de statuts, et surtout, on a le choix entre auto-entrepreneur et indépendant, avec des différences. Ce sur quoi je veux que l'on puisse avancer, c'est de dire que l'on doit avoir pour tout le monde, quelle que soit la forme juridique, la même simplicité déclarative et fiscale et sociale que pour les auto-entrepreneurs. Il faut que le passage d'un statut à l'autre soit simple."

      | Voir la courte vidéo réalisée par LePoint.fr de laquelle est extraite cette citation d'Emmanuel Macron.

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Commentaires
a écrit le 01/11/2015 à 17:01 :
je croyais que le metier de transporteur de personnes (vtc, transport public, taxis) etait une profession reglementée, qui de fait exclu le statut d'AE... ?
a écrit le 29/10/2015 à 10:03 :
Le statut d'AE n'a aucun intérêt, sauf à disposer d'une base légale pour travailler dans l'illégalité.
En 2014, 1 million d'AE ont déclaré 1.6 Milliard € de CA, soit un revenu mensuel moyen per capita de 133 €...Ca fait toujours 1 million de chômeurs en moins, ce qui n'est pas négligeable, mais au détriment d'autres formes d'activités plus encadrées.
Le problème du coût social n'a pas non plus été pris en compte. Qui paie pour le dépenses de Sécurité Sociale et surtout qui paiera la retraite des AE alors qu'ils n'auront pratiquement pas participé au financement? Des centaines de milliers de retraités à prévoir sous le seuil de pauvreté. Merci l'ultra-libéralisme.
Réponse de le 29/10/2015 à 10:54 :
Deux précisions:
-Bon nombre d'artisans retraités continuent leur activité en AE sachant que les cotisations versées ne leur ouvrent aucun droits nouveaux .
-J'ai appris dernièrement que pole emploi incitait les chômeurs en fin de droits à s'inscrire comme AE !!!!
Réponse de le 29/10/2015 à 12:25 :
@ldx Exact
les Artisans peuvent compléter leur retraite en étant AE dans une certaine limite de CA mais en cotisant au taux normal. Quant à Pôle Emploi voilà où mène la politique du chiffre: un chômeur qui crée son AE c'est un demandeur d'emploi de moins et un succès de plus pour pôle emploi ou ses cabinets sous traitants qui ont contribué à recaser un chômeur, même si ce demandeur d'emploi gagne des misères ou se réinscrit quelques mois après!
a écrit le 29/10/2015 à 8:47 :
Article pour une fois bien documenté qui fait juste l'impasse sur la partie cachée de l'iceberg des professions du transport: le black! Le statut de microentrepreneur donne un statut officiel et après le chef d'entreprise déclare le CA qu'il veut (restant bien évidemment dans la limite des 32900 € (quant au reste...) Et les taxis n'ont rien à dire (il se dit sous le manteau qu'environ 30% du CA est dissimulé!) Quant on voit qu'un taxi qui réalise 23 K€ de CA annuel déclaré arrive à vendre son autorisation de stationnement 230 K€ économiquement on hallucine!
a écrit le 28/10/2015 à 20:00 :
"32.900 euros ". Et ça, c'est "service". Compris. Là, quand tu ne peux PAS déduire de tva en étant imposé à 22%, tu crèves mais, tranquillement. En silence. Par la Volonté des Barons de l'Argent... Et les artisans osent se plaindre alors qu'ils ont la confiance de leurs clients. Piège à cons-plait.

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